MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE DEVELOPPEMENT RURAL

 ET DES PECHES MARITIMES

 

 

DIRECTION PROVINCIALE DE CHEFCHAOUEN

 

 

 

Mesdames et messieurs,

J’ai le grand plaisir de vous souhaiter la bienvenue à ce séminaire en mon nom propre et au nom de tous mes collègues à la DPA, au SPEF, à l’UGP et à l’assistance technique au projet MEDA Chefchaouen.

Nous voici donc de nouveau réuni, pour notre seconde rencontre durant laquelle nous réfléchirons cette fois sur l’agriculture de montagne.

 

Le choix du thème s’est naturellement imposé à nous, tant l’agriculture de montagne constitue un enjeu central dans notre province, à la fois pour le développement et pour la protection des ressources naturelles :

Au plan économique, le secteur agricole est vital dans la mesure où les agriculteurs sont dans la plupart des communes rurales de la province, les seuls agents économiques locaux ;

D’un point de vue environnemental, l’activité agricole est essentielle, contribuant à l’entretien des paysages et par delà à la conservation de la biodiversité. .

Mais, malgré son importance l’agriculture de montagne est aujourd’hui menacée. Aucune agriculture ne vit plus en autarcie et le rayon géographique des échanges ne cesse de s’élargir. Ce processus n’est pas nouveau mais il s’accentue nous menant droit à des économies agricoles totalement dépendantes du marché.

Cette accélération des échanges entraîne l’apparition de multiples concurrences territoriales et dans ce contexte la question des coûts de production devient essentielle. Malheureusement, force est de constater que l’avantage comparatif s’établit rarement en faveur de la montagne. A la lumière de ces évolutions, dans quelles conditions le maintien d’une agriculture de montagne est-il envisageable ?

 

Quatre grandes orientations, non exclusives les unes des autre, sont théoriquement possibles :

Comprimer les dépenses en s’engageant dans des modèles extensifs, ce qui suppose obligatoirement grandes exploitations et faible densité agricole.

Compenser les surcoûts par des aides directes aux agriculteurs.

Valoriser les productions spécifiques à la montagne et s’engager dans “la qualité”.

Diversifier les sources de revenus pour les familles agricoles en profitant de la multifonctionnalité de l’espace.

 

Le réalisme nous oblige à écarter les deux premières solutions : la densité de population dans nos montagnes ne permettra pas une migration vers des modèles extensifs et il est difficile d’imaginer une augmentation des transferts vers les zones rurales.

 

Il nous est en revanche possible d’aller vers une meilleure valorisation des productions phares de notre région : l’huile ; le miel ; les figues ; les amandes ; le fromage de chèvres, etc.

Il faut pour cela augmenter la compétitivité des produits sur les marchés :

·        En améliorant la productivité et la qualité des produits;

·        Mais surtout mettant en avant des qualités spécifiques de ces produits (origine, modes de culture) qui permettent d’en augmenter la valeur.

Il nous faut aussi prendre conscience que si pendant des années il a été possible de mettre sur le marché des produits sans réel souci de qualité, l’évolution de la réglementation mais surtout les mutations des marchés font qu’il n’est plus possible aujourd’hui d’adopter de telles stratégies.

 

Le maintien d’une agriculture de montagne dégageant suffisamment de valeur ajoutée pour assurer un revenu décent aux agriculteurs passe nécessairement par le développement d’une meilleure prise en compte des attentes des marchés, en travaillant plus sur la qualité de nos productions que sur leur volume.

Bien que le défi soit difficile à relever, il est de notre devoir à tous d’accompagner les agriculteurs dans cette mutation profonde. La première étape de ce travail de longue haleine est de disposer d’une vision prospective de ce que sera l’agriculture de montagne à Chefchaouen. C’est à nous, participant à ce séminaire, de produire cette vision et d’imaginer les voies permettant de l’atteindre.

Il faut se rendre compte de l'ampleur de la tâche. En effet  c’est un travail rendu encore plus difficile, par le fait d'intervenir sur un territoire qui connaît une extension de la cana biculture au dépend de l'agriculture conventionnelle; ce qui s'accompagne de la perte de savoir faire local et l'introduction de pratiques néfastes pour la durabilité de l'écosystème. C’est pourquoi je me permettrais de vous demander une implication forte au cours de ces trois jours.

Bon courage à tous, et que les travaux de ce séminaire soient les plus fructueux possibles.