Terre et Vie , Nos 15-16, Février, Mars et no 17, Avril 1995
MAMVA - Direction des Eaux et Forêts et de la Conservation Foncière - Novembre 1994
1 Causes
Au Maroc, les problèmes de désertification sont les résultats de la conjugaison de nombreux facteurs tant naturels qu'anthropiques dont les effets se trouvent amplifiées par des modes et systèmes inappropriés d'exploitation des ressources naturelles disponibles. Ces problèmes ne manifestent dans la dégradation des terres et du couvert végétal conduisant à l'affaiblissement des ressources productives qui est le corollaire d'une dégradation des conditions d'existence des populations dans les zones arides, semi arides et subhumides sèches et à une vulnérabilité accrue de celles-ci en cas des moindres crises climatiques.
Plus explicitement, les facteurs qui favorisent le déclenchement et l'accentuation de la désertification résident en :
- Une aridité du climat qui concerne près de 93% du territoire national accentuée par une variabilité annuelle et inter-annuelle des pluies.
- Une pauvreté et fragilité des sols dûes, essentiellement, à leur faible teneur en matière organique et à des utilisations incompatibles avec le principe de leur conservation.
- Une dégradation continue du couvert végétal constamment sollicité pour la satisfaction des besoins des populations en terrains de culture (défrichement), en bois de feu et en ressources fourragères pour le cheptel.
En plus du fait que la végétation naturelle est en équilibre fragile avec les conditions du milieu, le taux de boisement de 7,8% reste faible comparé à l'optimum généralement admis de 15% à 20%. Le tableau (1) fait apparaître le taux de boisement pour les différentes régions économiques:
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| Sud | 2.128.900 | 5,4 |
| Tensift | 654.500 | 17,0 |
| Centre | 682.400 | 16,4 |
| Nord Ouest | 766.400 | 25,6 |
| Centre Nord | 1.385.500 | 31,5 |
| Centre Sud | 706.300 | 8,9 |
| Oriental | 2.645.400 | 31,9 |
- Une érosion hydrique intense notamment dans les zones à pluviosité élevée.
- Une pression démographique de plus en plus forte; la population du Maroc est estimée à 25 millions d'habitants en 1990 contre 15,4 millions vingt ans plutôt.
Au niveau des différents écosystèmes, l'analyse des problèmes de la désertification, effectuée dans le cadre du Plan National de Lutte Contre la Désertification, a révélé que:
* Dans l'écosystème agricole, le processus de désertification est favorisé par des pratiques culturelles inadaptées, une faible utilisation des intrants et une salinisation dûe au mauvais drainage et à la remontée de la nappe.
* En milieu pastoral, la désertification est le résultat du mode d'exploitation des terres de parcours en association entre usagers et non usagers, d'un systèmes parcours et d'une gestion de troupeau basée, essentiellement, sur la recherche d'un nombre élevé de têtes au détriment de la production.
* Pour l'écosystème forestier, le phénomène de désertification résulte de l'exercice des droits d'usages devenus, avec le temps, imprécis, du sous équipement des forêts et des prélèvement incontrôlés et abusifs, notamment de bois de feu, par des populations riveraines des forêts.
2.2Ampleur et conséquences de la désertification
Parmi les causes précitées, celles qui revêtent une ampleur particulière sont :
- La régression du couvert végétal forestier d'environ 31.000 ha/an suite aux défrichements aux prélèvements pour les besoins en bois d'énergie et aux incendies:
- Les défrichements: Les terres de cultures productives se font de plus en plus rares et la pression s'exerce, de plus en plus, sur les forêts et les terrains de parcours. Des études récentes, bien que localisées, ont fait apparaître que près de 180.000 ha de nappes alfatières ont disparu depuis 1950 à la suite de défrichement pour une céréaliculture ininérante et qu'environ 6.000 ha de forêts sont annuellement, et irreversiblement, perdus dans les provinces d'Al Hoceima, Azilal et Taza également par suite des défrichements.
- Les besoins en bois d'énergie: La consommation de combustibles ligneux se caractérise par des prélèvements excèdent de la possibilité de renouvellement des formations végétales puisqu'il est estimé que près de 10 millions de m3 de bois d'énergie sont annuellement prélevés des forêts dont la possibilité ne dépasse guère 3,3 millions de m3 entraînant ainsi une forte régression des formations naturelles ligneuses du pays. Cette consommation correspond à l'équivalent de la production d'au moins 22.000 ha/an.
Le bois de feu, destiné principalement aux usages domestiques et traditionnels fournit presque 30% du total du bilan énergétique national. La différence entre les possibilités de production et les prélèvements est de l'ordre de 70% au niveau national et varie de 41% à 78% selon les régions économiques comme le précise le tableau (2)
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| Régions Economiques |
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Prélèvements (m3/an) |
| Sud | 345.100 | 1.150.000 |
| Tensift | 356.600 | 1.646.700 |
| Centre | 442.500 | 1.887.100 |
| Nord Ouest | 869.800 | 2.243.900 |
| Centre Nord | 592.100 | 1.773.100 |
| centre Sud | 402.500 | 833.200 |
| Oriental | 332.600 | 563.400 |
| Total | 3.341.200 | 10.097.400 |
* Les incendies: Les incendies détruisent près de 3.000 ha/an de forêts et de nappes alfatières.
* Le surpâturage: L'espace pastoral s'amenuise d'année en année par suite de la pratique d'une céréaliculture itinérante, du surpâturage, de la sécheresse et des incendies. Entre 20.000 et 80.000 ha de parcours d'alfa et d'armoise sont annuellement mis en culture; le surpâturage, quant à lui, se traduit par des prélèvements dépassant de 23% les possibilités des milieux concernés.
* L'érosion hydrique: la généralisation de l'érosion hydrique menace presque la totalité du territoire Marocain avec des dégradations spécifiques dépassant 2.000t/km2/an dans les versants rifains. Cette érosion entraîne des pertes du capital sol dépassant 20 t/ha/an dans le Rif et se situant entre 5 et 10 t/ha/an dans le moyen et le Haut Atlas..Sur les 22.700.000 ha du Maroc septentrional, près de 12,5 millions d'hectares de terres de cultures et de parcours sont soumis à des risques d'érosion hydrique plus au moins élevés; les 2/3 des terres de cultures nécessitent des interventions urgentes par des mesures sévères de conservation des sols.
Par grand bassin hydrologique, les terres fortement érodées nécessitant des mesures sévères de conservation des sols et celles à exclure de toute mise en valeur par des cultures se résument comme indiqué dans le tableau (3)
| Bassin hydrologique | terres nécessitant des mesures sévéres de conservation sol | % | Terres à ne pas cultiver | % |
| Bouregreg chaouia | 749.000 | 14 | 984.000 | 54 |
| Oum Er-Rabiâ | 520.000 | 15 | 1.790.000 | 53 |
| Tensift/Abda/Doukkala | 618.000 | 19 | 1.686.000 | 51 |
| Sous Massa/ Haha | 472.000 | 16 | 2.303.000 | 76 |
| Sebou | 727.000 | 19 | 3.463.000 | 65 |
| Moulouya | 469.000 | 9 | 3.950.000 | 73 |
| Atlantique Nord et Bordure méditerranéenne | 509.000 | 25 | 1.370.000 | 64 |
| Total | 4.064.000 | 18 | 14.482.000 | 64 |
La conséquence des phénomènes d'érosion la plus spectaculaire réside dans le transport, vers l'aval, des alluvions qui, en s'accumulant dans les retenues des barrages réduisent leur capacité de régulation. La possibilité de stockage de 50 à 60 millions de m3 d'eau dans les barrages est annuellement perdue soit une perte en possibilité d'irrigation de 5.000 à 6.000 ha/an. La capacité de stockage perdue jusqu'a présent est estimée à 500 millions de m3.
- La salinisation: Le problème de la salinisation et de la remontée de la nappe touche presque tous les grands périmètres irrigués; une superficie de 37.000 ha (sur 414.000 ha étudiés) sont concernés par la salinisation ou l'alcalinisation. Dans les seules provinces d'Ouarzazate et d'Errachidia, il est estimé que 22.000 ha de terres irriguées et 5 millions d'hectares de terrains de parcours sont touchés par la salinisation qui y conjugue ses effets avec ceux de l'ensablement.
- L'érosion éolienne: Dans les régions Sud du pays l'ensablement, dû à l'érosion éolienne, constitue l'une des principales manifestations de la désertification. Des dizaines de petites retenues et des centaines de séguias sont mise hors d'usage après seulement une courte période de fonctionnement (10 à 15 ans) sous l'effet de l'ensablement; dans ces mêmes régions des agglomérations rurales, des palmeraies et des voies de communications souffrent également de ce phénomène.
- La pollution de l'eau: En matière de la qualité des ressources en eau, il faut relever que la pollution résultant des activités humaines est importantes puisqu'elle peut entraîner la mort totale de certaines rivières et rivages marins et océaniques. Parfois les fosses sceptiques (environ 1.200.000 habitants déversent leurs eaux usées dans L'eutrophisation des rivières et des barrages est aussi l'une des conséquences principales de la pollution.
Réalisations et Perspectives d' Avenir
Stratégie poursuivie
Devant la situation du phénomène de désertification et de ses répercussions tant socio-économiques qu' environnemental, le Maroc a, depuis longtemps, initié des mesures susceptibles d'infléchir la tendance de ce phénomènes et d'en atténuer l'ampleur.
Le plan National, élaboré en 1986, a préconisé que la stratégie de lutte contre la désertification repose sur les objectifs de maintien du potentiel forestier et des équilibres naturels, de satisfaction des besoins prioritaires de la population, de complémentarité entre la forêt et les activités agricoles et d'amélioration des écosystèmes pastoraux.
La concrétisation de cette stratégie devait être basée sur l'amélioration du niveau de vie des populations par la mise en uvre des projets de développement agricoles intégrés, la mobilisation des ressources en eau de surface à travers l'édification de barrages et lacs collinaires, l'aménagement et l'amélioration des parcours, la lutte contre l'érosion hydrique et éolienne (ensablement), la conduite des actions en mesures de permettre une meilleure conservation des forêts et la création de parcs nationaux et des réserves biologiques.
L'ampleur des problèmes d'érosion et la politique du pays en matière de mobilisation des ressources en eau de surface ont conduit à l'adoption d'une approche cherchant l'intégration de la complémentarité entre les interventions de conservation de la productivité des sols à l'amont et la protection des infrastructures hydro-agricoles à l'aval.
Sur le plan des réalisations
i) En matière de planification et programmation: Pour une meilleur prévision, programmation et coordination, les différentes actions de lutte contre la désertification ont fait l'objet d'élaboration de plans/programmes à court, moyen et long termes. Parmi ceux-ci:
- Le plan National de Reboisement visant la plantation de 660.00 ha l'horizon 2000 adopté en 1970; ce plan fait actuellement l'objet d'une actualisation en vue de définir, dans une perspective de 30 ans, les besoins du pays en reboisement pour répondre aux objectifs de production ligneuse, de protection des terres et de récréation.
- L'étude de reconnaissance des problèmes d'érosion hydrique au niveau national a été élaborée en 1970 et le Plan national d'Aménagement des Bassins versants, devant définir les priorités d'intervention et les moyens et ressources à mettre en oeuvre est en cours d'achèvement. Les premières conclusions de cette étude ont arrêté les priorités d'interventions comme suit: (Tab.4)
| Ordre de priorité | Bassin versant | Barrage dominé | Ordre de priorité | Bassin versant | Barrage dominé |
| 1 | Moulouya | Med V | 11 | N'Fis | lalla Takerkoust |
| 2 | Ouergha | El Wahda | 12 | Bouregreg | Med B. Abdellah |
| 3 | Lakhdar | Hassan II | 13 | Massa | Y. Ben Tachfine |
| 4 | Tassaout | My Youssef | 14 | O. Rabia | El Massira |
| 5 | Loukkos | O. El Makhazine | 15 | Ziz | Hassan Eddakhil |
| 6 | Inaouèn | Idriss I | 16 | Tleta | Ibn Batouta |
| 7 | Beht | El Kansara | 17 | Nakhla | Nakhla |
| 8 | El Abid | B. El Ouidane | 18 | Issen | Abdelmoumen |
| 9 | Draâ | Mansour Eddahbi | 19 | Mellah | Mellah |
| 10 | Neckor | Med El Khattabi |
- Le Programme National d'Irrigation (PNI) qui vise l'irrigation de 1.200.000 ha avec une meilleure maîtrise et rationalisation de la gestion des périmètres irrigués sur la base de la valorisation optimale de l'eau et sa protection contre la dégradation.
- Le Plan National de Lutte Contre la Désertification établi en 1986 qui a, en particulier, et sur la base de critères d'ordre écologique et socio-économiques, identifié 12 zones homogènes sur le plan de lutte contre la désertification et arrêté des types d'actions pour chacune d'elles. Deux priorités ont été arrêtées pour les interventions de lutte contre la désertification dans les zones homogènes:
* La première priorité concerne le cas où les problèmes de parcours et d'approvisionnement en bois de feu constituent la principale cause de la désertification; elle englobe les provinces de Tanger, Chefchaouen, Figuig, Kénitra, Ifrane, Azilal, Marrakech, El Jadida, Tiznit, Errachidia, Ouarzazate, Tan-Tan, Guelmim et les provinces sahariennes.
* La deuxième priorité est celle où l'un des deux facteurs, le parcours ou les prélèvements en bois de feu, constitue la cause principale de la désertification. Elle concerne les provinces d'Al Hoceima, Nador, Taounate, Khouribga, Béni Mellal, El Kelaâ, Settat, Safi et Essaouira pour le cas où le combustible ligneux est plus dommageable que le parcours et les provinces de Khémisset, Benslimane, Salé et Khénifra pour l'autre cas.
- Pour une meilleure connaissance des ressources forestières, un Inventaire National Forestier est en cours d'élaboration.
- Une étude visant l'identification d'un réseau d'aires protégées et l'établissement des plans d'aménagement et de gestion des principaux parcs nationaux est en cours d'établissement.
- Des études, nationales et régionales sont entreprises dans l'objectif d'évaluer les besoins nationaux en bois de feu.
Par ailleurs, il est à signaler que dans le cadre du processus de négociation de la convention internationale de lutte contre la désertification, une étude régionale visant la mise au point d'un modèle souple de programme d'actions sous régionale au niveau des pays de l'UMA a été élaborée.
Sur le plan des réalisations physiques
- En matière de mobilisation des ressources en eau: Des efforts soutenus ont été déployés depuis 1960. Plus de la moitié du potentiel en eaux est déjà mobilisée à l'heure actuelle, soit 8,02 milliards de m3 d'eau superficielle et 3,63 milliards d'eau souterraine.
La Maroc dispose actuellement de 80 barrages d'une capacité totale d'environ 10 milliards de m3 de même qu'entre 1984 et 1993, près de 60 lacs collinaires sont construits pour une capacité de 102 millions de m3. Les eaux superficielles régularisées par ces barrages participent à raison de 50% à la satisfaction des besoins en eu potable des viles et pour 20% dans la production de l'énergie au niveau national en année d'hydraulicité moyenne.
- En matière de développement agricole: Une superficie de 880.000 ha localisée en majeure parie dans des zones arides et semi-arides est actuellement irriguée de façon prérenne dont 496.000 ha en grande hydraulique et 384.000 ha en petite et moyenne hydraulique.
Les cultures irriguées contribuent pour 45% à la valeur ajoutée agricole et assurent la couverture des besoins de consommation nationale en sucre (50-60%) en lait et dérivés (55-60%) et en produits oléagineux (18-20%).
- Pour le développement de l'agriculture pluviale: l'Etat a mis en uvre 17 projets intégrés. Ces projets à prédominance agricole ou forestière, intègrent d'autres activités nécessaires à l'amélioration des conditions de vie des populations concernées.
- En matière de parcours: Le programme d'aménagement et de mise en valeur pastorale, entamé à partir des années 70 a permis l'identification de 19 périmètres d'améliorations pastorales et la constitution de 42 coopératives/groupement dans les différentes zones pastorales.
Dans le cadre de ce programme, les réalisations portent sur des travaux d'ensemencement et de plantation des terrains de parcours par des espèces pastorales herbacées ou arbustives et la mise en repos de la végétation naturelle dans les périmètres pastoraux; près de 30.000 ha sont plantés d'atriplex dans ce cadre.
En parallèle à ces actions, il est procédé au renforcement des infrastructures pastorales notamment en points d'eau pour l'abreuvement du cheptel. Par ailleurs, des études de base pour approfondir les connaissances sur le milieu naturel et son interaction avec l'homme et l'animal ont été entamées. De m^me, des observatoires pour le suivi et l'évaluation biologique de la végétation ont été installés dans les zones de parcours.
- Pour le secteur forestier: la politique poursuivie vise la conservation et le développement durables des ressources. Les réalisations ont portés sur la délimitation de près de 4.165.00ha de forêts et 300.000 ha de nappes alfatières, l'inventaire des ressources sur 2.446.000 ha, l'aménagement de 1.065.000 ha de forêts et 2.300.000 ha de nappes alfatières et le reboisement de près de 530.000 ha.
Les superficies actuellement reboisées sont pour 47% à base de résineux et pour 53% en feuillus. Ces plantations dont près de 25% sont effectuées sur terrains privés ou collectifs se repartissent par région économique comme suit: (Tab.5)
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| Région Economique |
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| Nord Ouest | 225.500 |
| Centre | 72.800 |
| Oriental | 71.300 |
| Centre Nord | 64.200 |
| Tensift | 43.300 |
| Centre Sud | 34.000 |
| Sud | 18.900 |
- Les interventions de lutte contre l'érosion et de conservation des sols:
Elles ont concerné plus de 444.000 ha et se résument en 99.000 ha de reboisement de protection, 240.000 ha de plantations fruitières, 77.000 ha d'améliorations pastorales et sylvo-pastorales e t 28.000 ha de travaux d'infiltration divers.
- La lutte contre l'ensablement: Plus de 28.900 ha de dunes maritimes ont été stabilisées pour la protection des villes et des infrastructures socio-économiques contre l'ensablement. Pour la lutte contre l'ensablement dans les zones continentales, une méthodologie a été mise au point et un programme de stabilisation des dunes est mis en uvre depuis 1978 dans les provinces méridionales du pays où les 620 ha de dunes stabilisées ont permis la protection de 22 villages abritant plus de 10.000 habitants, de 8.500 ha de palmeraies, de 26 km de canaux d'irrigation, de 18 Khéttaras et de 25 km de routes.
- La protection de la nature: L'Etat a entrepris la création de parcs nationaux et de réserves biologiques et de chasse en vue de sauvegarder le patrimoine faunistique et floristiquee du pays. Trois parcs nationaux (Toubkal, Tazeka et Souss-Massa) couvrant une superficie de 83.000 ha sont actuellement crées et en voie d'aménagement.
PERSPECTIVES D'AVENIR
Une meilleure maîtrise des actions de lutte contre la désertification nécessite plus particulièrement la conduite d'un processus consultatif et participatif entre les différents intervenants dont notamment l'engagement des populations locales qui constitue une condition essentielle de la pérennité des actions réalisées ou envisagées.
La disponibilité des outils de planification et de programmation e la capacité de mobilisation des moyens techniques et de financement suffisants et appropriés conditionnent également la réussite et l'efficacité des actions de lutte contre la désertification.
Dans cette optique, les perspectives d'avenir dans le domaine s'articuleront autour de :
1- L'achèvement des plans et programmes d'aménagement en cours dont:
- La Plan National d'Aménagement des Bassins Versants qui arrêtera pour les 20 années à venir, les priorités d'intervention ainsi que les possibilités de financement du dit plan.
- Le Plan Directeur des Reboisements qui permettra l'actualisation du plan adopté en 1970 sur la base des nouvelles demandes et possibilités du pays.
- Le Plan de gestion des Aires qui aboutira à l'identification des sites d'intérêt écologique et biologique à protéger ainsi qu'à l'établissement de plans d'aménagement pour 5 parcs nationaux.
- Le Programme National de conservation et de restauration des terres agricoles.
2- La recherche des voies et moyens de faire participer les populations aux différentes actions.
- Un modèle de gestion des bassins versants avec la participation des populations est en cours d'élaboration.
- L'organisation des bénéficiaires en groupements-coopératives pastoraux en vue de les impliquer davantage dans les processus de programmation, de mise en uvre et de suivi des opérations d'aménagement et à terme de les amener à prendre en charge la gestion des infrastructures et des ressources pastorales.
- L'organisation de l'approvisionnement des populations usagères des forêts à travers les groupements sylvo-pastoraux qui bénéficieront d'exploitation régulière à même de répondre à leurs besoins et à celui des villages avoisinants. Ces groupements peuvent, par ailleurs , être chargés de divers travaux forestiers (sylviculture, reboisement) leur assurant ainsi des revenus supplémentaires. De cette manière les populations deviendront des partenaires pour la conservation et le développement des forêts.
3- La mise au point d'un modèle de suivi de l'évolution de certains indicateurs tels que:
- Mise en place d'un dispositif de suivi et d'évaluation de la dynamique de la désertification au niveau national et régional;
- L'établissement d'un modèle de perte en terre propre au Maroc;
- La concrétisation du réseau d'observatoire écologique à long terme prévu dans le cadre des activités de l'OSS.
- La poursuite des expérimentations menées dans me domaine de l'efficacité des matériaux utilisés dans la lutte contre l'ensablement et la valorisation des dunes maritimes stabilisées par l'introduction de nouvelles espèces.
- La conduite d'un programme de recherches sur l'aménagement intégré des bassins versants.
4- L'initiation de nouveaux outils de planification comme:
- Le Plan National de Lutte Contre l'Ensablement qui permettra d'arrêter les besoins et les priorités et de mieux orienter les actions.
- La révision du Pan National de Lutte Contre la Désertification de manière à mieux répondre aux dispositions de la convention internationale sur la lutte contre la désertification et l'inscrire dans les cohérences régionales, ou sous régionales, préconisées par ladite convention.
5- L'intensification de programmes dans les domaines:
- Du renforcement de la capacité du pays en matière de mobilisation des ressources en eau par l'edification d'un grand barrage par an jusqu'à l'an 2000.
- De l'équipement des périmètres irrigables sur 250.000 ha et la réhabilitation des équipements hydro-agricoles sur 200.000 ha comme préconisé dans le cadre du programme national de l'irrigation.
- De l'aménagement des bassins versants sur la base des priorités arrêtées par le Plan National d'Aménagement des Bassins Versants et des études d'aménagement disponibles ou en cours au niveau de certains bassins versants.
- La conservation des ressources pastorales par le maintien, voire l'amélioration, du niveau de production par des techniques confirmées ainsi que la réhabilitation des parcours dégradés par des techniques les mieux appropriées.
- De l'exécution de programmes plus importants de reboisement aussi bien de production, de protection que de récréation dont le Plan Directeur de Reboisement en cours d'actualisation définira les surfaces à planter dans les 15, 20 et 30 prochaines années y compris la promotion des plantations villageois pour les besoins en bois d'énergie et l'agroforesterie.
- De la délimitation des forêts et des nappes alfatières, par l'exécution d'un programme d'environ 340.000 ha.
- La dotation de l'ensemble des forêts Marocaines d'un Plan d'Aménagement vers l'an 2010 soit un rythme annuel de l'ordre de 200.000 ha.
6- La recherche et mobilisation des ressources financières suffisantes et adaptées aux actions de lutte contre la désertification.