Terre et Vie No 12, Novembre 1994
Dr. M'hamed SEDRATI (Directeur du l' IAV Hassan II - Rabat)
Parmi les divers comportements de l'être humain, il faudrait signaler plus particulièrement celui de la reproduction nécessaire au maintien de l'espèce et celui de l'alimentation/ nutrition qui assure l'individu. Une bonne alimentation / nutrition est nécessaire à la croissance et au développement de l'enfant, à sa santé, à l'activité et à la créativité de l'adulte et à la survie et au confort du vieillard.
De ce fait, elle constitue un facteur important de la promotion de l'Homme compte tenu des différentes implications qu'elle a avec le développement économique et social. Cette promotion ne peut cependant pas avoir lieu sans la satisfaction des besoins fondamentaux aussi bien quantitativement que qualitativement.
Les groupes les plus vulnérables dans ce domaine sont les enfants, les adolescents, les femmes enceintes et les femmes allaitantes.
La malnutrition constitue une cause importante de la mortalité infantile bien qu'elle ne soit pas la seule. Les maladies infectieuses plus fréquentes en raison des conditions hygèniques peuvent avoir des conséquences graves.
Au Maroc, différents Ministères ont été conscients de l'importance de l'alimentation / nutrition. Ils ont alors crée différents institutions et organismes pour s'occuper de cette question. Ceux-ci sont spécialisés soit dans la formation, soitdans la recherche, soit dans l'éducation, soit dans la vulgarisation etc...
Il faut également mentionner l'existence de la Commission Interministérielle pour l'Alimentation et la Nutrition (CIAN) chargée de coordonner toutes les activités dans ce domaine.
Enfin il faudrait signaler le rôle que jouent les organismes non gouvernementaux notamment la Société Marocaine de Nutrition dans la promotion des sciences alimentaires et nutritionnelles et leurs applications pour le bien être de l'Homme.
A l'échelle d'un pays et pour une population donnée, la satisfaction des besoins alimentaires et nutritionnels dépend de plusieurs facteurs: le pouvoir de consommer, le pouvoir de produire et le pouvoir d'échanger avec le monde extérieur.
Le pouvoir de consommer est déterminé par les conditions économiques générales du pays notamment l'emploi, les revenus et leurs distributions. Les politiques économiques et les politiques sociales ont entre autre pour buts l'augmentation du pouvoir d'achat moyen des individus et la réduction des disparités sociales.
En ce qui concerne le pouvoir de produire, la satisfaction de la demande alimentaire implique que les niveaux de l'approvisionnement atteignent ceux de la demande. Cette demande dépend d'ailleurs entre autres, des niveaux de revenus et de l'accroissement démographique.
Les sources des approvisionnement sont diverses, parmi lesquelles il y a lieu de citer la production nationale, les importations et les prélèvements éventuels sur les stocks. A ce propos, il faudrait distinguer deux concepts, l'autonomie alimentaire et l'autosuffisance alimentaire. L'autonomie alimentaire caractérise une politique d'indépendance alimentaire tendant à réduire au minimum les importations. L'autosuffisance alimentaire quand à elle, implique la satisfaction des besoins à un niveau nutritionnel adéquat.
Quant au pouvoir d'échanger à l'échelle internationale, l'exportation des produits alimentaires ne doit pas être nécessairement découragée par principe si cet échange devrait permettre de nourrir plus de personnes, accroître les revenus et les capacités de production, en tenant compte bien entendu des termes de l'échange, des prélèvements et des texes.
Les besoins de l'Homme ne sont pas uniquement d'ordre nutritionnel liés à des variables économiques, démographiques, physiologiques ou biochimiques, mais sont également d'ordre psycho-culturel.La structure sociale, les influences culturelles ont des retentissements sur la consommation alimentaire, sur les comportements et les modes alimentaires.
L'éducation joue un rôle important dans la détermination de l'état alimentaire et nutritionnel. Les éléments qu'il faudrait prendre en compte sont par exemple entre autres le degré d'alphabétisation, le niveau de scolarisation et le niveau éducationnel.
En ce qui concerne l'assistance alimentaire, plusieurs programmes existent.
Le Ministère de l'Artisanat et des Affaires Sociales gère un programme dans ce sens. Celui-ci constitue une source de revenu d'une part et permet la stimulation de la consommation d'autre part, particulièrement des couches défavorisées de la population à travers les institutions sociales orientées vers des activités de développement. La population touchée est constituée de bénéficiaires inscrits soit dans des activités éducatives, soit dans des centres de formation professionnelle, soit dans la production par exemple dans les coopératives artisanales. Les institutions de bienfaisance bénéficient également de cette aide.
Un autre programme alimentaire qui constitue également une source de transfert de revenu est celui de l'alimentation scolaire géré par le Ministère de l'Education Nationale. Ce programme est destiné aux élèves fréquentant les établissements de l'enseignement primaire appartenant à la couche sociale la plus défavorisée.
Les principaux objectifs visés parce programme sont de favoriser la fréquentation scolaire, d'augmenter les rendements scolaires, de corriger les déficiences nutritionnelles, d'améliorer l'état sanitaire et d'introduire l'éducation nutritionnelle et hygiènique en milieu scolaire.
D'autres programmes sont entrepris par le Ministère de la Santé Publique dans le domaine alimentaire et nutritionnel en vue de lutter contre la malnutrition sous ses différentes formes et plus particulièrement chez les enfants. Ce département a développé des programmes d'action ayant pour objectifs la réduction de ces désordres.
Dr Sedrati