La sécurité alimentaire et le bien être des populations sont étroitement liés. Assurer la sécurité alimentaire au niveau d'un pays c'est assurer le bien être de sa population donc son développement.
A la veille du sommet mondial de l'alimentation dont le slogan est "Alimentation pour tous et toutes", pour assurer la sécurité alimentaire et le bien être des populations, il est opportun d'examiner la situation et l'évolution de la sécurité alimentaire au Maroc.
La sécurité alimentaire est l'accès à une alimentation "équilibrée" de toute personne à n'importe quel endroit et à n'importe quel moment. Les indicateurs utilisés pour évaluer cette sécurité sont: les disponibilités alimentaires, la consommation alimentaire et l'état nutritionnel des populations.
C'est à travers ces indicateurs que la situation et l'évolution de la sécurité alimentaire seront examinées.
Pendant les quarante dernières années les disponibilités alimentaires par personne et par année ont augmenté pour les céréales, les viandes blanches, les produits laitiers, les légumineuses, les fruits, les légumes, et les huiles et graisses. Les disponibilités en céréales sont passées de 182.2 à 229 Kg/personne /an. Les fruits sont passés de 34.5 à 111.6 Kg/personne /an. Les huiles et graisses ont vu leurs disponibilités tripler depuis 1951-54. Les disponibilités en sucre sont restées les mêmes pendant cette période. En parallèle à ces disponibilités la situation alimentaire du marocain moyen s'est améliorée. Ce changement est plus visible au niveau de la consommation des céréales et viandes rouges qui a diminué en faveur des viandes blanches, des produits laitiers, et surtout celle des légumes et fruits. En tant que nutritionniste je voudrai souligner que ce changement est très positif pour la santé de la population marocaine. Celle-ci a diminué sa consommation de glucides céréaliers et de lipides riches en cholestérol et en acides gras saturés (viandes rouges) en faveur des lipides pauvres en cholestérol et riche en acides gras insaturés (huiles) ou en acides gras à courte chaîne(poisson).
Ces changements ont induit des modifications dans la situation nutritionnelle de la population marocaine. En 1958, 53% des enfants (constituant le groupe vulnérable) souffraient d'une malnutrition proteino-energetique aiguë (faible poids pour âge). Ce pourcentage est passée à 20% en 1987 pour atteindre 9% en 1992. Durant la même période la malnutrition chronique (Taille pour âge) a diminué pour atteindre 22.6% en 1992 ( Les chiffres avant 1987 ne sont pas disponibles).
Cependant d'autres problèmes nutritionnels ont été mis en évidence comme le goitre, l'anémie, la carence en vitamine A, l'obésité, et les maladies cardio-vasculaires. Le programme de lutte contre le goitre est déjà lancé. Pour les autres problèmes le Ministère de la Santé Publique est entrain d'établir ses stratégies de lutte.
(extrait d'un document préparé pour le sommetmondial de l'alimentation, Novembre 1996)