L'atelier international sur le traitement et la réutilisation des eaux usées dans les petites et moyennes communes a eu lieu les 24, 25 et 26 novembre 1996 à Agadir.
Ont participé à cet atelier une centaine de chercheurs scientifiques et professionnels provenant de 14 pays du bassin méditerranéen, de l'Europe, de l'Asie et des Etats Unis. L'organisation de cet atelier a été initiée par l'.A.V. Hassan II en collaboration avec l'Union Européenne dans le cadre du programme de recherche STD3.
A l'occasion de la session de clôture, le comité scientifique a émis les principales recommandations qui émergent des présentations orales et des posters. Ces recommandations sont succinctement rapportées dans ce qui suit:
1. Il ressort clairement qu'il est possible d'adopter des technologies de traitement des eaux usées basées sur des procédés simples, peu onéreux, durables et fiables. Les expériences pilotes et de démonstration de la Commune de Ben Sergao, de Ouarzazate, de l'Espagne, de la Grèce, de la Belgique et des Etats Unis étaient des exemples assez illustratifs. En effet, moyennant l'adoption de mesures de surveillance et de protection, les affluents peuvent être utilisées sans générer ni de risques sanitaires pour les consommateurs ni d'effets néfastes sur l'environnement.
2. Il a été également recommandé de promouvoir les recherches en matière d'impact de l'irrigation des eaux usées traitées sur l'environnement et de développer des techniques appropriées et rationnelles qui sont de nature à atténuer les risques de salinisation, de colmatage des sols et de pollution nitrique des eaux souterraines.
3. Il est également nécessaire de considérer les possibilités de valorisation des boues résiduaires avec un minimum de risques sanitaires et environnementaux. Les boues, moyennant leur compostage avec les déchets ménagers solides, les déchets verts ou d'autres déchets agricoles, constituent un excellent produit d'amendement organique des sols ou de substrats de culture.
4. Il est devenu impératif de réviser certaines directives établies par des organisations internationales en matière de qualité physico-chimique et micro biologique des eaux épurées et de boues dans le but de les adapter aux conditions spécifiques du biotope méditerranéen (climat, sols, systèmes d'irrigation, niveau de technicité des usagers ...).
5. L'accroissement continu des valeurs des eaux usées déversées à l'aval des agglomérations et les perspectives de leur réutilisation en tant que ressource en eau additionnelle incitent à intégrer ces eaux non conventionnelles dans le système de gestion des ressources en eau mobilisables dans le bassin méditerranéen.
6. Il a été jugé nécessaire d'asseoir un cadre juridique et institutionnel réglementant le rejet, le traitement et la réutilisation des eaux usées.
7. Il convient de diversifier les différentes possibilités de réutilisation des eaux épurées (agriculture, espaces verts, industrie, recharge de nappes) selon les contraintes et les aptitudes offertes par chaque site.
8. Il est devenu important de renforcer l'échange d'expériences entre les groupes de recherche impliqués dans le domaine de traitement et de réutilisation des eaux usées dans le bassin méditerranéen. Ceci peut être mis en oeuvre par:
(i) le transfert approprié de technologie;
(ii) le développement de programmes de recherche communs;
(iii) l'établissement de réseaux méditerranéens et,
(iv) l'organisation, tous les 4 ans, d'un &laqno; Congrès Méditerranéen sur le Traitement et la Réutilisation des Eaux ».
Les organisateurs de cet atelier ont tenu à exprimer leurs remerciements aux autorités locales de la Wilaya d'Agadir, aux institutions nationales et internationales ayant contribué à la réussite de cette manifestation scientifique. Les organisateurs remercient également tous les participants qui ont enrichi le débat et ont apporté les acquis récents dans ce domaine.