Terre et Vie , No 17, Avril 1995

 

Diversité biologique: L'avenir de

l'humanité en dépend (54)

 

Selon les informations rapportées par le Système Francophone d'Informations Agricoles, près de 20.000 espèces de plantes ou d'animaux vivant sous les tropiques disparaissent chaque année. Tellement vite que l'on ne connaît même pas tout ce qui vit et meurt sur notre planète. Les grandes encyclopédies animales et végétales recensent un million et demi-d'espèces... petit aperçu des cinq millions existantes selon les plus exéburants. Même en écoutant les modérés qui estiment le patrimoine de la planète à 10 millions d'espèces, certaines espèces resteront à jamais inconnues. Là où se situe la plus grande diversité biologique des espèces dix sept millions d'hectares disparaissent et cela concerne les forêts tropicales.

Quand l'urgent c'est de manger, peu importe le nombre d'arbres, de plantes, d'animaux sacrifiés sur l'autel des cultures vivrières. En Inde, dix variétés de riz couvriront l'essentiel des rizières où poussaient autrefois plus de 30 milles variétés.

Défrichage, surpaturâge, culture sur brûlés, exploitation du bois, pesticides, pollution, urbanisation incontrôlée, etc... les causes de destruction de la nature sont aujourd'hui bien connues.

Conscients de ce problème, l'organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture le PNUD et la Banque Mondiale mènent une action conjointe visant à améliorer le rendement et la qualité des cultures qui fournissent 75% des ressources alimentaires et des besoins en protéines. Pour appuyer la recherche, plus de 500 milles échantillons d'espèces alimentaires, fourragères et forestières ont été collectés et sont conservés dans des banques de gènes.

Selon les données de la FAO, la valeur des espèces végétales du tiers monde pour la seule industrie pharmaceutique est estimée à plus de 30 milliards de dollars US. Tandisque plus de 90% de la diversité biologique restant sur le globe se trouve en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud.

Evidemment, la nécessité du maintien de la biodiversité tant au Nord qu'au Sud n'est plus à démontrer, les moyens de la préserver sont encore à affiner. Mais dans tous les cas et pour reprendre vincent Tardien, auteur de "Forêt des Hommes", <<les silences de la nature ne durent jamais bien longtemps. Elle trouve toujours les mots, souvent abrupts, pour nous rappeler à nos obligations envers elle>>.

M. B. Ali