L'économie et la gestion rationnelle des ressources hydrauliques dans le souci de subvenir aux besoins des différents consommateurs, est l'un des défis qui préoccupent, sans cesse, opérateurs économiques, experts et chercheurs de la région du Souss.
Réputée pour ses spécificités naturelles et climatiques souvent difficiles, cette région a du en effet faire face, tout au long de son histoire, a des périodes de sécheresse souvent lourdes de conséquences.
L'activité économique dans le Souss est certes très diversifiés avec un taux de croissance parmi le plus élevés au niveau national, mais ce développement a toujours été tributaire des ressources en eau qui sont limitées et même en constante régression malgré tous les efforts réalisés en matière de barrages et de techniques d'irrigation; la rareté des ressources en eau est même devenue un problème structurel nécessitant une réflexion scientifique profonde a même de déboucher sur la constitution d'un guide de conduite en matière de gestion de cette denrée précieuse.
Si le Maroc a connu, depuis les années 70, des périodes de sécheresse consécutives et a des intervalles rapprochées, le Souss a été la partie la plus affectée par ce phénomène; la sécheresse a conduit en effet à une baisse très sensible de la nappe phréatique, a des barrages presque à sec et une désertification qui gagne de plus en plus de terrain.
Aujourd'hui, l'importance stratégique de cette ressource est reconnue a l'échelle universelle, a tel point qu'elle est parfois source de conflit entre des états limitrophes ayant en commun des sources d'eau; de nos jours, l'eau est même considérée comme un facteur déterminant dans les rapports de force entre nations, eu égard a son importance capitale comme élément moteur pour le développement de l'ensemble des secteurs économiques.
La mobilisation de tous les moyens disponibles pour faire face à toute pénurle d'eau devient ainsi une priorité d'une extrême urgence pour toutes les nations; pour le Maroc, les infrastructures hydrauliques existantes ne permettent malheureusement de retenir que 12 milliards de M3 d'une capacité globale de 21 milliards M3, ce qui empêche de répondre aux besoins de la région en constante évolution.
A ce propos, le secrétaire général, du ministère de l'environnement a souligné, à l'occasion des journées d'étude sur "l'eau dans le Souss" tenues récemment à Agadir, que la consommation d'eau individuelle au Maroc est inférieure à la quantité minimale établie au niveau mondial qui est de 1000 M3 par an; Pour ce qui est de l'approvisionnement en eau potable du monde rural, seuls les besoins de 15 PC de la population sont satisfaits.
Outre les besoins en eau pour la consommation des ménages, il faut également ajouter, a t-il précisé, "l'irriguer d'environ 1300000 ha dans les deux prochaines décades et la satisfaction des besoins en eau des secteurs industriels, touristiques et autres activités de développement", indiquant qu'il se doit également de prendre en considération les transformations climatiques avec toutes leurs implications sur les ressources en eau.
Devant ce genre de défis, une évaluation globale des ressources existantes et qui peuvent être mobilisées (Nappes phréatiques, retenues des barrages, eaux usées et épurées, et éventuellemnt déssablement de l'eau de mer) s'avère nécessaire; Elle doit être complétée par une utilisation rationnelle des ressources disponibles et l'intégration de nouvelles techniques d'irrigation.
L'initiative prise par la faculté des sciences de débattre des défis de l'eau, témoigne de l'intérêt grandissant porte à cette question, non seulement de la part des chercheurs, mais également au niveau de tous les organismes publics et privés concernés par la gestion de l'eau, ainsi que de la part de l'ensemble de la population de cette gestion.
Car en dépit des infrastructures hydrauliques importantes qui ont vu le jour dans la région du Souss au cours des dernières années dans le cadre de la politique d'édification des barrages (5 barrages), la nécessité d'engager en permanence une réflexion profonde sur la rationalisation de l'utilisation des ressources en eau s'impose avec instance, surtout devant une pluviomêtrie limitée et une forte croissance de la demande, en particulier dans le domaine agricole qui accapare 90 PC des disponibilités en eau.
Devant cet état de fait, les participants aux journées d'étude sur "L'eau dans le Souss", ont recommandé la mobilisation totale des ressources en eau dans la région, la promotion de nouveaux projets de petites et moyennes hydraulique et le recours à l'usage des eaux non conventionnelles, à travers notamment la réutilisation des eaux usées épurées et le déssablement de l'eau de mer.
Dans le domaine de l'irrigation, ils ont incité à l'utilisation de nouvelles techniques permettant l'économie d'eau (goutte à goutte), la révision des systèmes tarifaires de l'eau d'irrigation et le plafonnement de toutes les extensions agricoles futures a un seuil qui tient compte de la disponibilité des ressources en eau.
Cet arsenal important de mesures à prendre d'urgence ne peut toutefois porter ses fruits que grâce à l'appui de la communauté scientifique régionale et nationale; A ce propos, force est de relever l'importance de l'intensification des recherches scientifiques sur l'eau et l'encouragement des échanges entre les différentes institutions concernés par la gestion de cette ressource précieuse mais souvent rare.