"Les services météorologiques destinés au public", thème de la journée mondiale de la météorologie.
La journée météorologique mondiale est célébrée chaque année le 23 Mars pour commémorer l'entrée en vigueur, ce jour-là de l'année 1950, de la convention de l'organisation météorologique mondiale (OMM).
L'OMM, une organisation inter-gouvernementale, avait alors remplacé l'ancienne organisation météorologique internationale (OMI), organisation non gouvernementale, créée en 1873.
Pour célébrer cette journée, le conseil exécutif de l'OMM a retenu, pour 1995, le thème des "services météorologiques destinés au public". Ce choix s'explique par la grande importance qu'attache L'OMM à la fourniture de services météorologiques propres à assurer la sécurité des personnes et des biens et la qualité de vie des citoyens.
Ce thème constitue également un Hommage aux services météorologiques et hydrologiques nationaux qui assurent 365 jours par an cette importance fonction d'utilité publique.
Dans son message traditionnel annuel, M. GODWIN O. P. OBASI, Secrétaire Général de l'OMM, a souligné que l'un des objectifs majeurs des services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) est de fournir au public des prévisions, des avis et une information météorologique, sous la forme et dans les délais voulus pour assurer la sécurité des personnes et des biens.
Pour focaliser l'attention sur ces services essentiels, a-t-il indiqué, le 11ème congrès météorologique mondial a décidé de créer un nouveau programme scientifique et technique: "programme des services météorologiques destinés au public" qui va plus loin que la simple fourniture de prévisions pour tel ou tel domaine d'application.
En établissant le programme des services météorologiques destinés au public, a-t-il ajouté, l'OMM a aussi pris en compte les grands problèmes environnementaux de l'heure, les exigences des membres et les progrès rapides de la science et de la technique. Le programme a donc pour vocation d'aider les membres à fournir au grand public des services de meilleure qualité, assorti de conseils pour une utilisation optimale, a précisé M. OBASI.
Offrir a public des services météorologiques de qualité, bien adaptés à ses besoin, est un bon moyen de lui faire prendre conscience de l'intérêt de l'information météorologique et hydrologique, a-t-il notamment indiqué.
Après avoir souligné que l'utilisation systématique de cette information contribue beaucoup à la sécurité des personnes et mis en relief les efforts inlassables déployés chaque jour par des milliers de météorologues et d'hydrologues dans l'intérêt de leurs concitoyens, M. OBASI a fait remarquer que la diffusion d'alertes précoces a contribué énormément à la diminution de pertes en vies humaines imputables notamment aux cyclones tropicaux.
Les pertes économiques dues aux catastrophes naturelles, particulièrement à ces cyclones, ont considérablement augmenté ces trente derniers années, a-t-il relevé, précisant que le montant total annuel des pertes imputables à certaines grandes catastrophes est passé de 3 à 4 milliards de dollars au début des années soixante à 25 à 35 milliards au début des années quatre-vingt-dix.
Le Secrétaire Général de l'OMM a indiqué que l'amélioration constante des prévisions et des systèmes d'avis a été déterminante, faisant remarquer dans ce contexte que le cyclone tropical qui s'est abattu sur le Bangladesh, au début de 1994, a fait environ 20 victimes contre plus de 130.000 en 1991 et quelque 300.000 en 1970.
Abordant l'évaluation des risques et de la prévision des crues pour laquelle l'OMM préconise une approche globale visant à rendre plus efficaces les efforts consentis pour limiter les pertes économiques et humaines résultant des inondations, M. OBASI a relevé que plus de 160 grandes crues sont été recensées dans le monde entre 1980 et 1985, au cours des quelles l'on a dénombre plus de 120.000 personnes tuées et blessées et 22 milliards de dollars de dégâts.
Ce qui concerne le traitement de la sécheresse, il a souligné que les services météorologiques et hydrologiques nationaux jouent un rôle non négligeable, notamment par la diffusion d'alertes précoces, citant comme exemple l'Afrique ou les centres de surveillance de la sécheresse établis a Naïrobi (Kenya) et Harare (Zimbabwe) ont pu annoncer suffisamment tôt la forte sécheresse qui a touché l'Est et le Sud du continent en 1991 et devait se prolonger jusqu'en 1993.
Face à ces catastrophiques naturelles, a-t-il ajouté, le météorologique a une double tâche : prévoir le lieu et l'ampleur de la catastrophe afin de pouvoir donner l'alerte à temps et contribuer à fournir des conseils avisés aux autorités responsables de l'élaboration et de l'application des plans et des dispositifs de prévention et d'atténuation.
Outre la prévention catastrophes naturelles, les services météorologiques et hydrologiques nationaux peuvent également faciliter la prise de décision au quotidien dans différents secteurs (Agriculture, ressources en eau, énergie, protection de l'environnement, génie civil, santé, surveillance de pollution, tourisme, loisirs et transport), a-t-il indiqué.
Après avoir souligné que la présentation et la diffusion de l'information météorologique revêtent une importance capitale et les personnes qui sont chargées de la transmettre au public doivent donc acquérir les compétences nécessaires, M. OBASI a insisté sur une formation appropriée au profit des personnes qui ont chargé de présenter les bulletins météorologiques à la télévision et à la radio afin que l'information qu'elles transmettent soit mieux comprise et mieux appréciée des usagers.Et M. OBASI de conclure que le choix des "services météorologiques destinés au public" comme thème de la journée météorologique mondiale offre l'occasion de démontrer aux gouvernements et au grand public la valeur de la contribution des météorologiques et des hydrologues à la sécurité des personnes et des biens et à la pratique d'un développement durable.
Depuis plus d'un siècle, l'OMM et l'OMI qui l'a précédée, coordonnent l'action menée au niveau international pour réduire les pertes en vies humaines et les dégâts matériels causes par les tempêtes, les crues et inondations, les sécheresse et autres catastrophes naturelles d'origine météorologiques ou hydrologiques nationaux de ses pays membres, l'OMM visée à réduire l'impact des phénomènes d'origine météorologique en diffusant des prévisions et avis systématiquement et fiables.
S'appuyant sur des données scientifiques relatives a l'état de l'atmosphères et du climat terrestres, l'organisation a émis en temps opportun des mises en gardes qui ont sensibilisé le monde entier aux dangers que représentent des problèmes écologiques majeures comme l'appauvrissement de la couche d'ozone, les pluies acides, les changements climatiques, les catastrophes naturelles et la pollution de l'air et de l'eau.
Grâce à la veille météorologique mondiale (un système de collecte et d'analyse des informations météorologiques et d'autres renseignements sur l'environnement), L'OMM a apporté une contribution unique en son genre à la coopération internationale.
C'est l'OMM qui a mené campagne sur les effets potentiels des changements climatiques comme le réchauffement de la planète, l'élèvation du niveau de la mer et des catastrophes naturelles, et elle a joué un rôle déterminant dans les négociations préalables à la convention des nations unies sur les changements climatiques qui a été signée en 1992 lors du sommet "planète terre" à Rio et est devenu en 1994 règle de droit international.
Les travaux de recherche scientifique sur les facteurs qui risque de provoquer des changements climatiques ont permis à l'organisation de participer aux travaux relatifs à la convention de Vienne pour la protection de la couche d'ozone et au protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone. L'OMM continue de surveiller la couche d'ozone et d'appeler l'attention de la communauté internationale sur les dangers qui la menacent par le biais de son système mondial d'observation de l'ozone et de la veille de l'atmosphère globale.
Le programme d'étude des océans tropicaux et de l'atmosphère du globe (Toga) a marqué un progrès décisif dans la prévention du climat.A l'issue d'une période de dix ans qui a pris fin en 1994, les expériences réalisées à ce titre sur les grandes oscillation observées dans le pacifique tropical au cours de périodes de réchauffement connues sur le nom de "El nino" ont permis de mieux prévoir ces phénomènes. Le programme Toga a également permis au pays de réduire leurs pertes économiques grâce à des pratiques agricoles et à une planification plus efficaces.
Au cours de la dernière décennie (1985/1994), L'OMM a attribué plus de 3.000 bourses d'études à des scientifiques et experts techniques de toutes les nationalités, permettant ainsi à des météorologistes et hudrologues opérationnels de plus de 150 pays d'améliorer leurs connaissances scientifiques et compétences techniques.
Par ailleurs, lors de la conférence organisée en septembre 1994 par l'OMM sur "les avantages économiques de la météorologie et de l'hydrologie", quelque 80 études de cas ont été présentées dont il ressort que le rapport coût-avantage de la fourniture de services météorologiques au secteur de l'agriculture et de l'ordre de 15 à 1.C'est-à-dire que chaque dollars dépensé pour prévoir le temps rapporte l'équivalent de 15 dollars à l'agriculteur.
Une autre étude réalisée en grande-Bretagne révèle que le s prévisions météorologiques permettent une économie annuelle de près de un milliard de livres sterling. Une troisième étude émanant du service météorologique national des états-unis indique que les services météorologiques fournis à l'aviation permettent à ce secteur d'économiser près de 500 millions de dollars par an.
Les progrès de la technique sont si rapides qu'il se pourrait bien que l'OMM parvienne, dès les premiers temps du troisième millénaire, à donner corps à sa conception d'un service météorologique idéal, tellement fiable que personne ne pourrait plus se laisser surprendre par des conditions météorologiques défavorables ou dangereuses et que chacun aurait le temps de faire ce qu'il faut pour préserver les vies humaines, éviter les accidents... et limiter les dégâts matériels.
Au Maroc, pays ou l'activité agricole occupe plus de 60 P.C de la population, la météorologie à toujours bénéficié d'un intérêt particulier. De grands efforts ont été déployés pour équiper le royaume de nombreuses stations d'observations agro-météorologiques.
La météorologie nationale dispose actuellement d'un important registre d'observations détaillées et complétés en provenance du monde entier et d'un réseau de stations d'observations et de surveillance sur l'ensemble du territoire du royaume, de Dakhla à Oujda. Ce potentiel est mis à la disposition des spécialistes pour l'élaboration d'un plan national efficace de conservation des sols et de lutte contre la désértification .