Ministère de l’agriculture de développement rural et des pèches maritimes.

Direction provinciale  de Chefchaouen.

 

 

Séminaire

« Travailler avec les organisations communautaires de base »

 

 

Monsieur le directeur régional des eaux et forêts,

Madame la représentante de la délégation de l’union européenne,

Mesdames et messieurs, 

 

J’ai le plaisir de vous accueillir et de vous remercier pour votre présence  aux travaux de ce séminaire. Lequel est le premier d’une série de quatre séminaires organisés par le projet MEDA autour du thème central du développement des zones rurales de la province de Chefchaouen. Cette série de séminaires doit nous permettre, à nous acteurs du développement, de poser les bases d’une stratégie de développement pour les espaces ruraux de la province.

Il nous a semblé naturel de débuter nos rencontres en choisissant de nous pencher sur l’un des acteurs fondamentaux du développement ; les organisations communautaires de base.

 

Mesdames et messieurs, 

 

Les organisations paysannes sont des partenaires essentiels du projet MEDA, de la direction provinciale de l’agriculture et plus généralement de l’ensemble des intervenants en matière de développement rural.

 

Depuis plusieurs années déjà les organisations professionnelles agricoles sont un partenaire et un vecteur pour les interventions du ministère de l’agriculture, pour plusieurs raisons :

·         elles permettent aux petits agriculteurs de gérer ou d’acquérir des moyens de production, comme l’eau d’irrigation à travers les AUEA,

·         elles offrent à leurs adhérents des services, du conseil ou encore des intrants, à l’instar de ce que les groupements ANOC peuvent faire ;

·         mais elles constituent surtout un formidable outil pour améliorer la part du revenu agricole captée par les agriculteurs en permettant d’assurer une meilleure valorisation de leur production.

 

A l’échelle nationale, le meilleur exemple reste certainement celui des coopératives laitières dont la réussite a permis à de nombreux agriculteurs d’augmenter leur revenu.

Au niveau de la province,  tout le monde connaît aujourd’hui la réussite de FEDOLIVE, qui exporte  son huile à travers les réseaux du commerce équitable.  

 

Ces réussites servent de modèles et ont guidé jusqu’ici les interventions du projet MEDA. Bien que l’attention portée aux organisations communautaires de base ait dépassé le cadre du secteur agricole (avec notamment les associations d’usagers de pistes ou de points d’eau) c’est dans ce domaine que le travail le plus important a été effectué.

 

Durant ces dernières années, près de 90 organisations, associations et coopératives ont été créées : AUEA, coopératives apicoles, cunicoles, ou encore oléicoles, pour la plupart elle sont entrées en phase de production.

Dans le cadre de notre travail, nous sommes allés loin en  appuyant ces organisations dans leur création mais aussi dans le démarrage de leur activité. Le projet a co-financé les investissements, mais a surtout veillé à la formation des membres des groupements et à leur accompagnement technique. Ce travail a été réalisé par les cadres de la DPA et par des prestataires extérieurs.

 

L’ensemble de nos efforts poursuit un objectif : doter les organisations paysannes de l’autonomie suffisante pour leur permettre de continuer leur développement après la fin du projet et de développer chez les responsable des groupements une culture de gestion pour favoriser l’appropriation et la durabilité des investissements mobilisés.

 

Mesdames et messieurs

 

La DPA et le projet MEDA ne sont pas les seuls intervenants à travailler avec des organisations communautaires. Les acteurs institutionnels du développement ainsi que les ONG développent pour la plupart des approches impliquant des groupements structurés de bénéficiaires.

 

L’objectif de notre rencontre est d’échanger nos expériences, toutes différentes bien qu’orientées vers le même but : initier et accompagner des processus de développement.

Echanger les résultats de nos efforts, analyser nos modes d’interventions devrait nous permettre d’identifier ce que nous pourrions qualifier de « meilleures pratiques ». Ce résultat serait le premier pas vers une harmonisation de nos démarches, qui faciliterait aux populations rurales l’accès aux diverses opportunités que nos institutions leur offrent.

 

Les travaux de ce séminaire constitue aussi un apport précieux aux processus mis en œuvre par l’Initiative Nationale de Développement Humain. Ce nouveau cadre politique fondé sur l’adoption d’approches participatives et partenariales pour la mise en œuvre des programmes publics nous exhorte aujourd’hui à améliorer nos modes d’intervention. Pour réussir le pari du développement nous nous devons de mettre les citoyens et leurs institutions de proximité au centre des processus.

 

Pour atteindre ce résultat il nous faudra au cours de ces deux journées de travail, faire preuve d’humilité en acceptant remettre nos propres pratiques en questions.

 

Je souhaite vivement que nous fassions tous, cet effort et que nous puissions au terme de notre travail élaborer des recommandations opérationnelles permettant d’améliorer la qualité de nos partenariats avec les organisations communautaires.

 

Je terminerai sur cette note d’optimisme en souhaitant bonne chance aux travaux de ce séminaire.

 

 

 

                                LE DIRECTEUR PROVINCIAL DE CHEFCHAOUEN

                                                  Dr CHRIQI ABDESLAM