Après la journée sur la protection intégré,
organisée à Agadir, par le Complexe Horticole d'Agadir
le 7 Janvier 1997, un séminaire sera organisé à
Montpellier (France), durant 3 jours (10-12 mars 1997), par l'Agropolis
International et l'ADEME, sous le thème "Agriculture
et développement durable en Méditerranée».
Le bassin méditerranéen et caractérisé par une grande hétérogénéité qui a favorisé l'apparition de nombreuses espèces et a permis la constitution de multiples écosystèmes; Cette région est également caractérisée par un climat irrégulier et des perturbations fréquentes qui amplifient sa diversité mais entraînent une certaine fragilité.
Cette richesse explique probablement en partie pourquoi la Méditerranée a constitué le berceau de tant de civilisations. l'homme a progressivement conquis des territoires de plus en plus vastes tout en domestiquant de nombreuses espèces animales ou végétales; il est difficile de considérer qu'il existe encore des espaces non anthropisés dans cette région.
L'extension des activités humaines, d'abords source de diversité par la création de nouveaux biotopes, voire de taxons nouveaux, a progressivement provoqué une homogénéisation des conditions sur de vastes surfaces et entraîné une diminution de la diversité initiale. L'agriculture joue un rôle majeur dans ces processus et on peut s'interroger sur la pertinence des modèles actuels de production face à la conservation des ressources biologiques.
Les impacts liés aux activités de l'homme sont variables d'une région à l'autre, toutefois, au risque de simplifier, on peut souligner plusieurs phénomènes
L'augmentation des populations humaines et de leurs emprise sur l'espace s'est faite aux détriment d'habitats multiples dont certains sont menacés de disparition. cela provoque la disparition de certaines espèces ou la diminution et la fragmentation de leurs population, appauvrissant les échanges géniques.
L'intensification de la production agricole, qui s'est développée depuis le XIX siècle essentiellement dans la moitié nord du bassin méditerranéen, s'est traduite par une généralisation de pratiques qui tendent toutes à rendre le milieu plus productif. L'utilisation de fumures minérales, de l'irrigation, du drainage, de traitements pesticides ... tend à homogénéiser et banaliser les agrosystèmes. Elle provoque la disparition de &laqno;mauvaises herbes» ou d'insectes auxiliaires, sans parler des modifications peu connues sur la flore et la faune du sol.
Cette banalisation facilite les invasions par des espèces allochtones qui profitent d'une moindre résilience de l'agrosystème pour s'installer et devenir fréquemment des organismes nuisibles majeurs.
Le choix productiviste se traduit également par une limitation des variétés ou des races animales et végétales utilisées, au profit d'espèces sélectionnées pour leur rendement.
En fin on peut supposer qu'une sur utilisation de l'espace, par exemple dans des parcours, provoque une dégradation proche de l'irréversible et une perte de biodiversité.
Paradoxalement, on trouve simultanément des zones où, toujours au nom d'intérêts productivistes immédiats, on abandonne des milieux anciennement cultivés (montagnes, garrigues). Cette déprise se traduit par une fermeture progressive du milieu, avec une reconquête par les espèces dominantes. La disparition des lisières et des mosaïques d'habitat peut également provoquer une perte de diversité à l'échelle régionale.
En contre partie, une agriculture raisonnée où l'utilisation des ressources n'est pas uniquement basée sur le profit immédiat peut jouer un rôle en faveur du maintien de la biodiversité, et notamment de celle qu'elle a contribué à développer.
Ainsi l'usage de variétés locales, valorisables par la création de labels, peut-il favoriser la conservation in situ de pools géniques intéressants à l'avenir, sans parler du maintien de saveurs originales pour la consommateur. Ces gènes son susceptibles d'être utilisées pour l'amélioration des variétés performantes (résistance aux maladies ou aux insectes). Le Mélange d'espèces ou de variétés au sein d'une même parcelle ou d'une petite région diminue les risques d'invasion par des ennemis des cultures. Le maintien de paysages variés, de bordures et de corridors augmente la biodiversité et facilite par exemple la survie d'auxiliaires pour lutter contre les insectes nuisibles.
En fin l'utilisation de variétés mieux adaptées peut entraîner un moindre besoin d'engrais ou de traitements pesticides, et donc limiter les risques de pollution et les effets sur des espèces non visées intentionnellement.
Entre surexploitation et abandon existent probablement des voies favorables au maintien de la biodiversité, à la fois ressource potentielle pour l'agriculture et également en partie issue de celle-ci, surtout dans un espace modelé par l'homme comme le bassin méditerranéen.
Une agriculture inscrite dans une perspective de développement durable est-elle envisageable autour de la Méditerranée?. une agriculture respectueuse de l'environnement ne doit signifier pour autant une agriculture moins rentable. Ainsi, l'utilisation de variétés moins performantes peut difficilement s'envisager hors d'un contexte économique porteur, avec des filières de production et de commercialisation structurées agriculture biologique, groupements de producteurs ou de consommateurs avertis, désireux de retrouver une autre qualité. Quelle carte peuvent alors jouer les producteurs de variétés locale dans les contexte actuel pour la reconquête des espaces en voie d'abandon et le maintien de la diversité des paysages façonnés par l'homme?. Peut-on reconnaître une valeur patrimoniale à des systèmes de production qui maintiennent une certaine diversité?. Comment évaluer celle-ci et apprécier son évolution au cours du temps?. dans quelle mesure peut-on remplacer la lutte chimique par une lutte intégrée, voire une lutte biologique, qui fait davantage appel aux interaction biotiques qu'aux produits chimiques?. Est-il possible non seulement de réhabiliter la fonction pastorale des parcours dégradés, mais encore de restaurer leurs diversités originelles? Quel rôle joue la biodiversité dans la stabilité de ces écosystèmes?. Comment doit-on la prendre en compte lors des restaurations?
Les travaux du séminaire se seront regroupés dans deux ateliers, le premier sur &laqno; Agiculture performante et protection de la biodiversité», et le second sur &laqno;L'Eaux, une ressource stratégique dans l'ensemble du bassin méditerranéen».