Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes
Direction de l'Enseignement de la Recherche et du Développement
Le Ministère de l'Agriculture a toujours accordé une place primordiale à la vulgarisation agricole compte tenu de l'importance de cette activité pour l'information et la formation des agriculteurs sur les techniques de production, de commercialisation d'organisation professionnelle, de préservation des ressources naturelles et de l'environnement.
En effet, l'amélioration du niveau de vie et des revenus des populations agricoles et rurales passe nécessairement par l'amélioration de l'accès des agriculteurs et des ménages ruraux à l'information fiable et utile au moment opportun pour l'adoption de techniques appropriées, d'utilisation rationnelle des facteurs de production en vue de garantir la rentabilité économique des activités agricoles.
Ceci ne peut se réaliser qu'à travers un service public de vulgarisation agricole efficace, capable d'intégrer à la fois les priorités stratégiques nationales de développement rural et agricole, les besoins réels des populations dans les différentes régions, les acquis de la recherche agricole et l'utilisation efficiente des ressources humaines et matérielles de ce service.
Au niveau central
Au niveau du Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes, les activités de vulgarisation sont dévolues à la Direction de l'Enseignement, de la Recherche et du Développement, Division de la Vulgarisation Agricole.
Le Centre National des Etudes et Recherches en Vulgarisation (CNERV) sis à l'ENA de Meknès est une structure d'appui aux différents programmes de vulgarisation
En vue d'assurer la coordination entre les différents partenaires de la vulgarisation agricole, un Comité National de Transfert de Technologie regroupant outre la DERD, la DPV, la DE, la DPVCTRF, l' AGR, l'I.A.V.Hassan II , l'ENAM et l'INRA a été constitué depuis 1994.
Au niveau régional
Dans les Offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole~ les Services de Vulgarisation et des Organisations Professionnelles sont chargés des activités de vulgarisation. Ces activités s'inscrivent actuellement dans le cadre du PSDA. Dans les DPA, la vulgarisation relève des Bureaux d'Animation et d'Appui aux Organisations Professionnelles.
Les Comités Régionaux de Transfert Technologie constituent la prolongement au niveau régional du comité national, et regroupent les structures régionales de développement (DPA et ORMVA), de l'enseignement, de la recherche et les organisations professionnelles
Une importance particulière a été accordée au perfectionnement du personnel de vulgarisation relevant des DPA et des ORMVA en vue d'actualiser son niveau de connaissances, et d'améliorer son aptitude à communiquer avec les agriculteurs. Pour cela huit Centres Régionaux de Perfectionnement Agricole (CREPA) ont été créés et équipés à Benslimane, Amizmiz, Oued Amlil, Tanante Chefchaouen, Khénifra, Khémisset et Tlet El Hanchane. Ces centres devaient en outre assurer la formation des jeunes ruraux, fils et filles d'agriculteurs. Ils disposent d'une capacité d'accueil de trente personnes chacun. L'animation de la formation est assurée par les équipes de cadres des DPA, avec un appui ponctuel de spécialistes d'autres institutions: INRA, IAV Hassan II, ENA, etc.
A coté de ce réseau de centres de formation, il faut signaler le Centre National des Etudes et Recherches pour la Vulgarisation et le Centre de Perfectionnement de Mehdia qui participent activement dans la réalisation des programmes de formation au niveau national.
Au niveau local
* Les Centres de Travaux (CT)
Au nombre de 122, les CT sont des établissements publics dotés de la personnalité civile et de l'autonornie financière. Leur statut prévoit qu'ils soient administrés par un conseil d'administration présidé par l'autorité locale et composé des représentants des agriculteurs et des services techniques de la DPA ainsi que d'un représentant du Ministère des Finances. La gestion du CT est assurée par un directeur, le CT est divisé en sections: vulgarisation agricole; coopération, crédit et code des investissement agricoles; prestations; administration et gestion.
* Les Centres de Mise en Valeur (CMV)
Au nombre de 179, les CMV constituent les cellules d'intervention locales des Offices. Ils assurent essentiellement l'approvisionnement en facteurs de production, l'organisation et l'exécution en partie des opérations intégrées de production et également le suivi des travaux agricoles. L'aire d'intervention d'un CMV est nettement plus réduite que celle d'un CT. Un CMV est divisé en sections: suivi des opérations; prestation de service; administration. Entre le Service de la Vulgarisation et des Organisations Professionnelles de l'ORMVA et le CMV existe une structure intermédiaire: la Subdivision qui coiffe plusieurs CMV.
L 'encadrement
Le personnel chargé de la vulgarisation agricole dans les ORMVA et les DPA est composé de 4200 agents, 2300 dans les CT et 1900 dans les ORMVA ? dont 522 ingénieurs soit:
- un ingénieur pour 15.000 Ha et 2 700 agriculteurs et
- un technicien pour 2000 Ha et 400 agriculteurs.
Il convient de noter que des disparités importantes existent entre les zones à écologie fragile (montagne, parcours,...) et les zones favorables.
Le Plan Directeur de la Vulgarisation (1989/1995)
Les principaux objectifs définis dans le cadre du Plan Directeur de Vulgarisation et repris dans la composante vulgarisation du Projet de Recherche et de Vulgarisation s'articulent sur les préoccupations majeures suivantes:
La réorganisation et le renforcement des structures de vulgarisation au niveau central, régional et local dans le but d'accroître l'efficience des interventions et d'optimiser l'utilisation des ressources disponibles
- L'amélioration des méthodes de vulgarisation par l'introduction, à titre de test, du système formation et visite dans les zones favorables et semi favorables et de la méthode Recherche / Développement dans les zones défavorables.
- L'amélioration des niveaux de connaissances du personnel de vulgarisation à tous les niveaux à travers un système de formation basé sur l'analyse des besoins de compétences pour les aspects techniques et méthodologiques de la vulgarisation.
- L'amélioration des liaisons fonctionnelles entre les services de vulgarisation et l'ensemble des opérateurs du développement rural en particulier la recherche agronomique et les organisations professionnelles agricoles.
- Le lancement de programmes locaux spécifiques à la femme rurale.
- La mise en place d'un système de suivi-évaluation des programmes de vulgarisation.
Le Plan Directeur de la Vulgarisation a fait l'objet d'un financement de la BIRD dans le cadre du projet de Recherche et de Vulgarisation agricole sur une période de 5 ans depuis l'année 1989.
En ce qui concerne les CT, le PRV a opéré sur 56 CT soit la moitié de 122 CT couvrant les zones des DPA. Ces CT se répartissent en 3 groupes distincts. les CT pilotes (17), les CT des zones tests (25) et les CT des zones de projets intégrés (14).
Les CT pilotes avaient pour finalité d'opérer une révision du système de vulgarisation dans le sens d'une meilleure efficience et d'une adaptation aux besoins réels des agriculteurs.
Les CT des zones tests constituent le prolongement des CT pilotes. Ils ont été répartis suivant les 20 zones homogènes de vulgarisation du Plan Directeur de la Vulgarisation comme suit: zones favorables(15 CT), zones semi-favorables (7), zones défavorables (3).
Les CT des projets de développement intégré relèvent des zones des projets intégrés qui ont fait l'objet d'un financement de la Banque Mondiale dans le cadre des prêtes sectoriels. L'objectif de l'intégration des ces CT dans le cadre du PRV consistait principalement à préserver les acquis des projets de développement intégré qui entraient dans leur phase d'achèvement.
Le Programme de Soutien a u Développement Agricole (PSDA)
L'objectif de ce programme est de rationaliser la gestion des services agricoles des ORMVA et améliorer leur organisation. Il s'agit par ailleurs d'encourager le développement des organisations professionnelles et promouvoir la contribution des institutions de recherche et de formation aux actions de développement menées au niveau des ORMVA. Ce programme qui a démarré depuis 1994 est focalisé dans les zones irriguées des 9 ORMVA.
L'exécution de ce programme est coordonnée par la DERD en concertation avec les Directions Centrales du Ministère de l'Agriculture.
Autres programmes
Dans le cadre de l'amélioration du cadre de vie des populations rurales, notamment les femmes, un projet d'intégration de l'éducation en matière de population dans les programmes de vulgarisation (PEDAEX) a été initié et mis en oeuvre dans 10 provinces.
Il en est de même d'un projet pilote d'intégration de la nutrition et de la qualité des aliments dans les programmes de vulgarisation mis en oeuvre dans deux provinces.
Les structures de vulgarisation ont aussi accompagné les projets de mise en valeur en bour, les projets d'aménagement des bassins versants et les projets forestiers à travers des actions d'animation, de formation des agriculteurs et à travers des études de recherche-développement.
Au niveau de la stratégie d'intervention, l'approche adoptée est une approche focalisée et localisée dans l'espace, participative, contractuelle et déconcentrée.
Le secteur de la Réforme Agraire
Le secteur de la Réforme Agraire compte actuellement 738 coopératives dont 377 relèvent des DPA et 360 des ORMVA. L'objectif de départ visé à travers ces distributions était de permettre l'accès à la propriété de lots agricoles viables aux petits exploitants, aux agriculteurs sans terre, ouvriers agricoles et ayants- droit collectivistes, et ceci dans un cadre organisé sous forme de coopératives.
Le personnel exerçant actuellement la fonction de directeur au niveau des coopératives est au nombre de 363 soit un taux de 1 directeur pour 2 coopératives et de 1 directeur par union.
Les textes juridiques réglementant ce secteur, notamment le Dahir portant loi n° 1-72-277 du 29 Décembre 1972 relatif à l'attribution à des agriculteurs de terres agricoles ou à vocation agricole faisant partie du domaine privé de l'Etat, l'article 6 précise que l'Etat s'engage à:
- livrer à l'attributaire le lot prêt à être exploité;
- apporter à l'attributaire son aide technique à titre gratuit;
- faciliter la constitution de moyens d'exploitation, notamment en ce qui concerne le financement,
Avant la restructuration du Ministère de l'Agriculture en mai 1993, l'encadrement de ce secteur en matière de mise en valeur agricole, de gestion des coopératives et de financement, était assuré par l'ex-DVRA/Division de la Réforme Agraire qui était chargée également de l'assainissement juridique.
A la suite de cette restructuration, la mission d'encadrement des coopératives de la réforme agraire (CRA) a été confiée à la DERD, Division de la Vulgarisation Agricole, Service de l'Encadrement du Secteur de la Réforme Agraire, qui a pour mission d'assurer l'encadrement technique, le suivi de financement et de gestion des coopératives et le suivi de la situation socio-économique des attributaires du secteur de la réforme agraire.
Le suivi des problèmes juridiques a été confié à la Direction des Aménagements Fonciers, Service de la Réglementation Juridique.
Les réalisations à la veille du Plan, notamment dans le cadre du Projet de Recherche et de Vulgarisation (1989-1995), ont porté sur la mise en oeuvre d'un important programme d'action au niveau des CT et des CMV, comprenant annuellement environ 370.000 actions de vulgarisation au profit de 170.000 agriculteurs. Il s'agit principalement de:
- 60.000 visites de groupes de contact au profit de 300.000 agriculteurs
- 93.000 visites individuelles au profit de 170.200 agriculteurs
- actions de vulgarisation féminine au profit 23.000 femmes rurales
- voyages au profit de 2 700 agriculteurs
- 30 voyages au profit de 3.300 techniciens bénéficiaires
- journées de sensibilisation au profit 26.000 bénéficiaires
- parcelles de démonstration au profit de 32.000 agriculteurs
- concours culturaux au profit 21.000 agriculteurs
- 40 manifestations agricoles au profit 58.000 agriculteurs
- 17.000 réunions d'information pour 212.000 agriculteurs
- 26.000 supports scripto et audio-visuels produits et diffusés.
Les réalisations des activités de formation des vulgarisateurs (trices) portent annuellement sur 150 sessions au profit de 4000 vulgarisateurs et vulgarisatrices
Dans le cadre PSDA (Projet de Soutien au Développement Agricole), les programmes de vulgarisation sont établis sur la base de plans d'action retenus par les ORMVA, dans le cadre de leur stratégie de mise en valeur agricole, en tenant compte des problèmes identifiés au niveau des principales filières et également sur la base de l'expérience des agents du terrain.
Les approches de vulgarisation adoptées sont celles retenues dans le cadre du projet recherche - vulgarisation avec des adaptations en fonction des spécificités régionales et locales. Environ 1.100 actions de vulgarisation sont réalisées chaque année.
Les activités de vulgarisation concernent les principales productions végétales et animales. Les thèmes abordés portent sur les aspects suivants: la céréaliculture, les légumineuses, le maraîchage, les cultures industrielles, les cultures oléagineuses, les cultures fourragères, l'élevage, les énergies renouvelables, les organisations professionnelles, la gestion des exploitations agricoles, l'immatriculation foncière, etc.
Les partenaires impliqués avec les CT et les CMV dans la réalisation des programmes de vulgarisation sont principalement les directions centrales du Ministère de l'Agriculture (DPV, DPVCTRF, DCFTT, AGR), la CNCA, les établissements d'enseignement et de la recherche (INRA, IAV. Hassan II, ENA, ITA), les chambres d'agriculture et les associations professionnelles (ANOC, ANEB, etc.).
Les différentes activités de vulgarisation ont largement contribué chez les agriculteurs, à l'amélioration des techniques de production telles que l'introduction de nouvelles variétés et de semences sélectionnées de céréales, un meilleure utilisation des facteurs de production, l'amélioration des travaux à façon etc. Elles ont également créé une dynamique participative et décentralisée entre les agriculteurs et les structures locales de développement tout au long de la campagne agricole. Il noter néanmoins que ces réalisations ont largement baissé ces dernières années suite notamment à l'achèvement du Projet de Recherche et de Vulgarisation et donc à la diminution des possibilités de financement.
Insuffisances de la filière technologique
La filière technologique connaît un certain nombre d'insuffisances qui l'empêchent de réaliser pleinement les missions qui lui sont dévolues. Ces insuffisances sont liées à l'absence de mécanismes d'intégration des activités des composantes la filière, la sous valorisation des ressources humaines, l'insuffisance des ressources matérielles et financières, une gestion peu efficace et une ouverture timide sur le milieu socio-professionnel.
Absence de coordination et de mécanismes de liaison entre les composantes de la filière technologique
Cet état de fait, qui entrave de manière très significative la performance de la filière, s'explique par:
* L'absence d'une politique globale et concertée de recherche, d'enseignement et de vulgarisation; politique qui devrait définir les orientations et les priorités;
- L'absence d'une méthode commune de programmation des activités de recherche, de vulgarisation et de réadaptation des curricula de formation;
- L 'absence d 'un système de suivi des activités et d 'évaluation de l 'impact des technologies proposées à l'agriculteur et de la pertinence des profils formés;
- L'insuffisance des liaisons entre la vulgarisation et les établissements de recherche et d 'enseignement agricoles. Cette insuffisance fait que les résultats de la recherche ne sont pas restitués automatiquement à la vulgarisation et que cette dernière, à son tour, ne donne pas de feedback sur les contraintes de l'agriculture.
- La faiblesse des liaisons de la filière technologique avec les directions techniques du Département de l'Agriculture; ce qui ne favorise pas l'intégration requise entre programmes de développement, de recherche, de vulgarisation et de formation.
Cet état de fait est aggravé par l'absence d'un système de communication et d'information entre les composantes de la filière; système qui pourrait éviter les doubles emplois et permettre l'échange des résultats et des expériences.
Des ressources humaines sous valorisées, insuffisantes et inégalement réparties
La filière technologique dispose de ressources humaines
qui se heurtent actuellement à plusieurs contraintes qui
empêchent leur plein épanouissement:
- La motivation: absence d'un système de motivation et
de rémunération qui encourage le mérite et
l'esprit d'initiative; manque de statut unique de chercheur; inexistence
de statut de vulgarisateur qui conditionne l'avenir même
de la vulgarisation agricole.
- La mobilité: L'hétérogénéité des statuts et l'absence de passerelles entre les différents établissements constituent un frein à la mobilité des agents entre les institutions de la filière, à la gestion rationnelle des ressources humaines et à une meilleure adéquation entre les tâches et les vocations des agents.
- La mise à niveau: Malgré les nouveaux progrès enregistrés chaque jour dans le domaines des sciences et techniques et l'évolution rapide du contexte de l'agriculture nationale, le personnel technique et d'encadrement de la filière continue à travailler avec les méthodes classiques. Une mise à niveau par la formation continue s'impose.
Une insuffisance numérique doublée de disparités régionales: Les ressources scientifique et technique existantes sont en deçà (en termes quantitatifs) des exigences d'une agriculture caractérisée par la diversité du milieu physique, biologique et socio-économique et qui doit relever les défis du nouveau contexte national et international. Par ailleurs, les taux d'encadrement des agriculteurs sont marqués par une forte disparité régionale. Cette disparité est très prononcée dans les zones à écologie fragiles (montagnes, parcours, oasis).
Le vieillissement: Les départs attendus à la retraite dans un avenir proche menacent sérieusement le devenir de la filière en l'absence d'une politique réfléchie de renouvellement du personnel scientifique et technique.
Des ressources financières bien en deçà des normes et des besoins
Les ressources financières allouées à la filière se caractérisent par leur insuffisance et leur irrégularité:
- Le budget alloué à la recherche est insuffisant et est bien en deçà des normes internationales;
- Les établissements d'enseignement supérieur agricole sont confrontés à des difficultés de financement suite aux restrictions budgétaires imposées depuis quelques années. De même qu'ils ne bénéficient d'aucun budget destiné à la recherche agricole;
- Le budget des établissements de l'enseignement technique et de la formation professionnelle agricoles est en diminution constante de 10% par an alors que la demande de formation ne cesse d'augmenter. A titre d'exemple, la formation des jeunes ruraux ne bénéficie pas d'un budget propre malgré la nécessité de préparer ces jeunes à assurer la relève dans les exploitations agricoles;
- Le budget des Centres de Travaux est constitue à 95 % des charges salariales.
La faiblesse des budgets engendre également une dégradation alarmante des équipements et des infrastructures:
- Les équipements scientifiques des établissements de formation, acquis durant la première phase de leur développement institutionnel pour servir de support à la pédagogie et à la recherche, sont devenus obsolètes en raison de l'usure du matériel et de la célérité du progrès technologique et ce par l'absence d'une politique soutenue de renouvellement et d'actualisation de ces équipements;
- Les infrastructures pédagogiques (salle de cours, laboratoires, etc.) et sociales (internat, réfectoire, foyer, etc.) des établissements de formation et celles des structures de développement agricole ne cessent de se dégrader en raison de l'insuffisance des travaux de maintenance et de rénovation.
L'insuffisance des budgets alloués à la filière technologique se trouve sérieusement aggravée par leur irrégularité. Cette situation est d'autant plus préjudiciable que l'essentiel des activités des établissements de la filière est constitué de projets à réaliser ou d'effectifs à former dont la mise en oeuvre se déroule sur plusieurs années. L'irrégularité des ressources financières se traduit donc soit par l'interruption de projets en cours d'exécution? soit par la baisse de la qualité pédagogique de l'enseignement.
Une gestion des ressources peu rationnelle et des procédures contraignantes
- Inadéquation des budgets et des programmes: Les restrictions budgétaires obligent les établissements à saupoudrer le peu de ressources financières dont ils disposent pour maintenir des programmes que le Ministère ou qu'eux même jugent importants;
- Procédures comptables et financières contraignantes: Ces procédures concernent l'ensemble du processus comptable et financier qui sous tend la planification et l'exécution des programmes depuis l'élaboration des budgets jusqu'au paiement des fournisseurs et prestataires. Elles expliquent la lourdeur constatée dans leur exécution et leur manque d'efficacité;
- L'absence de statut d'établissement public au niveau de certaines institutions limite leur autonomie de gestion;
- La mise en place de certaines structures, tel l'Observatoire de l'Emploi, ne s'est pas accompagnée par la mise en place de tout l'arsenal juridique nécessaire à leur bon fonctionnement;
- La réglementation régissant le mode de fonctionnement des CT n'a pas été actualisée en vue d'assurer la cohérence et l'efficacité requises de leur mission.
Faiblesse du degré d'inter pénétration des composantes de la filière avec leur milieu socio-professionnel
Malgré les quelques efforts consentis par les établissements de la filière en vue de mettre en place et de promouvoir des méthodes de diagnostic, de programmation et d'évaluation des activités d'enseignement, de recherche et de transfert de technologie, on ne peut que constater
la persistance de la faible implication de la profession dans ces activités.
La plan d'action de la vulgarisation agricole s'articule autour de l'actualisation des messages et des outils de communication, l'amélioration des revenus des agriculteurs à travers la productivité, la qualité et la diversification des activités, l'encadrement des coopératives de la réforme agraire et des organisation professionnelles et l'accès de la femme rurale aux services de la vulgarisation.
* Actualisation des messages et des outils de communication:
- Diagnostic des contraintes: Pour mieux cibler ses programmes d'action, la vulgarisation s'appuiera sur un diagnostic actualisé et participatif des contraintes et des attentes des populations rurales. Compte tenu de la diversité des groupes sociaux de la campagne marocaine et de leur milieu naturel, ce diagnostic sera modulé en fonction des filières de production, des types d'exploitations et de leurs formes d'organisation et des agrosystèmes. Un diagnostic particulier sera opéré en vue de la promotion de la femme et des jeunes ruraux.
Parallèlement, la vulgarisation devra:
- Recenser les résultats de recherche transférables auprès des institutions concernées et les mettre sous forme de messages accessibles aux agriculteurs;
- Inventorier auprès des innovateurs les techniques et pratiques à transférer aux agriculteurs retardataires.
- Développer une communication et une information efficaces: L'efficacité des actions de vulgarisation en particulier, et de développement agricole et rural en général, exige l'élaboration et la diffusion d'une information de qualité. n est donc impératif de développer une politique appropriée de production et de diffusion de l'information à même de satisfaire les attentes des utilisateurs internes et externes au secteur et faciliter leur prise de décision.
Le poids de l'analphabétisme, la dispersion de l'habitat, la réduction des moyens humains et matériels militent en faveur d'une utilisation accrue des mass media. Ainsi, en plus du réseau de production et de diffusion propre à la vulgarisation agricole, les stations radios nationales et régionales et la télévision seront utilisées pour appuyer les activités de vulgarisation menée sur le terrain.
Finalement, la vulgarisation est appelée à développer des stratégies de marketing de ses prestations et services, stratégies qui prennent en considération les spécificités de chaque groupe cible. Une formation des agents de la vulgarisation dans ce domaine est nécessaire.
L'ensemble de ces actions s'appuiera sur la réalisation de deux études:
- Une étude préparatoire en vue de la mise en oeuvre de la seconde phase du Projet de Recherche-Vulgarisation;
- Une étude sur les systèmes de vulgarisation.
* Amélioration des revenus des agriculteurs à travers Sa productivité, la qualité et la diversification des activités:
+ Au niveau des périmètres irrigués: Les axes d'intervention en matière de vulgarisation dans les périmètres irrigués porteront sur:
Le relèvement de l'acquis technologique pour une productivité optimale: généralisation de l'utilisation des variétés sélectionnées, usage rationnel des fertilisants et des pesticides, techniques de récolte, d'emballage et de conditionnement, etc.,
Le développement d'un programme d'amélioration de la qualité; programme qui couvre tout le processus de production et qui prend en considération la destination de la production;
La généralisation des techniques de gestion rationnelle de l'eau. L'accent sera mis sur l'encadrement des AUEA dans un cadre de partenariat avec les usagers. La valorisation des ressources hydriques sera basée sur l'approche pôles d'excellence développée dans le cadre du PSDA;
Au niveau des zones bour:
- Renforcement du dispositif recherche-développement touchant les aspects de production, de stockage et de valorisation;
- Stratégies et techniques d'économie de l'eau;
- Encouragement de la valorisation des produits agricoles et la création d'activités para-agricoles;
- Contribution à l'identification, la mise en oeuvre et au suivi des Périmètres de Mise en Valeur en Bour;
- Aménagement des infrastructures et équipement des CT.
Au niveau des zones de parcours: Il s'agit d'accompagner les projets financés au niveau de l'Oriental (Taourirt, Jerada et Figuig), Taza (Tafrata et Tazekka), Ouarzazate et Tafilalet par:
- La sensibilisation des populations en vue de leur adhésion à l'effort de développement des zones pastorales;
L'encadrement et la formation des éleveurs en matière de gestion des parcours et des infrastructures et des techniques de productions, d'alimentation et de santé animales;
- L'encouragement du développement d'élevages de production de lait dans les provinces du Sud ;
- L'organisation de concours pour l'encouragement de l'élevage camelin dans les provinces du Sud et du Sud Est,
- La formation des vulgarisateurs en matière d'aménagement de l'espace pastoral;
- La contribution à la délimitation des périmètres pastoraux.
Au niveau des zones forestières et de montagne:
- Développement de programmes spécifiques de vulgarisation forestière en collaboration avec le Département concerné;
- Réalisation d'actions visant à réduire la pression sur les ligneux et à diversifier les sources de revenus notamment par la vulgarisation des élevages de la dinde et du lapin en zone de montagne;
- Incitation à la création d'unités industrielles pour la valorisation du lait de chèvre;
- Elaboration et mise en oeuvre de thèmes sur les énergies renouvelables et la conservation des ressources naturelles;
- La formation des cadres sur la maîtrise des technologies et le suivi-évaluation des projets de développement des énergies renouvelables.
Renforcement de la recherche-développement par la création de centres inter professionnels de recherche -développement: agro-pôle oléicole à la Ménara, centre de recherche-développement sur les agrumes à El Menzeh et centre technique pilote sur le palmier dattier à Zagora
Multiplier les programmes de sensibilisation et d'éducation en matière de protection des ressources naturelles: Ce type d'actions devient de plus en plus nécessaire au niveau de toutes les zones de production compte tenu de la dégradation des principales ressources naturelles (eau, sols, forets,...).
* Encadrement des Coopératives de la Réforme Agraire et des Organisations Professionnelles:
Compte tenu de l'insuffisance de l'encadrement actuel des Coopératives de la Réforme Agraire, un programme d'action important devrait être mis au point en vue de résoudre les nombreux problèmes de sur endettement, de baisse de rentabilité économique et de gestion. Par ailleurs, un effort important est requis en vue de la généralisation de l'organisation des producteurs. La vulgarisation participera à cet effort par les actions suivantes.
- Amélioration des structures et des taux d'encadrement;
- Re dynamisation des Coopératives de la Réforme Agraire autour de leur fonctions statutaires;
- Contribution à la création de coopératives de commercialisation et encadrement de ces coopératives,
- Au niveau des zones forestières: Aide à l'organisation des usagers en groupements sylvopastoraux ou en coopératives forestières et leur encadrement;
- Adhésion et participation des bénéficiaires au financement des investissements hydro- agricoles;
- Renforcement des programmes de formation des agents en matière de techniques de production et de gestion;
*Accès des femmes rurales au~ services de la vulgarisation:
L'intégration des femmes rurales aux projets de développement agricole et rural est l'un des principaux garants de la réussite et de la pérennité des actions d'intervention de l'Etat en milieu rural. Les principales actions à mener en la matière sont:
- L'amélioration du niveau de compétence et d'efficacité des vulgarisatrices dans des disciplines intéressant les activités socio-économiques de la femme rurale;
- La promotion de la réalisation d'études et recherches sur la situation de la femme rurale;
- Le développement des programmes de formation professionnelle au profit des jeunes filles rurales dans les domaines agricole et para-agricole;
- L'appui aux cellules régionales de la promotion de la femme dans l'élaboration, la réalisation et le suivi des programmes d'action au profit de la femme rurale;
- L'amélioration des revenus des femmes et des familles rurales par l'encouragement de la création de coopératives et de groupements féminins autour de projets générateurs de revenus (élevage caprin, apiculture, aviculture notamment)..
- Mise en place de mécanismes et de procédures de coordination et de liaison, condition sine qua none de développement et d'harmonisation des actions du système;
- Elaboration d'une méthode de programmation et de suivi -évaluation qui puisse définir ce qu'il convient de faire au niveau du terrain et servir de base à la répartition des tâches et à l'évaluation des performances;
- Développement de mécanismes qui permettent une collaboration plus étroites avec les universités, plus particulièrement au niveau régional;
- Mise en place d'un système efficace d'information et de communication pour éviter les cloisonnements et permettre la synergie entre les institutions composantes du système tant au niveau central que régional.
- Proposer des modes de rémunération variés et des statuts cohérents qui privilégient le mérite et l'esprit d'initiative et qui facilitent la mobilité entre établissements, conditions nécessaires à la valorisation optimale des ressources humaines du système. En particulier, il faudra mettre en place:
+ un statut du chercheur pour le CNRF et le SEEN;
+ un statut du vulgarisateur pour les agents de la vulgarisation;
+ un statut plus motivant pour les formateurs des établissements de la formation professionnelle.
- Elaboration de plans de formation continue pour permettre aux cadres et techniciens du système de mieux accompagner les développements des sciences et techniques. Il est important de valoriser cette formation dans le plan de carrière des intéressés;
- Développement de l 'expertise nationale en matière de programmation, de budgétisation et de suivi évaluation des actions des établissements d'enseignement, de recherche et de vulgarisation;
- Organisation du Grand Prix Hassan II pour l 'Innova~ion et la Recherche dans le domaine agricole dans le but d'encourager l'innovation et l'invention dans le domaine agricole;
- Elaboration d'un plan de recrutements pour assurer la relève du personnel technique et scientifique du système.
- Relever le niveau de financement de la recherche agricole nationale à 0, 20% du PIB pour permettre à la recherche nationale de mieux jouer son rôle de locomotive du développement technologique du secteur agricole;
- Doter les établissements d'enseignement supérieur agricole de ressources propres pour la recherche;
- Intégrer les prestations des CT dans le cadre d'un budget -programme pour éviter la dispersion de leurs efforts;
- Renforcer les moyens financiers des établissements de formation technique et professionnelle notamment pour qu'ils puissent étendre leur programme de formation des jeunes ruraux;
- Réhabiliter les infrastrucfures et les équipements des établissements de formation et de vulgarisation;
- Instaurer une taxe para fiscale sur les produits agricoles pour concrétiser la contribution de la profession au financement du système et asseoir les bases d'un véritable partenariat.
- Instaurer le budget programme pluriannuel pour éviter l'interruption des programmes en cours d exécution et asseoir la pratique de travail sur une base contractuelle;
- Unifier les méthodes de formulation et de préparation des budgets;
- Revoir la cohérence des statuts entre établissements dans le but d'harmoniser leur gestion et de les inciter à mieux s'ancrer dans leur environnement socio-professionnel;
- Assouplir les procédures comptables et financières afin de permettre la rapidité et l'efficacité dans l'exécution (contrôle à posteriori, comptes hors budget,. ..),
- Associer les laboratoires et les domaines expérimentaux tout en renforçant les infrastructures et les équipements dans le but d'une gestion optimale des moyens disponibles et d'une meilleure adéquation entre programmes et ressources;
- Redéployer le personnel scientifique et technique pour son utilisation optimale; notamment en instituant des passerelles entre établissements.
- Développer davantage l'approche participative entre les composantes du système et leur environnement socio-professionnel;
- Inciter les professionnels à une plus grande participation à la programmation et à l'évaluation des activités des composantes du système;
- Lever les freins statutaires qui bloquent l'intégration des établissements de formation à tous les niveaux, dans leur milieu socio-professionnel;
- Développer la coopération internationale en privilégiant la coopération avec les centres d'excellence en matière de recherche et d'enseignement agricoles et en recherchant les synergies au niveau régional.