PRESENTATION DU SECTEUR AGRUMICOLE DU GHARBÝ(38)
El hasnaoui A
Programme des agrumes El Menzeh
Importance des agrumes au Gharb (38 )
Dans la région du Gharb, le secteur des agrumes joue un rôle socio-économique de premier choix avec une superficie de 16 900 ha soit 72% de la superficie arboricole totale.
Le profil varietal est assez diversifié avec prédominance des oranges 90%; La Maroc-Late constitue la principale variété avec 5S% du total planté suivie de la W-Navel 20%, la sanguine 12% et les clémentines représentent 8%.
L'analyse de la pyramide des âge des plantations agrumicoles montre que la région du Gharb se caractérise par un vieillissement prononcé. En effet, les plantations âgées de plus de 35 ans y représentent plus de 56% contre seulement 22% pour un verger équilibré; ce qui montre l'insuffisance du renouvellement au niveau de cette région. Les plantations en pleine production ( 10 à 34 ans) représentent par contre une faible part: près de 25% contre 56% pour un verger équilibre.
La superficie agrumicole a subi une importante régression (environ 21,4%) depuis le début des années 80 jusqu'à maintenant, passant de 21500 ha en 1980/81 a 16900 ha en 1997/98 et ce en raison des remplacements des plantations arrachées par d'autres espèces fruitières. On constate aussi que la superficie agrumicole dans le secteur non équipé par l'ORAVAG a marqué une légère tendance à l'augmentation ces dix dernières années en comparaison à celle du secteur équipé.
La part de la SODEA dans le secteur agrumicole est environ 45% de la superficie plantée des agrumes.
L'irrigation des agrumes au niveau du Gharb se caractérise par la prédominance du système gravitaire qui concerne 92,4% de la superficie agrumicole totale.
Les systèmes d'irrigation permettant l'économie d'eau ne représentent que (7,6%) dont 3.5% pour l'aspersion, 2,9% pour le micro-jet et 1,2% pour le goutte à goutte.
Evolution des productions et des exportations
L'évolution de la production agrumicole depuis la compagne 80/81 montre une instabilité prononcée d'une compagne à l'autre en raison notamment de l'effet de l'alternance biologique des arbres et des conditions climatiques (figure 3 et 4). Cependant, la production a marqué une tendance à la baisse: 380.000T/ (production moyenne) durant 1.1 période 1981/85 contre 3~0.000T au cours du dernier quinquina 94/98 soit une réduction de 16%.
Le tonnage des agrumes exporté de la région du Gharb a connu au cours des 10 dernières années une diminution progressive: 264.000T en 1989/90 à 100.000T en 97/98 soit une réduction de (62%).Il est important de noter aussi une diminution du rendement a l'export qui est passé de 70% en 1989/90 à 31% en 1997/98.
Contribution du Gharb dans la production nationale
La production du Gharb représente près d'un cinquième de la production nationale et les exportations du Gharb ne constituent que 16,4% des exportations nationales des agrumes . (Tableau)
| Gharb 1 | Natio.2 | (1)/(2) | |
| Superf.(ha) |
16900 |
74500 |
22,7 |
| Produc.(T) |
321450 |
1590000 |
20,2 |
| Expo. (T) |
100000 |
610000 |
16,4 |
Les résultats préliminaires d'une enquête (menée par El hasnaoui A, Agro-Economiste INRA-EI Menzeh) au niveau de la région du Gharb (]997/1998) montrent que le coût total de production d'agrumes pour l'ensemble des agriculteurs enquêtés est en moyenne égal a 50 DH/Ha avec un écart type de 4832 DH/Ha.Le coût moyen est de 712 DH/T(E.T - 261 )
Importance socio-économique du secteur agrumicole
Les agrumes constituent une source importante de recettes pour les agrumiculteurs de la région.
Par les exportations, la région contribue dans les recettes en devise pour le pays.
Ils approvisionnent et maintiennent en activité une industrie de conditionnement et de transformation. Il est à noter que la région du Gharb dispose de ~ stations de conditionnement des agrumes ayant une capacité de 140.00T/an et une unité de fabrication de jus d'orange (FRUMAT Kénitra) avec une capacité de 90.000T/an.
Le secteur agrumicole contribue à la création d7un nombre d'emploi très important au sein de plusieurs branches d'activité.
Au niveau des exploitations agricoles, les agrumes utilisent une main d'oeuvre importante (2. 500.000JT/an).
Le secteur agro-industriel est également générateur d'emplois à travers les 5 unités de conditionnement et l'unité de transformation FRUMAT Kénitra.
Les agrumes consomment des quantités importantes d'intrants (engrais, produits phytosanitaires, etc) ce qui favorise le développement de l'activité commerciale en amont de la production.
Les contraintes du développement du secteur agrumicole du Gharb
Production
- Faible productivité due essentiellement au vieillissement des plantations.
- Profil variétal dominé par les variétés précoces (Clémentines et Navels) et tardives (Maroc- Latc).
- Inadaptation du profil variétal aux exigences des marchés extérieurs.
- Technicité des agrumiculteurs insuffisante surtout en matière de production de fruits de qualité.
Commercialisation
- Exportation difficilement maîtrisable.
-Concurrence acharnée par les pays concurrents et en particulier l'Espagne.
- La désorganisation du marché intérieur (multitude d'intermédiaires).
- L'irrégularité de l'approvisionnement des usines de transformation.
- Inadaptation des équipements des stations de conditionnement aux impératifs des marchés extérieurs, et faibles niveaux de technicité des employés.
Aspects organisationnels
- Absence de groupements d'agrumiculteurs pour une meilleure organisation de la commercialisation.
M. El Bekkaoui - SASMA - Sidi Slimane
Dans le souci de donner une image assez complète de l'état phytosanitaire du verger du Gharb les appréciations du terrain ont été complétées par des analyses des écarts de triage dans les stations de conditionnement.
Les observations du terrain montrent que les maladies, psoroses et gommose, sont prédominantes au niveau des: vieilles plantations; Quant aux ravageurs, le pou de Californie reste incontestablement le parasite le plus répandu.
Au niveau des stations de conditionnement, où les écarts de triage ont représenté en moyenne 43% de la production livrée sur les l 0 dernières campagnes, les anomalies dominantes sont: le petit calibre, les défauts de cueillette, les marbrures et les dégâts dus aux différents ravageurs.
En 1995/96, les écarts de triage imputables aux ravageurs ont varié de: 4,5% du T V. au niveau de la Maroc Late à 8,5% au niveau de la Washington sanguine. Ces résultats ont montré également que le pou de Californie est le principal ravageur avec en moyenne: 2,95% d'écarts sur la Maroc Late et 3,76% sur la W. sanguine.
En fin, ce sondage a montré également que la lutte phytosanitaire est satisfaisante dans 60% des cas examinés alors que la maîtrise est faible, voire défaillante dans les 40% de cas restants.
Ahmed Boughdad *
et Taoufiq Benziane *
L'analyse des travaux consultés relatifs aux ravageurs associés aux agrumes dans le Gharb a permis de dresser la liste de ceux-ci, de dégager les aspects biologiques et écologiques cernés ainsi que les mesures de lutte mises en uvre contre ces ravageurs. Plus de 50 espèces zoologiques peuvent s'attaquer aux agrumes dans le Gharb. Elles concernent des invertébrés et des petits vertébrés. Parmi les invertébrés, on rencontre des insectes (40 espèces), des acariens (6 espèces), des nématodes (l espèce), des mollusques (2 espèces). Les vertébrés concernent des oiseaux (2 espèces) et des rongeurs (1 espèce). Les principaux ravageurs permanents sont cependant très peu nombreux, on y rencontre 34 espèces de cochenilles, la mineuse des feuilles, la cératite, 3 espèces de pucerons, une espèce d'aleurodes et 2-3 espèces d'acariens.
En plus des monographies classiques, les études sur les ravageurs des agrumes entrepnses dans le Gharb ont concerné principalement des Gochenilles, des aleurodes, des acariens et la mineuse; elles ont abordé différents aspects relatifs à la biologie-écologie de ces déprédateurs ainsi que des méthodes de lutte chimiques et bio10giques.
Actuellement les méthodes de lutte utilisées, contre les principallx ravageurs des agrumes dans le Gharb, consistent en des traitements chimiques conventionnels reposant sur des calendriers préétablis; les depenses annuelles imparties au poste phytosanitaire représentent de 15 à 30% des dépenses globales. Les pesticides utilisés sont généralement des organophosphorés polyvalents.
L'utilisation des pesticides dans la protection des agrumes n'est certes pas sans inconvénients. En effet, des problèmes de r~sidus, des phénomènes de resistances ainsi que l'impact des pesticides sur les auxiliaires naturels et sur l'environnement sont à craindre; des études dans ce sens sont en cours. Il faut cependant noter que certains producteurs commencent à raisonner leurs interventions chimiques. Des essais de lutte biologique contre certains ravageurs sont également en cours dans îe Gharb.
Pour éviter ou réduire les effets négatifs des pesticides en agrumiculture, un programme de lutte intégrée combinant l'impact des techniques culturales et la rationalisation des traitements contre les ravageurs étudiés par l'adoption des seuils et l'utilisation des produits sélectifs peut pallier ces inconvénients à court terme. Des études approfondies des ravageurs non encore etudiés dans la région ainsi que la recherche de methodes alternatives de lutte sont à envisager à moyen et long termes.