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| Terre et Vie |
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Près de 800 millions de personnes dans le monde en développement
souffrent de sous-alimentation chronique, soit plus que la population
réunie de l'Europe et de l'Amérique du Nord, selon
le rapport "L'état de l'insécurité alimentaire
dans le monde", publié par l'Organisation des Nations
unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Au cours de la période 1990/92 - 1995/97, le nombre de
malnourris a diminué de 40 millions, passant de 830 millions
à 790 millions de personnes. Cette diminution est due essentiellement
aux progrès notables enregistrés dans 37 pays qui
ont réussi à réduire de 100 millions le nombre
de sous-alimentés. Mais dans le reste du monde en développement,
le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique
s'est accru de près de 60 millions, indique le rapport.
Bien que la diminution (8 millions de personnes par an en moyenne)
soit encourageante, elle reste insuffisante, souligne le rapport
qui rappelle l'engagement pris lors du Sommet mondial de l'alimentation
(novembre 1996) par 186 pays: réduire de moitié
le nombre de sous-alimentés d'ici à 2015. Or cet
objectif ne peut être atteint qu'avec une régression
annuelle de 20 millions de personnes.
Pour la première fois, la FAO fournit des chiffres-statistiques
sur le nombre de sous-alimentés dans les pays développés:
environ 34 millions de personnes dont 26 millions en Europe orientale
et dans l'ancienne Union soviétique et 8 millions dans
les pays industrialisés.
La région Asie-Pacifique compte près des deux-tiers
(526 millions) des malnourris. L'Inde, à elle seule, abrite
plus de sous-alimentés (204 millions) que l'ensemble de
l'Afrique subsaharienne (180 millions).
Les progrès enregistrés contre la faim ont été
très inégaux. Cinq pays ouest-africains - Burkina
Faso, Gambie, Ghana, Mali, et Nigeria - ont réalisé
de bons résultats. En revanche, la proportion de malnourris
s'est accrue en Afghanistan, au Burundi, à Madagascar,
en Mongolie et en République démocratique populaire
de Corée.
Quelque 200 millions d'enfants sont gravement affectés
dans le monde en développement. En Asie du Sud, la moitié
des enfants de moins de cinq ans souffrent d'insuffisance pondérale,
contre 33 pour cent en Afrique et 21 pour cent en Asie du Sud-Est.
La situation nutritionnelle des enfants est particulièrement
dramatique dans certains pays comme l'Afghanistan, le Bangladesh,
le Burundi, l'Erythrée, l'Ethiopie, Madagascar, le Niger,
la République unie de Tanzanie, le Tchad et le Yémen.
Le rapport fournit également des statistiques sur les succès
et les revers en matière de sécurité alimentaire.
Il signale les pays qui ont réalisé des percées
significatives et ceux qui ont essuyé des déconfitures
au cours des deux dernières décennies.
* En Asie, la phase d'expansion économique a été
bénéfique. Ainsi, au Cambodge, la proportion de
malnourris a chuté de 62 à 33 pour cent. Jusqu'en
1997, la sous-alimentation a progressé dans deux pays seulement:
la Mongolie et la République démocratique populaire
de Corée. Plus récemment, la crise économique
a aggravé les poches de pauvreté et la sous-alimentation
dans plusieurs pays, notamment en Indonésie.
* En Amérique latine et dans les Caraïbes, la situation
est contrastée. La faim recule en Amérique du Sud,
mais progresse dans plusieurs pays d'Amérique centrale.
Le Honduras a réussi, grâce aux réformes économiques
et sociales, à réduire de 31 à 21 pour cent
le pourcentage de malnourris. A Cuba, au contraire, la situation
alimentaire s'est dégradée du fait principalement
du recul des importations alimentaires.
* Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, la situation s'est améliorée
dans la plupart des pays. Cette région du monde abrite
dix des quatorze pays en développement où la sous-alimentation
affecte moins de 5 pour cent de la population. Alors que des progrès
notables ont été enregistrés au Maroc, le
pourcentage de malnourris est passé de 4 à 15 pour
cent en Irak.
* En Afrique, plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest ont fait des
progrès substantiels, mais la situation alimentaire s'est
dégradée dans plusieurs parties de l'Afrique subsaharienne.
Grâce au progrès économique et aux bons résultats
de l'agriculture vivrière, le Ghana a nettement réduit
le nombre de malnourris. Dans les régions centrales, orientales
et méridionales de l'Afrique, la sous-alimentation a progressé
dans l'ensemble. La lanterne rouge est le Burundi qui est confronté
à divers problèmes, notamment la dégradation
des terres, l'accroissement démographique rapide et la
baisse de la productivité agricole.
Les données du rapport de la FAO ont été
compilées grâce au Système d'information et
de cartographie sur l'insécurité alimentaire et
la vulnérabilité (SICIAV), un nouveau programme
qui relie entre eux les systèmes d'information nationaux
et mondiaux tout en permettant de réunir et d'analyser
les informations diverses relatives à la sécurité
alimentaire ou à d'autres secteurs comme la santé,
les conditions climatiques et les marchés.
Le rapport, tout en encourageant l'utilisation du SICIAV, attire
l'attention des décideurs sur le problème de la
sous-alimentation dans le monde et les invite à lui trouver
des solutions.