Albert Ayache

Les mouvements de capitaux dans les sociétés au Maroc (1912-1955)

Leurs aspects géographiques (170)

 

Au début du XXe siècle, le Maroc avait une économie ancienne, agricole dans son essence, avec des formes artisanales, boutiquières et marchandes dans les villes. En 1955, il présentait d'autres aspects. Une colonie européenne, établie après 1912, avait introduit, pour son usage, des formes capitalistes de production et d'échange, et créé des secteurs nouveaux d'activité, ce qui avait provoqué, dans le paysage et dans la vie des hommes, de profonds changements qui continuent de marquer le Maroc indépendant (1).

Les investissements furent, parmi d'autres, les moyens de ce changement. Considérés comme la &laqno;fraction» des capitaux qui &laqno;se fixe et s'incorpore dans un paysage» (2), ils expriment, par le volume, l'orientation et la localisation, le degré de puissance et les buts du groupe, qui les pratique, ainsi que les effets géographiques de son intervention. A condition de pouvoir déterminer quelques ordres de grandeur comparables, - il est difficile dans l'état des statistiques connues d'aller plus loin -, l'analyse des investissements privés de la colonisation peut apparaître comme un instrument d'investigation supplémentaire pour mieux pénétrer la réalité géographique de l'ancienne zone française.

S'il est relativement aisé, en suivant les comptes budgétaires, de déterminer le montant et la répartition des investissements publics et d'en constater la manifestation sur le terrain: routes, voies ferrées, ports, barrages, trame des villes et bâtiments administratifs, il en va autrement des investissements privés. Déjà fort difficiles à saisir dans les pays où les activités des particuliers, soumises à des obligations fiscales, sont régulièrement contrôlées, comment les suivre là où ces contrôles n'existent pas ? Les services financiers du Protectorat apportaient cependant quelque lumière sur les mouvements des capitaux des sociétés ayant leur siège social dans le pays. Ces sociétés dites &laqno;chérifiennes» étaient et sont encore de loin les plus nombreuses: 12 645 sur 14 018 au 31 décembre 1955. D'après des sondages effectués, il ressortait que 90 % de leurs capitaux étaient français, un peu plus de 5 % étrangers, moins de 5 % marocains. Comme, en dehors de l'agriculture, la plupart des entreprises d?une certaine importance sont constituées en société, on peut penser qu'elles sont un reflet assez fidèle de l'ensemble des activités de la colonisation.

Mouvement des capitaux sociétaires

Le montant annuel des nouveaux capitaux sociétaires a pu être établi à partir de 1927 à l'aide des statistiques de l'ancienne direction des finances, reproduites d'abord dans des ouvrages officieux, puis dans des publications officielles. Ainsi furent successivement utilisés, l'ouvrage de M. Hoffher, &laqno;L'économie marocaine» (Paris,1932), pour les années 1927-1931; le Bulletin économique du Maroc (Rabat) pour les années 1932-1936; les annuaires de statistiques du Maroc de 1937 a 1952; enfin, les numéros annuels de la Conjoncture marocaine jusqu'en 1955. Pour rendre possibles les comparaisons dans le temps, toutes les sommes ont été converties en francs 1955 (3). La courbe ainsi construite est révélatrice, par ses sinuosités, des enthousiasmes ou des inquiétudes que suscitaient les affaires marocaines.

La poussée des années 1928- 1929 avait été préparée par celles, plus difficiles à mesurer faute de statistiques, des années, qui suivirent l'établissement du Protectorat (1912-1914) et la première guerre mondiale (1919-1923). Ce furent ensuite le ralentissement des années 1930- 1931, puis la profonde dépression, coupée de reprises timides (1937-1939) ou parfois importantes (1941-1942)-, qui coïncida avec la crise économique mondiale et la deuxième grande guerre. En 1946, tout prend une autre allure, tout s'élance. Il faut arriver en 1954 pour retrouver les signes avant-coureurs d'une nouvelle crise. Dans le mouvement général, ce qui tranche, c'est la coupure de 1945. Avant, la progression semble lente, irrégulière, et les accès de fièvre limités. Après, l'allure est plus impétueuse. Elle est au moins trois fois plus rapide (4). Les bouleversements, préparés depuis 1912, se réalisent, modèlent le visage du Maroc actuel. Mais avec les variations dans le temps, c'est plus encore la répartition entre les différentes branches de l'économie qu'il a fallu rechercher.

Répartition

Exception faite du livre d'Hoffherr, qui ne fournit aucun renseignement de cet ordre pour la période 1927-1931, ce sont les mêmes documents statistiques qui furent mis en oeuvre. A quoi il faut ajouter, comme base de départ, un tableau récapitulatif sur la situation des sociétés anonymes au 31 décembre 1932 que publia dans son premier numéro (juillet 1933) le bulletin économique du Maroc. Les rubriques de classification, qui s'élevaient alors à 12, furent ramenées à 8 en 1945. Depuis cette date, les sociétés &laqno;chérifiennes» sont classées de la façon suivante: agricoles, immobilières, industrielles, minières, assurances, financières, commerciales, diverses.

Les résultats de ces recherches sont présentes dans le tableau II où, pour plus de clarté, ceux qui concernent les quatre derniers groupes sont rassemblés dans la colonne: Crédit et Transactions.

L'examen du tableau confirme l'impression, donnée par la courbe, d'une longue dépression comprise entre deux périodes d'expansion d'ampleur in- égale. Par ailleurs, la dépression très accusée avant 1938,l'est bien moins après. C'est donc quatre périodes qui peuvent être distinguées dans la vie économique de la colonisation (5).

Les périodes de l'activité coloniale

1. Dans les vingt années (1912- 1932) qui suivirent l'établissement du Protectorat, les activités nouvelles se développaient à peu près du même pas, alimentées par les injections considérables de capitaux résultant des investissements publics-208 milliards-et de dépenses militaires importantes mais difficiles à chiffrer. Les activités agricoles, immobilières et commerciales, étaient cependant prépondérantes. En 1932, le domaine de la colonisation rurale, officielle et privée, était, pour les 4/5, constitué et couvrait 800.000 hectares (6). Son importance apparaît mal au travers des mouvements de capitaux sociétaires parce que les exploitations sont surtout la propriété de particuliers. La mise en valeur de ces terres n'était pas encore très poussée et reposait essentiellement sur les cultures céréalières que ruina, après 1931, I'effondrement des prix. La fièvre de construction gagnait les villes, où, à côté des &laqno;médinas», étaient construits des quartiers européens pour recevoir services administratifs et immigrants. Enfin les institutions de crédits; les sociétés commerciales pour la collecte et l'exportation des gains, bétail et minerais, et l'importation des combustibles, cotonnades, thé, sucre, machine; les affaires de courtage et de commerce de détail se multipliaient.

Au demeurant en 1932 étaient déjà créées, dans tous les secteurs fondamentaux de l'économie, les grandes sociétés filiales des groupes français: Banque de Paris, Banque de l'Union Parisienne, Banque Gradis de Bordeaux. Les vagues de création se situèrent entre 1912 et 1914: Régie des Tabacs, Chaux et Ciments du Maroc (Lafarge); 1919-1923: Brasseries du Maroc, Super phosphates (Kuhlmann), Ateliers de Constructions Schwartz-Haumont; 1928-1929: Etablissements Carnaud (De Wendel), Compagnie Sucrière Marocaine (Raffineries Saint-Louis) et les Sociétés minières: Aouli, Zellidja, Jerada, Chérifienne des pétroles.

Toutefois les Sociétés concessionnaires de services publics, Compagnie des Chemins de fer du Maroc, Energie Electrique du Maroc (1923), Société marocaine de distribution, sont des Sociétés françaises dont le capital social n'est pas recensé au Maroc (7).

2. Après 1932, la crise ébranla l'économie coloniale et l'économie traditionnelle. Moment dont la gravité fut soulignée par des réductions de capital ou des dissolutions de Sociétés dans les mines et l'industrie. Et ce fut l'abîme de 1936. La reprise qui se dessinait fut arrêtée net par la guerre.

3. 1940-1945 ! Singulière période où au milieu d'une raréfaction de tous les produits, une sorte de frénésie agitait les milieux d'affaires. Les investissements sont difficiles dans l'agriculture, mais la colonisation, endettée en 1938, s'enrichit grâce aux prix atteints parles produits agricoles. La construction, les grands travaux sont à peu près arrêtés faute de matériaux. Les mines sont fermées ou ont une activité réduite, sauf Jerada qui fournit le combustible. Mais les industries de remplacement surgissent pour pallier la pénurie produits de grande consommation autrefois importés. Ce phénomène, rien ne peut mieux en faire mesurer l'ampleur que le montant des capitaux fixés dans les Sociétés industrielles durant cette période de 7 années. Plus de 11 milliards, soit 53 % du total. Avec les augmentations de capital que nous n'avons pu exactement fixer (8), cela doit faire plus de 15 milliards, donc au moins au autant que les 27 années précédentes. Cette tendance, qui aurait pu être passagère subsista après 1946, témoignant de préoccupations nouvelles.

4. L'importance des investissements sociétaires après la guerre n'est qu'un reflet du "rush " des capitaux que connut le Maroc entre 1946 et 1953. Les causes sont trop connues pour qu'on insiste: inquiétude devant la tension internationale, attrait d'un pays où la rapidité des profits était assurée par la faiblesse des salaires et la légèreté de l'impôt. Toutes les branches de l'économie attiraient les hommes d'affaires. Il n'est point de grande firme française qui n'ait créé alors une filiale marocaine. Et aux côtés des Banques de Paris et de I'Union Parisienne vinrent se ranger d'autres &laqno; grands »: la Société Quilmes, la Banque d'Indochine, Rothschild frères. La vie économique atteignait une grande intensité, soutenue par d'importants investissements publics: plus de 400 milliards en 10 ans.

A côté des occupations de courtage et d'échange qui conservent leur importance, deux faits sont à signaler l'intensité de la construction, les progrès rapides de l'industrie. Le Maroc se couvrit de chantiers. On construisait dans les centres miniers, à Jerada et Boubker, Kouribga et Louis Gentil; dans les villes de l'intérieur, Oujda et Taza, Fès et Meknès et dans celles de la côte: Port Lyautey, Rabat, Safi, Agadir. Partout de nouveaux quartiers d'habitation et d'usines apparaissent. Casablanca, où 60 à 70 % de tous les investissements sociétaires étaient rassemblés, prolongeait ses banlieues industrielles, les Roches Noires et Ain Sebaâ, en direction de Fedala.

Dans l'ensemble, cette fièvre de construction avait un caractère plus spéculatif que productif. Entre 1949 et 1956, les 2/3 des capitaux qui y étaient consacrés allaient aux constructions à usage d'habitation, plus particulièrement dans les quartiers européens.

Le fait qui cependant a le plus impressionné fut la poussée des activités industrielles qui totalisent à elles seules, avec plus de 69 milliards, plus du tiers des investissements sociétaires. Malgré la modernisation de son outillage, l'industrie minière privée conserve seulement la place qu'elle avait en 1932. Le tableau III permet de comparer le pourcentage des capitaux sociétaires dans les principales branches d'activités en 1912-1938 et 1940 -1955.

Tableau 3

 

 

Il fait ressortir la place deux fois plus grande de l'industrie, tandis que l'importance relative des autres secteurs recule ou simplement se maintien. Le faible pourcentage attribué aux Sociétés immobilières pourrait paraître anormal. En vérité les Sociétés de construction et de travaux publics, peu nombreuses, sont puissantes et ont un chiffre d'affaires considérable.

Les investissements dans l'industrie.

Des indications récentes, mais éparpillées entre un grand nombre d'articles et parfois incomplètes (9), ont permis d'aller plus loin et d'établir la répartition des investissements entre les différentes branches d'industrie. Chaque fois qu'il a été possible, nous les avons complétés par des évaluations personnelles.

 

TABLEAU IV

 Tableau 4
 Investissements industriels  Investissements (en millions)
 Travail des métaux  12.058
 Industries chimiques. Allumettes. Tabacs  4.000
 Industries des matériaux de construction 3.000
 Corps gras 3.700
  Industries alimentaires (y compris les conserves et sucreries) 23.000
 Industries textiles 9.700
 Cuir 3.000
 Papier, Carton  5.000
 Liège 1.000
 Total 64.400

Le tableau n'est pas complet. Il y manque les industries du bois, et celles. Il y manque les industries du bois, et les constructions navales.

Tel quel il fait ressortir, avec 1/3 des investissements, l'importance des industries alimentaires, qu'elles soient tournées vers la consommation intérieure, minoteries ou sucreries par exemple, ou vers l'exportation: conserves de légumes, fruits et poissons. Le travail des métaux arrive au second rang, suivi par les industries textiles (crin végétal compris).

On peut donc estimer à 370 milliards les mouvements de capitaux dans les sociétés &laqno;chérifiennes» de 1912 à 1955. Environ 220 milliards, dans leur très glande majorité français, sont des capitaux importés. Le reste-150 milliards- est constitué par l'immobilisation sous formes diverses d'une partie de la fortune acquise dans le pays.

Si les pourcentages d'ensemble des investissements sociétaires dans l'agriculture et la construction ne peuvent donner une idée exacte des intérêts de la colonisation dans ce double domaine, par contre il apparaît justement que les opérations commerciales n'ont cessé de tenir une grande place. En outre, l'accroissement des investissements industriels révèle un changement très net dans les conceptions coloniales traditionnelles. L'analyse des différentes branches d'industrie renseigne sur les limites de cette conversion: il s'agit d'industries légères caractérisées par une rotation rapide de capitaux et la pratique d'amortissements accélérés.

Capitaux sociétaires et investissements effectifs

Mais est-il possible, à partir du capital social et de ses mouvements, de connaître le montant des investissements vrais, c'est-à-dire fixés dans les constructions et l'équipement ?

Rien dans les statistiques actuellement connues ne permet d'en avoir une idée précise. Et les bilans publiés sont présentés avec une discrétion qui ne laisse entrevoir que peu de choses sur la vie réelle des entreprises (10).

La connaissance directe de certains milieux d'affaires et l'examen de plusieurs bilans laissent l'impression que les investissements furent assez réduits. Cela est vrai de nombreuses sociétés, aux activités mal définies; de puissants holdings, occupés de participation et de gestion, comme l'Omnion-Nord- Africain ou Penarroya-Maroc; de grandes sociétés qui ont fixé leur siège au Maroc, mais dont les activités s'étendent à d'autres pays: telle la société des brasseries Quilmes ou Longometal-Maroc. Les sociétés commerciales, si nombreuses, ont, par leur nature, des immobilisations réduites, l'essentiel de leurs capitaux servant à couvrir leurs achats. Il en fut de même pendant longtemps de sociétés industrielles et minières, le bon marché de la main-d'oeuvre les dispensant de l'emploi d'installations et de matériel coûteux. Ce n'est qu' après 1946 qu'on assista à la création d'entreprises bien équipées, tandis que que quelques grandes et vieilles sociétés décidaient de renouveler leur outillage et d'en accroître la puissance.

Le journal financier &laqno;Le marché marocain» (Casablanca), dans ses é études donne les investissements récents effectués par quelques-unes d'entre elles durant les dernières années: 409 millions aux "Chaux et Ciments du Maroc" (1950-1955),-1.600 millions aux mines d'Aouli (1950-1954),-1 493 millions pour les mines de Zellidja (1952-1955),-1.550 millions dans la Compagnie sucrière marocaine (1951-1955) (11).

Mais ce qui surprend, c'est l'ampleur de l'amortissement, il représente 60 % de l'immobilisation aux mines d'Aouli; 80 % dans la COSUMAR; 150% à Zellidja,300 % aux Chaux et Ciments du Maroc. Cette cadence, assez habituelle au Maroc, n'en reste pas moins fort insolite.

Autre question: doit-on s'attacher à la connaissance des investissements bruts, c'est-à-dire des investissements cumulés pendant une période déterminée, ou à celle des investissements nets, tels qu'ils apparaissent après en a retranché les amortissements pour compenser vieillissement et usure? Si le corps social, personnifié par ses instruments, services financiers ou économiques, doit s'intéresser plus particulièrement aux investissements nets qui expriment la capacité productive, le géographe doit porter une attention égale à l'une et à l'autre forme.

Car les investissements bruts expriment la masse des capitaux employés et, avec elle, les chantiers ouverts, l'appareil de production et d'échange créé, le nombre d'hommes employés ou influencés, les habitudes de travail et de de vie qui ont pu être ainsi contractées. Il n'est pas indifférent par exemple de savoir que les investissements publics et semi-publics de 1912 à 1955 ont dépassé 700 milliards de francs. Sur les lieux de travail multipliés, de centaines de milliers de paysans, appauvris ou pressés de besoins monétaires nouveaux pour eux, se sont succédé au cours d'une génération. Intégrés d'un nouveau mode de production, ils ont remué la terre, la pierre, le fer, vu fonctionner ou même conduit des machines, fait l'apprentissage du salariat. Après cela, les retours en tribu ne pouvaient être que temporaires. La nécessité les poussait vers d'autres chantiers ou vers les centres miniers et urbains où précisément se fixaient les investissements privés

Cet essai aurait dû s'achever sur un recensement territorial des capitaux. Aucune statistique n'existe qui donne leur répartition régionale.

On répète que plus des 2/3 des investissements sociétaires sont concentrés à Casablanca, ce qui ne saurait surprendre. Le reste se répartit surtout entre Meknès, Port-Lyautey, Safi, Agadir, Rabat, Oujda, Marrkech et les centres miniers

Mais le géographe, par l'étude des paysages et des structures économiques, perçoit où les investissements privés se sont effectués. Il les suit d'autant mieux qu'ils sont, malgré quelques échappées, nettement localisés dans le &laqno; Maroc utile », ruban de couloirs et de plaines qui se déroule d'Oujda à Casablanca, Marrakech et Agadir, là où s'est cristallisé l'essentiel des investissements publics. De part et d'autre de la route et du rail se succèdent les grands domaines, les centres de colonisation, les villes avec les quartiers européens, les banlieues usinières, les médinas et les bidonvilles congestionnés où s'opèrent de profondes transformations humaines. Ce qui conduit à penser que, pour avoir une pleine idée des répercussions géographiques, surtout humaines, de l'investissement, la recherche des revenus obtenus et de leur répartition est indispensable. Mais ce n'est point l'objet de cette étude.
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&laqno;les mouvements de capitaux dans les sociétés au Maroc (1912-1955), leurs aspects géographiques», Bulletin de l'Association de géographes français, n° 275, 1958, pp. 17-27.

( l ) J. DRESCH: Recherches sur les investissements dans l'Union Française outre-mer, leur répartition,leurs conséquences.B.A.G.F., n°-231-232 (janvier-février l953), p.2-13. L'article permettra de replacer cette étude dans le cadre plus large des investissements français outre-mer.- J. LABASSE: Les capitaux et la Région, Paris, 1955. Lire les chapitres, riches de substance, sur les investissements, leur sens, et leurs effets géographiques dans la région lyonnaise (p. 426 510). Voir aussi: Notes sur les éléments d'une géographie des investissements au Maroc, in Les études rhodaniennes, T. 26, Lyon, 1951, p. 427 et s. - Albert AYACHE: Le Maroc,Paris, 1956. Notamment, p. 104-120 et 146-146, où l'auteur essaye de déterminer le montant des capitaux privés importés au Maroc, voir aussi le chapitre sur les investissements publics p. 124-144.

(2) LABASSE: Ouv. cité, p. 426.

(3) Nous avons utilisé les coefficients de révision des bilans fixés par le décret du 18 février 1952. retenant pour les années 1942-1943-1944, les coefficients applicables en Algérie.Etant données les très faibles variations de l'indice des prix de gros des produits importés entre l951 et l955 c'est la valeur nominale qui a été conservée pour les années 1953,1 954 et1955.

(4) La moyenne annuelle des investissements sociétaires est trois fois plus forte (21,2 milliards contre 6,74), celle des investissements publics quatre fois (40,6 contre 10,4); celle des créations de sociétés, cinq fois (886 sociétés contre 176).

(5) Il faut noter que les périodes du tableau et celles de la courbe ne se recouvrent pas exactement. La

courbe commence en 1927; le tableau en 1912, puisque le tableau récapitulatif donne, pour chacune des catégories, le total des capitaux sociétaires en 1932. De plus, I'Annuaire statistique du Maroc, qui résume en un seul volume, le 14°, les données de l'économie marocaine entre 1939 et 1944, précise bien la répartition des capitaux entre les sociétés nouvellement créées, mais ne fait pas la ventilation des augmentations de capital. C'est donc 21,4 milliards qui n'ont pu être répartis. Du même coup, le total des capitaux sociétaires recensés ne peut plus coïncider: d'une part,340 milliards (1927-1955), d'autre part, 370 milliards, y compris les augmentations de capital non repartis de la période 1939-1945.


(6) En 1955: 1 million d'ha

(7) L'Office des Phosphates fut créé en 1920 avec un investissement initial de ses investissements, réalisés par auto-financement, furent considérables. Office public, son capital ne fut jamais modifié. Comme dans les autres mines, l'exploitation fut ralentie de 1930 à 1934 et de 1940 à 1945.

(8) cf. note 1, page 34

(9) Revue Confluent (Casablanca),n° 15, 1957.Les articles ont été rédigés dans leur majorité par des fonctionnaires du Ministère de l'Economie Nationale Marocaine. Il semble qu'on se soit efforcé de dégager les investissements réels.

(10) En France, la Commission des Comptes de la Nation utilise les déclarations fiscales des entreprises sur les investissements et les amortissements. Leur interprétation en est d'ailleurs fort délicate. Nous ignorons si la Commission de coordination économique et du plan, créée au Maroc après l'indépendance, dispose de telles sources d'information.

(11) Cf.les numéros du Marché marocain des 14 octobre 1955, 7 septembre 1956,5 octobre 1956, 16 novembre 1956.