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Pour conserver l'espoir de nourrir, dans les trente ans à
venir, une population mondiale en croissance rapide, les responsables
des politiques nationales devraient tenir compte de la contribution
des femmes rurales à l'économie, a déclaré
en substance Monsieur Jacques Diouf, Directeur général
de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO), qui soulignait ainsi le rôle crucial des femmes dans
la production agricole au cours d'une Consultation de haut niveau
sur les femmes rurales et l'information qui se tient du 4 au 6
octobre au Siège de la FAO, à Rome.
En organisant cette Consultation, la FAO a voulu attirer l'attention
sur l'importance de l'information dans la promotion des femmes
et, aussi, sur la nécessité de disposer de données
statistiques fiables sur les femmes rurales lors de la formulation
de politiques nationales de développement rural et agricole.
Des ministres et d'autres responsables gouvernementaux des Etats
membres de la FAO participent à cette Consultation aux
côtés de responsables d'agences internationales et
d'organisations non gouvernementales (ONG). Sont également
présentes la Première Dame du Sénégal,
Madame Elizabeth Diouf, en sa qualité de Présidente
du Comité directeur international pour la promotion des
femmes rurales, le ministre suédois de l'agriculture et
de l'égalité des chances, Madame Margareta Winberg,
et la Sous-Secrétaire générale et Conseillère
spéciale du Secrétaire général de
l'ONU pour la promotion des femmes, Madame Angela King, qui délivrera
un message de Monsieur Kofi Annan. Mesdames Winberg et King animeront
deux tables rondes auxquelles participeront des experts en développement,
égalité des chances et communication.
La demande sur les produits alimentaires devrait augmenter fortement,
parallèlement à l'accroissement de la population:
il faudra nourrir 2,1 milliards d'habitants additionnels d'ici
à 2030, selon la FAO. Dans la plupart des pays en développement,
le rôle des femmes dans la production agricole sera de plus
en plus crucial; à l'heure actuelle, leur part dans la
production vivrière varie de 50 à 90 pour cent en
Asie et atteint 80 à 90 pour cent en Afrique subsaharienne,
toujours selon la FAO.
"Sans les femmes rurales, la sécurité alimentaire
restera longtemps une utopie", a déclaré M.
Diouf qui a relevé "le phénomène alarmant
de féminisation progressive de la pauvreté"
dans certaines parties du monde en développement du fait
des obstacles qui entravent l'accès des femmes à
la terre, au crédit, à l'éducation, à
la formation et aux nouvelles technologies.
Tout en rappelant que la contribution essentielle des femmes rurales
au développement économique et social a été
largement documentée et n'est plus remise en cause, Monsieur
Diouf a lancé un appel pour la production et la diffusion
d'une meilleure information sur les femmes rurales et invité
les dirigeants à tenir compte des réalités
économiques lors de l'élaboration des politiques
nationales. Enfin, il a souligné le rôle primordial
des médias et des nouvelles technologies de la communication
et leur influence sur la formulation de politiques et la perception
du problème des femmes rurales.