AOUSSAF. H.
Les performances de l'agriculture d'un pays,de dépendant entre autres, de sa capacité à utiliser des techniques de pointe capable de procurer, un rendement élevé à un coût réduit, et une qualité suffisante dans le cadre d'un développement durable.
Cela suppose l'existence d'un système national de recherche et de vulgarisation performants capables de procurer aux agriculteurs au moment opportun des solutions adaptées à leurs besoins.
Dans cet article nous nous proposons de voir la liaison entre les structures publiques de recherche et de vulgarisation agricoles.
A la fin des années 80 les actions de vulgarisation ont été menées sans réelle coordination avec les structures de recherches. Elle avaient souvent un caractère standard et général, sans liaison directe avec les problèmes spécifiques qui se posent aux agriculteurs d'une région donnée.
Le Plan Directeur de la Vulgarisation a essayé de mieux organiser le système de vulgarisation en insistant entre autres sur la nécessité de :
- structures adaptées au niveau central, régional et local
- une vision intégrée de l'exploitation agricole
- adoption d'une approche de vulgarisation cohérente, adaptée au contexte :
- meilleure identification des besoins par différentes méthodes de diagnostic
- définition d'objectifs
- adoption de techniques de vulgarisation appropriées avec utilisation accrue des supports audiovisuels et scriptovisuels.
- Mise en place d'un système de suivi évaluation avec des indicateurs au niveau local, provincial et central.
Mais l'efficacité d'un système de vulgarisation, quelle que soit son organisation dépend fortement de la nature de sa liaison avec le système de recherche.
Or, avec le Projet Recherche-Vulgarisation, la restructuration de la Recherche et de la Vulgarisation se sont opérées séparément et les liaisons prévues par les deux structures ont vite montré leurs limites.
Une réflexion s'est avérée nécessaire pour définir les voies d'amélioration possibles ; en partant d'un diagnostic de la situation, en vue d'assurer un flux d'informations, partant des besoins des agriculteurs vers la Recherche et d'un retour d'informations adaptées, vers les agriculteurs, à travers la vulgarisation.
La réflexion entre la vulgarisation et l'INRA a abouti à la mise sur pied de la liaison Recherche-Développement, qui sans prétendre être un modèle se veut un moyen de parvenir à des améliorations techniques et socio-économiques adaptées aux besoins des agriculteurs.
cette approche se déroule en plusieurs phases:
1) DIAGNOSTIC:
Rechercher les contraintes autour desquelles vont se concentrer les efforts de recherche de solutions. Cette étape est primordiale et doit être menée conjointement par les chercheurs et les structures de développement.
2) VERIFICATION :
Tester les solutions disponibles aux problèmes identifiés et vérifier leur applicabilité dans les conditions techniques et socio- économiques des agriculteurs.
3) DIFFUSION -FORMATION:
Il s'agit de diffuser auprès des agriculteurs des technologies ayant déjà été vérifiées, en transmettant des informations ou un savoir faire
4) SUIVI-EVALUATION :
Consiste à suivre la réalisation des différentes actions, analyser les résultats obtenus par les agriculteurs ayant adopté les innovations préconisées et les problèmes de l'application dans les conditions de l'exploitation.
cette approche ne se déroule pas dans l'ordre chronologique présenté , au contraire ces phases se trouvent fortement imbriquées dans le processus réel.(Shéma)
I - LES ACTEURS
DE L'APPROCHE
Les acteurs de l'approche Recherche/Développement sont:
1) L'AGRICULTEUR:
INDIVIDUEL ou dans une structure organisée est un ACTEUR et un BENEFICIAIRE.
Il participe avec les autres intervenants dans l'approche, en:
- faisant part de ses contraintes techniques ou socio économiques.
- hiérarchisant ses besoins
- identifiant les solutions possibles aux problèmes posés
- testant les solutions : essais, démonstrations,
- adaptant l'innovation proposée aux conditions réelles de l'exploitation.
- évaluant l'innovation
2) LE CHERCHEUR :
Il contribue
- au diagnostic
- à l'élaboration des nouvelles technologies
- Au Suivi évaluation
- à la formation
3) L'EQUIPE PLURIDISCIPLINAIRE.
Elle est constituée de spécialistes des différentes disciplines en relation avec les systèmes de production dans la région qui proviennent des services de la Direction Provinciale de l'Agriculture ou de l'Office Régional de la Mise en Valeur Agricole, de l'Institut National de la Recherche Agricole et éventuellement des organismes de formations et des Organisations Professionnelles Agricoles.
Elle participe activement aux activités de:
- Diagnostic
- encadrement de vulgarisateurs :
- méthodologie
- techniques nouvelles
- coordination
- suivi évaluation
4) LE VULGARISATEUR
Il a pour rôle de :
- participer activement au diagnostic
- inciter les agriculteurs à mieux formuler leurs problèmes
- choisir les agriculteurs qui mèneraient les démonstrations
- installer les essais de démonstration
- ORGANISER ET ANIMER les séances de vulgarisation
- participer au suivi et à l'évaluation des actions de vulgarisation et des innovations .
Cette approche se caractérise donc par:
- Une participation accrue de l'agriculteur à toutes les étapes
- Un travail en équipes, composées, de chercheurs, des agents de développement et des autres intervenants.
II- L'ORGANISATION
DE L'ACTIVITE
- Au niveau régional
Il était prévu de créer au niveau provincial un comité Recherche-Vulgarisation regroupant outre les Services Recherche Développement, les Directions Provinciales de l'Agriculture et les Offices Régionaux de la Mise en Valeur Agricole à travers leurs services concernés directement SPA/SVOP, les organisations professionnelles. Ce comité est chargé d'élaborer les programmes, les mettre en uvre, suivre la réalisation des activités et les évaluer.
-Au niveau central :
Un Comité National a été constitué essentiellement par les structures de la Division de la Vulgarisation et l'INRA et tient deux réunions, au moins, avec les intervenants des comités régionaux.
- En juillet pour la présentation et validation du programme de la campagne suivante
- En Septembre - Octobre pour la présentation du bilan de la campagne précédente
Outre le travail en commun des chercheurs et vulgarisateurs, le comité national et les comités provinciaux organisent des visites sur le terrain.
A partir de 1994, il y a eu:
- Restructuration du Ministère de l'Agriculture aux niveaux central et provincial, avec la création de la Direction de l'Enseignement de la Recherche et du Développement et transformation des SMVA en service de la production agricole, et l'intégration d'autres services à la DPA: Protection des végétaux , répression des Fraudes.
- Elargissement du Comité Recherche - Vulgarisation en un
Comité National de Transfert de Technologie Agricole regroupant outre l'Institut National de la Recherche Agricole et la Vulgarisation Agricole ; l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, l'Ecole Nationale d'Agriculture, la Direction de l'Elevage, la Direction de la Production Végétale, l'Administration du Génie Rural, l'Administration des Eaux et Forêts et de la Conservation de sol, la Direction de la Protection des Végétaux du Contrôle Technique et la Répression des Fraudes.
- Un bulletin mensuel de liaison du Comité National de Transfert de Technologie est publié régulièrement depuis plus de deux ans
III - CONTRAINTES
Actuellement le programme de transfert de technologie ne concerne que peu de structures et ne représente qu'une faible partie des activités de vulgarisation.
D'autre part, les principes de la démarche ne sont pas toujours bien assimilés par les différents intervenants:
- l'aspect formation est négligé
- Prédominance des actions concernant les parcelles de démonstration
- problème de planification à long terme: manque de continuité
- Enfin il faut noter que l'insuffisance des moyens humains et matériels et le manque d'adhésion de certaines structures au programme entrave le développement de cette collaboration.
IV - PERSPECTIVES
Ce programme constitue un acquis important dans l'amélioration de l'efficacité de la recherche et de la vulgarisation agricole; son amélioration nécessite:
- Mise en place de financement nécessaire
- Meilleure coordination dans:
- La définition des objectifs.
- L'élaboration des programmes
- Le suivi et l'évaluation
- Participation plus active des organisations professionnelles.
- Déconcentration - Régionalisation:
- Fixation des budgets nécessaires au moment opportun
- Elaboration des programmes
- Coordination DPA, INRA, Structures d'enseignement et de recherches, Profession, Privé.
- Définition des modalités de contribution du Privé aux programmes de vulgarisation et de recherche.
- Intégration des activités de vulgarisation.
Conclusion
Cette démarche a permis aux structures de recherches, de formation et de développement d'approcher ensemble les problèmes complexes du transfert de technologies en agriculture. Les éclairages des différents intervenants ont permis d'améliorer la connaissance des différents problèmes et par conséquent de rechercher et proposer des solutions adaptées aux différentes exploitations. L'amélioration de l'approche et sa généralisation est liée à la levée des contraintes