Les services de la recherche agricole étatique ont vu le jour en 1914 avec la création de deux stations à Rabat et à Marrakech.
Depuis lors, ils se sont développés et ont connu plusieurs types de statuts et d'organisation, dont la plus récente est celle qui date de 1981 et qui a abouti à la création de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA).
En effet, l'INRA a été créé par la loi N° 80-40, adoptée à l'unanimité par la Chambre des Représentants le 29 décembre 1980, promulguée par le Dahir N° 81-204 du 3 Joumada II 1401 (8 Avril 1981) et mise en application par le Décret N° 2-81-348 du 26 Joumada I 1402 (22 Mars 1982).
L'INRA, ainsi créé, est une institution consacrée exclusivement à la recherche agricole. Cette spécificité fait l'originalité de l'INRA. D'autres organismes font de la recherche, mais alors en parallèle avec une mission d'enseignement comme l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II et l'Ecole Nationale d'Agriculture.
MISSIONS DE L'INRA
L'Institut National de la Recherche Agronomique est chargé :
- de procéder aux recherches scientifiques, techniques et économiques ayant pour objet le développement de l'agriculture et de l'élevage ;
- d'effectuer les études prospectives, en particulier celles qui portent sur le milieu naturel ou qui ont trait à l'amélioration des productions végétales ou animales ;
- d'entreprendre, soit de sa propre initiative, soit à la demande des particuliers, des essais sur les cultures nouvelles et sur les cultures à améliorer ainsi que sur la production animale et, d'une façon générale, de mener toutes les actions expérimentales à caractère agricole ou celles qui concernent la mise au point de procédés de transformation et utilisation des produits végétaux et animaux ;
- d'assurer, dans le cadre de ses compétences, le contrôle des recherches, études ou travaux effectués pour le compte des personnes publiques ;
- d'assurer la diffusion de la documentation relative tant à ses propres recherches qu'à celles effectuées à l'étranger ;
- d'étudier et de déterminer scientifiquement les modalités pratiques de l'application des résultats de ses recherches et, dans ce cadre, de conseiller les organismes de vulgarisation agricole et les agriculteurs ;
- de commercialiser les résultats de ses recherches, études et travaux.
ADMINISTRATION ET GESTION
- l'INRA est un établissement public doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière ;
- l'Institut est soumis à la tutelle et au contrôle financier de l'Etat. La tutelle de l'Etat est exercée par le Ministre de l'Agriculture sous réserve des pouvoirs et attributions conférés au Ministre des Finances par les lois et règlements applicables aux établissements publics ;
- l'INRA est administré par un Conseil d'Administration qui est investi de tous les pouvoirs et attributions nécessaires à l'administration de l'Institut ;
- le Conseil d'Administration peut déléguer partie de ses pouvoirs à un Comité Technique qui est chargé, dans l'intervalle des réunions du Conseil d'Administration, de régler les questions pour lesquelles il aura reçu délégation du Conseil. Le Comité Technique se réunit aussi souvent que les besoins de l'Institut l'exigent et au moins quatre fois par an ;
- l'Institut est géré par un Directeur qui détient tous les pouvoirs et attributions nécessaires à cette tâche. Il peut recevoir délégation du Conseil pour le règlement d'affaires déterminées et il est chargé d'exécuter les décisions du Conseil.
ORGANISATION
Le siège de l'INRA est fixé à Rabat par l'arrêté du Ministre de l'Agriculture du 4 Février 1985. Son organigramme (voir croquis) comprend, outre la Direction et le Secrétariat Général, une Administration Centrale et des Centres Régionaux de la Recherche Agronomique.
L'Administration centrale comprend :
1) L'Inspection Générale
2) 4 Divisions :
- Division des Affaires Administratives
- Division des Centres Régionaux
- Division de l'Information et de la Formation
- Division de la Programmation
(Une Division des ressources humaines est en projet de création)
3) 8 Départements :
- Dép. Agronomie
- Dép. Zootechnie
- Dép. Amélioration des Plantes
- Dép. Technologie agroalimentaire
- Dép. Phytiatrie
- Dép. Milieu Physique
- Dép. Socio - économie
- Dép. Informatique et Biométrie
Les structures régionales
Les Services extérieurs sont constitués par huit Centres Régionaux de la Recherche Agronomique répartis selon un découpage agro-écologique pour couvrir l'ensemble du territoire national :
- Abda-Chaouia-Doukkala à Settat
- Sais-Moyen Atlas à Meknès
- Tadla à Beni Mellal
- Gharb à Kénitra
- Haouz Pré-Sahara à Marrakech
- Sous-Sahara à Agadir
- Rif à Tanger
- Oriental à Oujda
Chaque centre comprend un service de recherche développement, des domaines expérimentaux (actuellement au nombre de 24) et un service administratif.
L'effort de régionalisation et de déconcentration de la recherche a conduit à l'implantation de la quasi totalité des programmes et des départements scientifiques dans les CRRA (Voir Fiche Centre, Départements et Programmes de Recherche).
LES RESSOURCES DE L'INRA
LES RESSOURCES FINANCIERES
Le budget de l'Institut comprend:
En recettes :
Les produits et bénéfices de son patrimoine et de ses prestations, les prélèvements institués à son profit, les subventions de l'Etat, les avances remboursables du trésor, les emprunts autorisés, les dons et produits divers;
En dépenses:
Les frais de fonctionnement et d'équipement, le remboursement des avances et emprunts et toutes autres dépenses pouvant lui être imposées.
En matière de fonctionnement, il est à noter qu'actuellement l'Institut s'autofinance à près de 12 %.
Le Budget d'investissement est supporté en totalité par la subvention de l'Etat.
D'une manière générale, les ressources financières de l'INRA se caractérisent par les traits suivants :
- une part importante est réservée aux dépenses de fonctionnement. Une partie de l'investissement "Etudes Générales et Spécifiques" (E.G.S) sert en réalité à renforcer les dotations budgétaires des coûts opérationnels des programmes de recherche ;
- les dépenses du personnel prennent environ 90% du budget de fonctionnement ;
- la contribution des recettes est limitée et celle de la coopération, bien qu'elle ait constitué dans le passé un support substantiel, devient de plus en plus rares;
- la budgétisation qui est annuelle reste en inadéquation avec l'activité de recherche qui est pluriannuelle ;
- les dotations annuelles vont en diminuant.
Des efforts sont en cours de réalisation pour remédier à cette situation :
- la valorisation des résultats de la recherche par la mise à compétition des utilisateurs de ces résultats (cas des semences);
- la mise en uvre d'un contrat programme avec l'Etat.
LES RESSOURCES DE L'INRA
LES RESSOURCES HUMAINES
Le personnel de l'Institut est composé:
- D'agents recrutés par ses soins ;
- De fonctionnaires détachés de l'administration.
Il est régi par le Décret Nº 2-83-311 du 26 Rabia II 1404 (18 Janvier 1986) portant statut particulier du personnel qui y est classé dans l'une des filières suivantes :
- La filière scientifique: Directeurs, Maîtres et Chargés de recherche;
- La filière technique: Ingénieurs et Techniciens ;
- La filière administrative : Administrateurs, Informatistes, Rédacteurs, Secrétaires, Agents publics, Agents d'Exécution et Agents de Service.
EVOLUTION DES EFFECTIFS DU PERSONNEL DE L'INRA 1992-1997
| Ctégories |
|
|||||
| 1992 | 1993 | 1994 | 1995 | 1996 | 1997 | |
| Cadres supérieurs (Echelles 10 et plus) | ||||||
| Filière Tech. et Sc. | 240 | 249 | 263 | 265 | 273 | 279 |
| Filière Administ. | 40 | 44 | 46 | 47 | 46 | 48 |
| Total 1 | 280 | 293 | 309 | 312 | 319 | 327 |
| Cadres de Maîtrise (Echelles 5 à 9) | ||||||
| Filières Tech. | 346 | 342 | 348 | 345 | 336 | 325 |
| Filière Admini. | 432 | 521 | 548 | 619 | 608 | 640 |
| Total 2 | 778 | 863 | 896 | 964 | 944 | 965 |
| Cadres subalternes (Echelles 1 à 4) | 467 | 530 | 551 | 580 | 533 | 487 |
| Total pers. statut. | 1525 | 1686 | 1756 | 1856 | 1796 | 1779 |
| Occcasio. perma. | 769 | 694 | 594 | 494 | 444 | 394 |
| Total Général | 2294 | 2380 | 2350 | 2350 | 2240 | 2173 |
LA PROGRAMMATION PAR OBJECTIFS DES RECHERCHES
Afin de mieux répondre aux besoins des producteurs et aux objectifs du développement agricole du pays, l'INRA a adopté une méthode de programmation (dite par objectifs) participative et intégrant les chercheurs, les enseignants-chercheurs, les développeurs et certaines associations professionnelles. Elle se déroule en huit étapes successives, chacune s'articule sur celle qui la précède. Ces étapes sont :
1. L'analyse du secteur à travers le diagnostic de la situation des produits, des facteurs, des systèmes de production ou thèmes spécifiques visés par le programme ainsi que l'analyse des objectifs de développement et des potentialités en présence ;
2. L'analyse des contraintes s'opposant à la concrétisation des objectifs de développement et à la réalisation des potentialités ;
3. Le bilan des résultats de la recherche relatant les acquis de la (interne externe) face aux contraintes identifiées ;
4. L'identification des objectifs de recherche et des voies pour les atteindre ;
5. L'identification des projets de recherche avec leurs objectifs, les grandes lignes des activités, leur localisation et les ressources humaines et matérielles nécessaires à leur mise en uvre ;
6. L'établissement des priorités entre ces projets de recherche ;
7. L'analyse des écarts entre les ressources humaines existantes et celles nécessaires à la mise en uvre des projets prioritaires ;
8. Les recommandations et mesures d'accompagnement pour la mise en uvre du programme.
L'ensemble des activités de recherche de l'INRA a été organisé en 20 modules appelés programmes de recherches multidisciplinaires et définis soit par une filière de production, un écosystème ou une technique scientifique .
Chaque programme fait l'objet de plusieurs ateliers de programmation par objectifs pour arrêter son contenu.
La majorité des programmes de recherche conduits par l'INRA ont des objectifs à dominance d'amélioration génétique afin d'obtenir des variétés productives et de qualité, adaptées aux conditions de culture et tolérantes à résistantes aux maladies et ravageurs. Ce choix a été également fait pour aboutir à une auto-suffisance en semences, secteur stratégique pour notre agriculture notamment en ce qui concerne les denrées de base.
La priorité est accordée actuellement aux espèces vivrières stratégiques (céréales, fourrages, oléagineux, légumineuses, olivier et palmier dattier) pour les produits et aux zones pluviales (bour favorable, semi-aride et aride). Tout en consolidant ces acquis, il est attendu que l'irrigué, l'agriculture de montagnes et certains secteurs à haute valeur ajoutée telle que l'arboriculture occupent une importance particulière dans les années à venir.
Les programmes définis
par filière de production sont :
- Céréales d'automne
- Céréales de printemps
- Légumineuses alimentaires
- Oléagineux annuels
- Plantes sucrières
- Plantes textiles
- Arboriculture fruitière
- Olivier
- Agrumes
- Palmier dattier
- Maraîchage
- Viandes rouges
Les programmes définis
par discipline scientifique sont :
- Utilisation des techniques nucléaires ;
- Sociologie et Economie rurale ;
- Etude du milieu physique.
Les programmes définis
par écosystème sont :
- Aridoculture ;
- Bour favorable ;
- Agro système oasien ;
- Montagne ;
- Zones pastorales.
PRINCIPAUX RESULTATS
AMELIORATION VARIETALE
Dans le domaine des céréales, la quasi-totalité des variétés inscrites au catalogue ont été obtenues par l'INRA. Durant les vingt dernières années, l'Institut a pu inscrire au catalogue officiel plus de 169 variétés de différentes espèces à intérêt agro-économique comme le montre le tableau suivant (31/12/97):
| Espèces | Nbre variétés inscrites | Espèces | Nbre variétés inscrites |
| Blé dur | 28 | Féverole | 3 |
| Blé tendre | 25 | P. chiche | 7 |
| Orge | 19 | Luzerne | 6 |
| Avoine | 14 | Vesce | 9 |
| Triticale | 5 | lentilles | 3 |
| Seigle | 3 | P. pois | 2 |
| Maïs | 19 | Coton | 6 |
| Riz | 13 | Tournesol | 3 |
| Fève | 3 | Soja | 1 |
D'autres variétés ont été proposées à l'inscription au catalogue officiel durant les deux dernières campagnes. Elles dépassent la trentaine et concernent principalement les céréales, les oléagineux annuels et les cultures fourragères. On note leur adaptation aux conditions agro-écologiques locales (Aridoculture, Bour favorable ou irrigué), leur résistance aux maladies et ravageurs (septoriose, cécidomyie chez les blés tendres et le mildiou chez le tournesol).
Pour les céréales, les nouvelles variétés ont un potentiel dépassant les 75 qx/ha et produisent plus de 17 kg/mm d'eau, soit le double des variétés anciennes. Pour les blés en particulier, deux variétés sélectionnées sont résistantes à la mouche de Hesse (cécidomyie) causant plus de 30 % de dégâts en zone aride. Ce résultat constitue une nouveauté internationale dont le coût/bénéfice est de 1/9 avec un taux de rentabilité interne de 38 %.
Les travaux de recherche ont également concerné l'arboriculture fruitière et dans ce secteur on note :
Pour l'olivier, l'obtention de 4 clones caractérisés par des rendements relativement plus élevés, une précocité de production, un taux d'huile élevé et une régularité de la production ;
Pour le palmier dattier, l'obtention de plusieurs clones résistants à la maladie "Bayoud" et de bonne qualité dattière. La multiplication in vitro de cette espèce par la culture des tissus a été également mise au point ;
Pour les arbres à noyaux, on note l'obtention de clones d'abricotier et d'amandier à partir de la sélection des populations locales, des porte-greffes adaptés et des variétés pour l'étalement de la maturité ;
Pour les agrumes, la sélection de clémentinier (Sidi Aïssa et Aïn Taaoujdate) caractérisé par des productivités élevées, des calibres appréciés et des dates de récolte différentes, et l'obtention d'une nouvelle variété de mandarinier (Afourer) mûrissant entre décembre et mars.
Il y a également lieu de souligner que ces efforts d'amélioration et d'obtention variétale sont poursuivis par des activités de multiplication pour mettre à la disposition des producteurs de semences et plants du matériel génétique performant. C'est ainsi que les semences de pré-base notamment des céréales sont fournies aux multiplicateurs. Il en est de même pour les souches des arbres fruitiers et de l'olivier.
PRINCIPAUX RESULTATS
LES RESULTAS AGRO-TECHNIQUES
Les principaux résultats obtenus dans le domaine des techniques culturales concernent le travail du sol, l'économie de l'eau, le raisonnement de la fertilisation et la lutte contre les mauvaises herbes, les maladies et ravageurs.
Le programme aridoculture, considéré comme le plus prioritaire à l'INRA, a abouti à des paquets technologiques permettant d'améliorer la productivité dans des zones à conditions aléatoires (pluviométrie entre 250-300 mm) :
Le non labour ou le moindre labour (économie de l'eau) ;
La jachère chimique (économie de l'eau);
La lutte contre les mauvaises herbes (minimum de compétition)
Le raisonnement de la fertilisation (gain en intrants) ;
Les dates de semis (précocité des semis) ;
Le choix des variétés (tolérance à la sécheresse) ;
En parallèle, le programme aridoculture a développé des machines et des outils pouvant réaliser les interventions agricoles à temps avec des charges minimales. Il s'agit de :
Sweep : outil pour le labour minimum à traction mécanique ;
Semoir non labour: outil pour le semis direct des céréales avec épandage d'engrais, et à traction mécanique ;
Semoir à traction animale: pour le semis et l'épandage d'engrais dans les petites exploitations ;
Semoir monograines: machine à traction mécanique pour le semis du maïs ;
Bineuse: outil à traction mécanique pour l'entretien ;
batteuse à poste fixe destinée aux zones enclavées ;
faucheuse / andaineuse: machine autotractée pour la récolte des légumineuses et pour les céréales en zones accidentées.
Par ailleurs, la "calibration" de la fertilisation constitue une technique d'économie des fertilisants suite à une analyse du sol et en fonction des besoins des plantes cultivées. Pour mettre cette technique à la disposition des agriculteurs, des laboratoires conseils spécialisés sont ouverts dans les différents Centres Régionaux de la Recherche Agronomique.
La technique d'irrigation d'appoint accompagnée par un paquet technologique intégrant la variété, la fertilisation et le traitement herbicide, a permis d'obtenir des rendements dépassant les 80 q/ha de blé dans le Tadla. Dans le domaine des légumineuses alimentaires, un itinéraire technique a été mis au point et validé auprès des agriculteurs pour l'intensification de la culture des pois chiches.
En matière de protection phytosanitaire, il a été identifié de nouveaux fongicides pour la lutte contre la rouille et la septoriose des blés avec des gains de rendement de 14,5 à
41,5 % par rapport au témoin. Comme il a été mis au point des techniques de lutte contre l'orobanche et la morelle jaune.
En outre, l'INRA, dans le cadre de ses travaux sur la connaissance du milieu, a mis au point des logiciels de caractérisation agro-écologique permettant la délimitation des zones homogènes, ce qui facilite le choix des variétés, la date de semis et la prévision des récoltes potentielles dans ces zones.
DIFFUSION DES RESULTATS
En matière de diffusion des résultats, l'INRA édite un ensemble de supports de communication :
Al Awamia :
Revue trimestrielle de la recherche agronomique à caractère scientifique ; les Cahiers de la Recherche Agronomique :
Revue spécialisée dans la publication des études, travaux, monographies, thèses...;
les fiches techniques :
Faites pour codifier les résultats dans un langage facilement assimilable par les agents de vulgarisation et les agriculteurs; des ouvrages spécialisés.
En outre, l'INRA organise des manifestations scientifiques et techniques sur des thèmes spécialisés, des réunions périodiques pour le suivi-évaluation des activités des différents centres régionaux et des portes ouvertes sur ses domaines expérimentaux et laboratoires de recherche.
Les conventions passées par les multiplicateurs de semences et plants constituent également une autre dimension de diffusion de ses résultats :
Conventions passées avec les domaines agricoles pour la multiplication in vitro du palmier dattier ;
Conventions passées avec la SONACOS et divers multiplicateurs des semences pour les variétés des céréales ;
Conventions passées avec des pépiniéristes privés pour la multiplication des plants notamment ceux de l'olivier...
COORDINATION D'ETUDES POUR LE DÉVELOPPEMENT
ETUDE DE LA FILIERE SEMENCIERE
L'utilisation des semences certifiées par les agriculteurs constitue le moyen de diffusion par excellence pour assurer l'amélioration de la productivité. C'est pourquoi l'État a pris tôt des mesures visant à structurer et à organiser la filière semencière dans toutes ses composantes : la recherche, la législation et la réglementation, la production, la vulgarisation, la commercialisation et la profession.
Ces actions ont généré des acquis importants en termes de performance des variétés adaptées, de création des infrastructures adéquates pour l'approvisionnement des agriculteurs en semences certifiées et pour l'organisation de ce secteur.
Néanmoins, la filière connaît depuis quelques années des difficultés majeures liées essentiellement aux problèmes de sa rentabilité; et c'est pour cette raison que la présente étude a été lancée. Celle-ci comprend trois volets :
Le diagnostic de la filière semencière;
L'étude du potentiel du marché de la filière semencière ;
L'élaboration de la stratégie pour le développement de la filière.
Une commission composée de cadres du Ministère de l'Agriculture et des Associations Professionnelles AMSP et AMMS coordonnée par l'INRA a été chargée de traiter ce dossier.
Ainsi les travaux de cette commission ont conduit à l'élaboration d'un plan national semencier à échéance 2008.
Dans le but de la réalisation des objectifs de ce plan, une convention est en cours d'étude par les différents opérateurs de la filière semencière. Elle vise à établir un cadre de redynamisation des différentes activités de la filière et d'harmonisation des actions des divers interenants, en l'occurence l'administration et la profession. Elle vise surtout, dans un contexte de désengagement progressif de l'Etat et de libéralisation du marché, la création d'opportunité pour la profession afin qu'elle puisse, pendant une période transitoire correspondant au plan national semencier, se mettre à niveau et acquérir les capacités pour assurer pleinement son rôle d'entrepreneur de la filière semencière.
COORDINATION D'ETUDES POUR LE DEVELOPPEMENT CARTES DE VOCATION AGRICOLE
Ce projet a commencé en 1996 par la création d'un comité de suivi regroupant les représentants des différentes Directions du Ministère sous la présidence de l'INRA et l'élaboration d'une note technique sur la vocation agricole des terres. Le projet de réalisation des cartes de vocation agricole a pour objectif général de déterminer l'utilisation optimale des ressources en sols, il permettra aux décideurs de disposer d'un outil technique qui les aidera à planifier les actions agricoles et de moduler leurs politiques d'intervention en fonction des potentialités des régions.
Le projet intéressera d'abord les zones pour lesquelles on disposera de cartes des sols et qui représentent près de 10 millions d'ha. Les études seront menées aux échelles 1/50.000 en zones bour et au 1/20.000 et/ou 1/5.000 en zones agricoles intensives telle que l'irrigué.
L'approche méthodologique et la planification des études seront définies par le comité technique de suivi présidé par l'INRA. Le travail sera réalisé par une équipe centrale siégeant à l'INRA et par neuf équipes pluridisciplinaires régionales. La cadence approximative de travail est de 900.000 ha par an ; Le coût annuel du projet est estimé à 1,9 millions de dh/an pour l'équipement et 1,7 millions dh/an pour le fonctionnement.
A l'état actuel, les termes de référence de l'étude ont été élaborés, les équipes pluridisciplinaires régionales et centrales chargées d'exécuter ce travail également identifiées. Le démarrage de ce travail exigera cependant la mobilisation des moyens conséquents.
MECANISATION AGRICOLE
Malgré les efforts consentis par l'Etat pour encourager l'acquisition du matériel agricole, la mécanisation des exploitations reste en deçà du minimum requis par les normes internationales. Afin de dresser un bilan aussi complet que possible de cette situation et de proposer les actions à entreprendre et les modalités de mise en uvre des interventions retenues, un groupe de réflexion, présidé par l'INRA, a été constitué. Il comprend l'IAV Hassan II, l'ITMA Bouknadel, la DPV et la DPAE.
Ce groupe a fait un diagnostic de la mécanisation agricole et a proposé les recommandations suivantes :
L'amélioration des conditions d'octroi des crédits et la révision des subventions de l'Etat ;
La valorsiation des résultats de la recherche ;
La valorisation des ressources humaines formées dans ce domaine;
L'homologation et la normalisation du matériel agricole importé ou fabriqué au Maroc ;
Le développement et l'organisation de la prestation de service.
L'ENVIRONNEMENT NATIONAL
L'Institut entretient des relations avec :
- les différentes directions centrales du Ministère de l'Agriculture qui sont par ailleurs des membres consultatifs de son Conseil d'Administration. Certaines sont également membres de son Comité Technique. Elles participent ainsi à l'orientation et à l'évaluation des activités de l'Institut.
- Les Offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole . Il est lié par des conventions spécialisées avec l'ORMVA du Tadla, Loukkos, Gharb, Haouz, Tafilalet, Ouarzazat.
- Les Directions Provinciales de l'Agriculture. On note ainsi sa participation au PSDA (Projet de soutien au développement agricole).
- Les établissements d'enseignement supérieur agronomique et avec les Facultés des Sciences (Marrakech, Agadir, Meknès, El Jadida). Des projets de recherches sont conduits en commun avec les uns et les autres.
La profession agricole.
l'INRA a participé activement à la création de :
** cinq commissions sectorielles "Recherche-Profession" spécialisées dans les secteurs des céréales, oléagineux, rosacées fruitières, vigne et agrumes ont été créées et sont coordonnées par l'INRA.
Ces commissions, considérées comme un espace de concertation et de dialogue avec des professionnels intéressés, sont composées essentiellement des représentants de la profession. Elles sont appelées à donner un nouveau souffle aux actions entreprises par la Recherche Agronomique en matière de programmation par objectif.
** Groupement Interprofessionnel de la Recherche Agronomique (GIRA). Pour une meilleure intégration de la recherche dans le tissu du développement et une synergie des moyens et des compétences et pour avoir un cadre de concertation beaucoup plus global.
** L'INRA assure le Secrétariat du Conseil Consultatif de la Recherche Agronomique au sein du Ministère de l'Agriculture pour développer la concertation entre les différents partenaires de la recherche.
L'ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL
L'INRA trouve des supports à l'échelle internationale soit dans le cadre de la coopération bilatérale ou dans le cadre de la coopération multilatérale.
Des projets conduits avec le concours de :
- USAID : aridoculture et schéma de développement des ressources humaines;
- BIRD : Projet Recherche-Vulgarisation ;
- GTZ : Programmes viandes rouges, fourrages et légumineuses alimentaires ;
- ICARDA : Céréales, légumineuses alimentaires, agriculture de montagne, intégration élevage et agriculture ;
- IFAD : Transfert de technologie dans les zones semi- arides ;
- BID :Projet d'amélioration du palmier dattier ;
- AIEA : Conservation des aliments par ionisation et amélioration variétale ;
- France : Céréales, oléagineux, agrumes, formation des chercheurs, information scientifique et technique.
Une participation active au niveau des organisations internationales et régionales
A travers :
- son rôle au sein du CGIAR en qualité de président de l'AARINENA ;
- son admission comme centre d'excellence affilié à l'IGGEB ;
- sa participation au Comité exécutif de l'ACSAD.
A l'échelle maghrébine, on note la constitution de réseaux de recherche entre les divers pays :
- réseau de recherche sur le palmier dattier ;
- réseau de recherche sur la fève soutenu par la GTZ;
- réseau de recherche sur les céréales soutenu par l'ICARDA ;
- réseau de recherche sur l'olivier soutenu par la FAO.
Cette ouverture permet à l'INRA d'avoir une assistance en matière d'information scientifique et technique, des opportunités de formation des chercheurs et parfois des appuis logistiques pour la recherche. A l'échelle régionale, elle lui permet d'intégrer la dimension maghrébine et euro-méditerranéenne.
LES PERSPECTIVES (2008)
Compte tenu de la grande diversité du milieu naturel et des systèmes de production, l'INRA est invité à opérer un certain nombre de choix judicieux de stratégies de recherche à même de répondre aux exigences spécifiques du développement durable de l'agriculture au niveau région. A l'horizon 2008, l'INRA compte :
- Consolider sa régionalisation, avec des masses critiques de chercheurs au niveau de chaque centre pour être à l'écoute des ses partenaires régionaux ;
- Intégrer davantage la dimension socio-économique afin que les technologies mises au point contribuent à l'amélioration des revenus des agriculteurs et la valorisation des résultats des recherches ;
- Contribuer au développement de la culture scientifique de l'opinion publique pour que la recherche agricole soit reconnue comme une profession et le métier de chercheur soit considéré comme la pierre angulaire du développement agricole du pays ;
- Travailler en réseau avec les services de développement et d'enseignement nationaux régionaux et internationaux.
Fin