Terre et Vie No 12, Novembre 1994

 

 

Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Tafilalete (18)

 

 

Présentation de la zone d'action

 

La zone d'action de l'ORMVA du Tafilalet est située au sud-Est du Royaume et couvre une superficie de 77.500 km2 soit 11% de la superficie du pays. Elle concerne la totalité de la Province d'Errachidia et du cercle de Beni-Tadjit relevant de la Province de Figuig.

Cette zone présente trois ensembles bien distincts qui sont, du Nord au Sud:

- Le domaine de Haut Atlas,

- Le domaine Sud Atlasique,

- Le hamada du Sud-Est.

Son climat est caractérisé par la faiblesse et l'irrégularité des précipitations (60 à 260 mm/an), la forte évapotranspiration (2500 mm/an moyenne), des variations considérables des températures (-8°c à + 45°c) avec une moyenne de 20°c et la prédominance des vents secs et chauds.

La promotion du secteur agricole est conditionnée par l'atténuation voire la levée des facteurs contraignants d'une part et par l'entreprise des actions de développement d'autre part.

 

LIMITATIONS DES HANDICAPS NATURELS

 

* Mobilisation

des ressources en eau

 

Toute mise en valeur agricole au niveau de la zone passe nécessairement par une maîtrise et une gestion adéquate des ressources en eau aussi bien superficielles que souterraines. Ainsi, dans le domaine de la grande hydraulique, les principales réalisations ont porté sur:

- La construction du barrage HASSAN ADDAKHIL pièce maîtresse de la grande hydraulique d'une capacité totale de 380 Mm3. Ce barrage vise la régularisation des écoulements de l'oued Ziz afin d'assurer la mise en valeur de la vallée du Ziz et de la plaine du Tafilalet soit 27.900 ha.

En matière de PMH, on signale:

- La réalisation du projet de transfert des eaux de crue de Gheris vers le Ziz. Ce projet permet d'améliorer non seulement l'irrigation de la plaine du Tafilalet mais aussi l'alimentation de la nappe phréatique.

- La mobilisation des eaux de crue par la construction des barrages d'épandage et des lacs collinaires, l'aménagement des khettaras et séguias et l'encouragement de l'implantation de stations de pompage.

 

* Lutte contre la désertification

 

Pour faire face au caractère menaçant du phénomène de la désertification et de l'ensablement dans la zone, plusieurs dispositifs de protection ont été mis en place notamment la protection immédiate par des barrières mécaniques et biologiques et la mise en défens des zones génératrices de sable.

L'érosion hydrique et éolienne a également fait l'objet de lutte par la plantation des arbres fruitiers et forestiers en zones de montagne et la construction des berges au niveau des périmètres menacés.

 

* Lutte contre le bayoud

 

Pour lutter efficacement contre le bayoud, un Plan National pour le Développement du Palmier Dattier a été mis en place. Il a pour objectif à l'horizon la plantation de 2 millions de plants de variétés de bonne qualité dattière et résistantes au bayoud.

 

ACTION DE DEVELOPPEMENT

 

* Production végétale

 

Dans le but de rehausser le rendement des productions locales basées essentiellement sur le palmier dattier, l'olivier, les céréales et la luzerne, l'office ne cesse de déployer les efforts visant:

- L'introduction de matériel végétal performant (variétés de semences sélectionnées et d'arbres fruitiers...),

- L'intensification et la diversification des cultures maraîchères et des cultures de rente.

- L'utilisation rationnelle des facteurs de production (engrais, produits phytosanitaires, matériel agricole adapté),

- L'organisation des circuits de commercialisation des produits agricoles (lait, dattes...).

 

* Production animale

 

En matière de production animale, les efforts ont été menés principalement dans les domaines suivants:

- L'amélioration des possibilités alimentaires (exploitation rationnelle des parcours, développement des cultures fourragères, valorisation des sous-produits agricoles, rationnement...)

- L'exploitation et l'amélioration des potentiels génétiques du chaptel local en particulier la race D'mane.

- L'organisation des éleveurs,

- Le développement de la commercialisation des produits animaux.

 

* Vulgarisation agricole

 

Les structures et les actions de vulgarisation seront renforcées par l'amélioration du ratio d'encadrement. Ainsi ce ratio qui n'est actuellement que d'un vulgarisateur pour 2650 agriculteurs passera à un vulgarisateur pour 1000 agriculteurs au terme de l'année 1997.

Les méthodes d'approche de l'encadrement des agriculteurs seront diversifiées en tenant compte de l'étendue et des spécificités zonales.