Royaume du Maroc

المملكة المغربية

 

 

 

 

 

 


Ministère de l’agriculture, du développement rural et des pêches maritimes.

وزارة الفلاحة والتنمية القروية والصيد البحري

 

Direction provinciale de l’agriculture de Khouribga

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stratégie de développement

agricole

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         Janvier 2007.

 

 

MONOGRAPHIE DE LA ZONE

 

Introduction

La province de Khouribga est située au centre du Maroc, appartenant à une zone bioclimatique semi –aride. Elle couvre une superficie totale de 425 000 ha.

Les principaux systèmes de productions sont dominés par le système agro-sylvo pastoral lié à la céréaliculture. C’est une zone à vocation d’élevage des petits ruminants par excellence.

 
I.  Milieu humain

 La population rurale totale est de l’ordre de 186159 (recensement 2004) résidant au niveau de 307 douars et formant en tout 27.000 exploitations agricoles (RGA 1996) dont 74% n’exerçant que l’activité agricole contre 26% pratiquant d’autres activités à côté de l’agriculture (commerce, artisanat etc..) 78% des exploitants sont sans niveau d’instruction; la main d’œuvre de ces exploitations est à 95% familiale.

Le nombre des communes rurales est de 26 réparties au niveau de trois cercles, à savoir Khouribga, Oued-zem et  Béjâad.

 La zone est caractérisée par un exode rural continu et une immigration des jeunes vers l’étranger. La composition ethnique de la population est constituée par des tribus arabes des Béni-Zemmour-Smâala, Béni-Khirane, Ouled Abdoune.

 

Le tableau suivant dresse l’évolution de la population de la Province de Khouribga de 1960 à 1994, avec une distinction des parts de la population rurale et urbaine.

 

Années

1960

1971

1982

1994

2004 (est)

Habitants

%

habitants

%

Habitants

%

habitants

%

Habitants

%

Urbaine

88.305

37

143.170

44

241.457

55

294.571

61

322.000

66

Rurale

148.472

63

183.134

56

195.545

45

186.155

39

169.000

34

TOTAL

236.77

100

326.304

100

437.002

100

480.726

100

491.000

100

 

            Au cours de cette période, la population a été marquée par ce qui suit :

 

·        Taux d’accroissement moyen : 2.34%

 

·        Densité moyenne : 128,7 ha/Km2

 

·        Population jeune : près des 2/3 ont moins de 25 ans

 

·        Forte urbanisation : Population urbaine passée de 37% de la population

                                     Totale en 1960 à  61% en 1994.

 

En l’an 2000, la population rurale ne représente plus que 34% du total, accusant ainsi une diminution de pré de 50% en l’espace de 4O ans, résultat d’une urbanisation accentuée amorcée de la population rurale depuis le début des années 90. Ceci est dû à la fois aux conditions de production et d’exploitation des terres agricoles  jugées précaires et à la récurrence de la sécheresse.

·                                La population active représente 47% de la population totale. Sa réparation par secteur d’activité montre que l’administration et les services occupent 42% de la population active, l’Agriculture et l’industrie se partagent le reste avec respectivement 28% et 30%.

 

 II . Milieu physique

A -  Le climat

La moyenne pluviométrique calculée sur les 20 dernières années  est de 350mm, avec une irrégularité inter et intra annuelle. Cette valeur associée à la température maximale (40°c) et minimale (-3°c) classe la province de Khouribga dans la zone semi aride à agriculture pluviale.

L’analyse de la pluviométrie sur les 20 dernières années a montré que le mois de janvier est le plus arrosé, un glissement des précipitations vers l’automne  a réduit le cycle de croissance de 180 jours dans les années soixante  à 90-100 jours entre les années 1995-2005. Le gradient des précipitations progresse du Sud Ouest vers l’Est de la province (voir les graphiques ci-dessous), les zones situées à l’extrême Sud Ouest reçoivent moins de précipitations (300mm), alors que les zones proches des bordures montagneuses du côté est sont les plus arrosées (450 mm).

Les graphiques par ordre dans la page suivante :

- Evolution pluviométrique à la station de Khouribga

- Les cycles de croissance durant les années soixante et quatre vingt dix

- L’évolution du gradient pluviométrique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B - Le relief

-                     Au Nord, la partie méridionale du plateau central est caractérisée par un paysage de montagne à aspect varié (500 m à plus de 1000 m) ;

-                     A l’Ouest, le massif de Khatouat s’élève à 800 m (Gnadiz) ;

-                     Au Sud Est, le relief est plus monotone, offre un paysage répétitif de collines  à 750 m d’altitude.

-                     Au centre, entre le plateau des phosphates et le plateau central du nord, une vallée de 6 à 8 Km de largeur et d’environ 30 Km de longueur, qui s’ouvre du coté Est sur les communes rurales de Béni Ikhlef/ Ouled Abdoun et  Béni Smir (Sid Daoui) du coté Ouest.

 C - Ressources en eau

Les ressources en eau de la province sont assez limitées, en effet ; les eaux de surface sont de plus en plus rares et de faibles débits, ils dépendent fortement des conditions climatiques. Tous les oueds existants sont intermitents. Quant aux ressources  en eau souterraines, elles sont très faibles vu la nature hydrogéologique du milieu. L’inclinaison vers le sud des formations géologiques entraîne le drainage des eaux infiltrées vers la plaine de Tadla.

    D - Le sol

En général, les sols les plus dominants dans la province sont peu profonds et en grande partie caillouteux, à l’exception des vallées, des dépressions où ils sont profonds et  moins pierreux, résultant d’une érosion alluviale et colluviale.

Au sud, il est caractérisé par l’existence d’une dalle  calcaire  qui affleure d’une façon sinusoïdale le sol et donne naissance à des terrains à caractère marginale appelés localement « makret »  de statut juridique collectif réservé pour le pâturage.

Au Nord, les sols sont  squelettiques et schisteux peu évolués dans leur formation. Quant au centre, ce sont les  sols les plus favorables, les principales classes rencontrées sont comme suit :

     Calci-magnésique, Iso humique, brunifiés sesquioxyde de fer.

 

 

E -Données agraires

* Superficie totale    : 425.000 has

* S.A.U.                      : 214.000 has

* Parcours                 : 54.000 has

* Inculte                      :   71.100 has

* Forêt                     :   83.900 has

Les parcours et la forêt représentent (38%)  de la superficie totale. Cet espace est une source importante dans l’alimentation du cheptel et contribue à hauteur de 13% dans le bilan fourrager ; mais la surexploitation de ce patrimoine a induit une forte dégradation des essences forestières et transforme la forêt en matorral tout en favorisant le développement d’une strate herbacée non désirée.

La SAU représente 51% de la superficie totale, elle est caractérisée par une dominance de la sole céréalière (80%), dont l’orge occupe le premier rang alors que les cultures fourragères restent très limitées et ne représentent que 1,2% de la SAU.

 

F – Cheptel

 

                    Les Bovins      :      45.000 têtes

                    Les Ovins      :      552.000 têtes

                    Les caprins :         91.000 têtes

                    Les équidés :         49.000 têtes

 

 

On note une stabilité relative au niveau des effectifs qui s’est maintenue après une forte réduction du cheptel durant la période 1980-1983, avec un enregistrement d’une mortalité élevée liée à l’effet sécheresse.

 

A noter enfin que toutes les exploitations agricoles pratiquent l’élevage. La majorité du cheptel est élevé dans des petites exploitations ayant une superficie de moins de 10 Has. Cette catégorie des exploitations  détient 62 % des ovins, 53 % des bovins et 70 % des caprins.

Les systèmes d’élevages les plus rencontrés sont les systèmes agro sylvo pastoraux et agropastoraux qui coiffent respectivement la province sur la partie Nord et Sud. Les éleveurs naisseurs engraisseurs, sont les types d’éleveurs qui composent ces systèmes. Alors que le centre de la province, le système céréalier qui intègre l’élevage est le plus dominat. Le type d’éleveurs, sont principalement des engraisseurs.  

 

III - Zones Agro climatiques homogènes

L’analyse des données monographiques, des résultats collectées à partir des rapports et des documents produits par la DPA/CT, et  des expériences tirées  des différents acteurs de développement ont permis de diviser la province de Khouribga en trois zones agro écologiques différentes :

·                                                                                Zone Agro-sylvopastorale (Z1)

·                                                                                Zone de céréaliculture (Z2)

·                                                                                Zone Agropastorale (Z3)

 

 

 

1) Zone Agro sylvo pastorale  (Z1):

 

C’est  la zone qui coiffe le nord de la province et touche 13 communes rurales d’une superficie totale de 220.900 ha dont 38% est représentée par l’espace forestier d’une essence forestière très dégradée alors que la SAU d’une superficie de 94.700 ha (43%) est couverte sur sa quasi totalité par la céréaliculture (80%). Cette zone est localisée sur un terrain en relief accidenté, l’écoulement des eaux pluviales a une tendance vers Oued Grou (Bassin Bouregreg) qui limite la zone dans sa partie nord.

La productivité végétale et animale reste très faible, suite à l’utilisation irrationnelle des intrants et à la conduite extensive des cultures et du cheptel, cette situation est le résultat d’une sécheresse répétitive, au surpâturage, le non respect de l’environnement, l’inadéquation entre l’encadrement et les besoins de la population rurale, ainsi que la structure de la taille des exploitations. 

 

En effet, la productivité chez les petits ruminants ne dépasse pas les 20 kg de PV/unité zootechnique et en moyenne 14 qx /ha pour les céréales dans les années dites favorables.

 

2) Zone de céréaliculture (Z2)

 

Cette zone occupe une superficie totale de 68.700 ha dont 63% est représentée par la SAU. Cette zone agro climatique est appelée zone de céréaliculture  (34.940 ha), elle est située dans une dépression au centre de la province, les sols sont favorables comparativement au reste de la province, mais des risques de gel entre les mois de décembre et de février, et du chergui (Mai) sont fortement à craindre.

Cette zone chevauche sur deux  cercles (Khouribga et Oued-zem) couvrant en totalité ou en partie 9 communes rurales. La PMH est localisée sur trois CR (lagfaf ; B.Khlef et Bir Mezoui) totalisant une superficie de 250 ha environ irrigués par des pompages individuels sur des parcelles de 0,6 ha en moyenne. Les cultures maraîchères et la luzerne, sont les principales cultures pratiquées en PMH.

Les agriculteurs sont des éleveurs engraisseurs, profitent des produits des élevages naisseurs de la zone du Nord et du Sud.

Cette zone connaît une immigration très marquée,  souci des  jeunes. C’est un phénomène socio-économique qui a favorisé plus de départ de la population active et a engendré par conséquence, l’indisponibilité de la main d’œuvre, le problème de succession de la gestion des exploitations et l’exode rural vers le centre urbain de Khouribga.

 

3) Zone Agropastorale (Z3)

 

La superficie totale de cette zone est de 130.400 ha, dont 41% sont représenté par les terrains collectifs fortement dégradés de caractère marginale appelé localement « Makret » qui s’étend du Sud Est au Sud Ouest; tandis que la SAU qui coiffe la partie nord de cette zone, elle  est estimée à 75.644 ha (58%).

Cette zone couvre le Sud  de la province, située sur un relief adouci entrecoupé par des vallées plus ou moins larges selon l’importance des cours d’eau des Oueds qui la sillonnent.

Ces vallées, où sont  concentrées les PMH. La superficie de ces PMH est emblavée à hauteur de 80% par l’oléiculture et les cultures maraîchères. Ces cultures sont irriguées soit par pompage, soit par gravité des eaux des résurgences (cas de Ain Kaîcher, Bougsayba…).

 

La productivité végétale reste aussi limitée suite aux effets de la sécheresse, l’utilisation des facteurs de production, voir même aussi la productivité animale sauf dans les Communes rurales d’Ouled Gouaouch, Béni zrantel, Chougran et Rouached ; zone berceau de la race jaune de Béjâad où la productivité du cheptel ovin est améliorée suite aux efforts déployés  par l’ANOC depuis 1986.

 

Dans la partie Sud-Ouest, l’office chérifien des phosphates  détient une grande partie et exploite des parts importantes des Communes rurales de Bir Mezoui – Boulanoir Ouled Abdoune, Fokra et M’fassis. On peut qualifier cette partie par une sous/zone en perturbation, due à l’incompatibilité  entre l’exploitation des phosphates et l’investissement en agriculture.

 

Stratégie de développement agricole préconisée dans la province de Khouribga

 

Les caractéristiques d’aridité du milieu physique, l’importance de l’espace pastoral (parcours collectifs et forestiers, inculte) et la dominance des cultures céréalières intégrées à l’élevage font que la filière viandes rouges et la filière céréalière sont les plus dominantes et méritent la priorité dans nos programmes de développement.

 

Le climat et la qualité des sols imposent des choix  à faire en matière de production, soit le fourrage lorsque les conditions du milieu sont défavorables, soit le grain lorsque les conditions du milieu sont favorables. Le graphique ci-après illustre cela :

 

Compte tenu de la vocation élevage qui prédomine dans la zone de Khouribga, les programmes de développement retenus par la DPA  sont axés sur le développement de la filière viande rouge via l’aménagement pastoral, le développement des cultures fourragères, l’amélioration génétique et l’encadrement sanitaire du cheptel, et de la filière céréalière en particulier l’orge à double fin.

D’autres filières moins importantes méritent aussi une attention particulière et commencent à prendre de l’ampleur ; il s’agit de la filière lait dans les périmètres de PMH et la filière oléicole.  

Les produits de terroirs dont recèle la province, notamment les figues de Aïn Kaicher et les PAM (Muscari attoupi) sont à développer également.

La stratégie qui sera suivi pour faciliter la mise en œuvre des programmes de développement s’appuie sur l’approche filière moyennant un système de vulgarisation axé sur les démonstrations, les voyages et les visites commentées, ainsi que l’organisation des producteurs pour chaque filière.

 

La formation et la mise à niveau des différents opérateurs des filières à l’échelle de la direction provinciale d’agriculture et des centres de travaux, des équipes/ filière seront constituées en parallèle. Ces équipes auront pour mission d’élaborer des diagnostics,  d’assurer la formation et le suivi des personnes ressources via des indicateurs spécifiques par composante. Ces dernières seront représentées ; d’une part par les exploitations pilotes, qui contribueront dans l’adoption du transfert de technologie et qui serviront comme des antennes d’appui à la démonstration pour le reste des agriculteurs de la province ; d’autre part, par les différentes formes d’organisation, soit professionnelles ou  à caractère de développement. Ces organisations auront pour mission de jouer le rôle d’interface entre la population et l’administration et c’est à travers des personnes élites que l’administration peut investir sur le renforcement des capacités locales pour instaurer à terme une durabilité   du processus de développement en partenariat avec les institutions de conseil, d’encadrement et de formation.

De même, les fils d’agriculteurs ayant subit des formations techniques ou d’apprentissages, doivent être associés aux manifestations agricoles (journées de sensibilisation,  voyages, essais…) dans l’objectif d’assurer la succession du pilotage des exploitations.

En d’autres termes, un réseau d’exploitations  pilotes et des organisations professionnelles ou rurales serait identifié et encadré de proximité; à travers duquel va être transféré l’ensemble du paquet technologique à la population selon les cartes de vocation et la nature des filières.

 

FILIERE CEREALIERE

 

I-SYSTEMES DE PRODUCTION

 

Le système de production végétale dans la Province est de type céréalier et se caractérise par: une dominance  de l'orge, la présence d'une part importante de la jachère qui commence à régresser suite à des limitations de la superficie agricole utile (SAU : 214.000 ha), une sole fourragère très réduite (2.554 Ha), une apparition et une extension des cultures  en PMH ;  principalement le maraîchage et la luzerne. La production végétale connaît une très faible utilisation des intrants, une mécanisation suffisante mais pas toujours disponible au temps opportun. Une utilisation généralisée du cover crop qui a contribué fortement à la compaction de certains sols. Les semences certifiées sont faiblement utilisées (5% du total des quantités des semences semées). Quant aux semences locales, elles sont relativement anciennes et à faible potentiel génétique. Les principales contraintes relevées sont ainsi liées aux conditions climatiques, aux sécheresses répétées, à la topographie et au faible potentiel des sols et au manque de la pratique des ressources fourragères.

Il parait que le système actuel de cultures intégrées à l’élevage culture/élevage ne couvre que partiellement les besoins du cheptel et rend la dépendance de plus en plus importante vis-à-vis du marché des aliments de bétail.  Or, il faut agir pour renforcer cette intégration, d’abord par une amélioration des parcours et de la jachère par l’introduction de nouvelles variétés et espèces adaptées (orge à double fin, mélanges fourragers, céréales/légumineuses, arbustes fourragers, cactus inerme). Ainsi, on peut s’attendre à une amélioration quantitative et qualitative des ressources fourragères, des stocks pour faire face aux sécheresses et par là de la rentabilité de l’élevage. D’autres actions d’information et de formation sont à entreprendre en parallèle ; notamment  l’utilisation des nouvelles ressources fourragères, des sous produits et des techniques de leur amélioration, le traitement de la paille, la technique des blocs alimentaires.

 

Le programme d’action proposé au terme de ce travail pour remédier aux contraintes prioritaires, inclut aussi un suivi et une évaluation technique et socio-économique des situations et des résultats ce qui est utile pour la progression de l’innovation technique et de la compréhension de ces systèmes de production.

La filière céréalière occupe une place importante dans les systèmes de culture des exploitations agricoles au niveau de la zone d'action de la DPA de Khouribga. Elle couvre une superficie de 173.500 Ha soit 80% de la superficie agricole utile. La culture d’orge représente la sole céréalière la plus dominante. L’importance réservée à cette culture est justifiée par son adaptation aux conditions pédoclimatiques de la zone et sa contribution dans l’alimentation aussi bien humaine qu’animale. La production céréalière connaît des fluctuations interannuelles très marquées par suite des sécheresses de plus en plus fréquentes.

Les rendements actuels restent en deçà du potentiel de la zone (15 qx/ha) et ce en liaison avec la conduite extensive de cette culture, la forte piérosité des sols, les grandes attaques des moineaux et des rats et la chute des prix en année de bonne production, ajouté à ceci la mise en culture sur des terres impropres à la céréaliculture en particulier les terrains en pente qu’il y a lieu d’utiliser comme pâturage moyennant un ensemencement fourrager ou plantation d’arbustes fourragers.

 

II-DIAGNOSTIC DE LA SITUATION ACTUELLE

 

Techniques culturales adoptées

1-                 Travaux du sol

Les travaux du sol sont généralement confiés à des prestataires peu qualifiés. Ces derniers, sous l'influence de fortes demandes groupées dans le temps, réalisent les travaux du sol de manière rapide et dans de mauvaises conditions. Le recouvrement des semences est en général réalisé au cover-crop, (60%). Le chisel et la charrue à disque sont peu utilisés (15%). L’araire est utilisé dans les terrains accidentés ce qui entraîne une répartition hétérogène des graines dans le sol aussi bien horizontalement qu’en profondeur.

D'autres part, les travaux du sol se font généralement après la chute des premières pluies. En effet, les travaux précoces du sol (avant le mois de Septembre) ne représentent que 2% de la superficie travaillée.

 

2-Semences

L’utilisation moyenne des semences sélectionnées des céréales s’élève à 13000 Qx par an, soit seulement 5 % de la quantité totale des semences utilisées. Le semis à la volée est le plus répandu dans la zone. Les doses varient selon la qualité des semences, l’espèce céréalière et le type du sol ; elles sont de l’ordre de 140 à 200 kg/ha pour l’orge et 120 à 150 kg/ha pour les blés. La période de semis s’étale entre le début du mois de novembre et la fin du mois de décembre. Dans la plupart des cas, les agriculteurs ne procèdent au semis qu’après des précipitations jugées suffisantes (sup. à 30 mm), ceci peut être expliqué par l’effet répétitif des années de sécheresse et la fragilité de la trésorerie des exploitants.

 

3-Fertilisation

D’une façon générale, les apports d’engrais restent très limités et non raisonnés. La superficie céréalière fertilisée est très réduite et n’atteint que 5% de la superficie totale réservée. Les formules d’engrais utilisés se limitent au 14-28-14 et au 19-38-0 à raison de 1 ql/ha comme engrais de fond,  l’urée 46% et l’ammonitrate 33,5% à raison de 0,5 ql/ha comme engrais de couverture au moment du stade tallage des céréales.

 

4-Protection phytosanitaire

A l’instar des engrais, l’utilisation des pesticides est rare et non raisonnée. En effet, le traitement des céréales se limite au traitement par le 2-4-D à une dose de 1 litre par ha.

 

5-Récolte

La superficie céréalière récoltée mécaniquement est d’environ 70 % de la superficie emblavée. Le reste est récolté manuellement et concerne les terrains accidentés de la partie nord de la Province. Les pertes moyennes à la récolte sont estimées à 20%.

6-Rendement

Les niveaux de rendements moyens observés en année normale des différentes espèces céréalières pratiquées dans la zone sont consignés dans le tableau ci-après :

 

Céréales

Rendement moyen

actuel (qx/ha)

Objectif

(qx/ha)

Blé dur

Blé tendre

Orge

8,5

10

12

10

16

19

 

D’une manière générale, les niveaux de rendement aussi bien en bour qu’en irrigué sont en deçà des potentialités agricoles de la zone. Cette situation s’explique par la faible maîtrise des techniques culturales notamment en matière de préparation du lit de semence, d’utilisation des facteurs de production à ceci s’ajoute les conditions climatiques défavorables.

Les niveaux actuels de la production agricole en général se situent bien en deçà des potentialités dégagées des études techniques et confirmées par les niveaux, relativement élevés, de productivité enregistrée chez certains agriculteurs et éleveurs pilotes. Ce qui traduit la nécessité de l’intensification des actions de transfert de technologie et à la recherche d’un assolement optimisé.

 

6-Commercialisation et valorisation des productions végétales

La production du blé tendre est commercialisée essentiellement soit au niveau des souks de la région,  soit  en partie livrée à la CMA d’Oued-Zem. Les productions de blé dur et d’orge sont, en grande partie, gardées à l’exploitation pour la consommation  humaine et l’alimentation animale. Les prix des céréales sont variables d’une manière intra et inter campagne. En bonne année agricole, on assiste à l’effondrement des prix en particulier celui de l’orge induisant des réductions considérables des revenus des agriculteurs. Les défaillances des circuits de commercialisation et de valorisation des productions ainsi que le manque d'organisation des agriculteurs, ne permettent pas de rentabiliser la filière céréalière et enregistre des manques à gagner au niveau des revenus des agriculteurs.

 

III-STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE CEREALIERE

 

La stratégie de développement de la filière céréalière s’articule autour des principaux axes suivants :

L’adaptation de la sole céréalière aux écosystèmes de la zone marquée par le caractère semi-aride. Ainsi, l’accent sera mis sur :

i)- le développement d’orge en intégration avec les systèmes d’élevage ;

ii)- le transfert de paquets technologiques à même d’intensifier la production d’orge, et des blés au niveau des sites bour favorable notamment en matière d’utilisation de semences sélectionnées, de fertilisation raisonnée et de protection phytosanitaire;

iii)- la formation des agriculteurs et leur organisation au sein de la filière céréalière.

 

Les actions spécifiques envisagées viseront :

·        L’amélioration des itinéraires techniques, en tenant compte des acquis de la recherche agronomique dans la zone et des résultats obtenus chez les agriculteurs pilotes (personnes ressources). Dans ce sens, le Programme renforcera les aspects d’encadrement et de sensibilisation des agriculteurs en matière d’utilisation d’intrants et de maîtrise des techniques culturales. Ainsi, des parcelles de démonstrations seront mises en place chez des agriculteurs pour démontrer que des modifications d’itinéraires techniques à leur portée permettraient des augmentations de rendement et de revenus substantiels. Ces essais serviront, à travers des visites organisées, de support d’information des agriculteurs de la zone.

·        La mise en place d’un programme de multiplication locale des semences de certaines variétés d’orge à double fin, reconnues performantes et adaptées à la région, à savoir : Oussama, Amira, 071, 905 et TAMALLELT (à l’instar du programme de biodiversité in situ ). Cette opération ciblera les agriculteurs promoteurs ayant un niveau de technicité élevé et organisés en groupement par commune rurale. A cet effet, des actions de multiplication de semences permettraient la production de semences sélectionnées d’orge, ce qui couvrirait les besoins en semences sélectionnés d’orge de la zone

·        La réalisation des analyses du sol pour raisonner la fertilisation des cultures et rationaliser l’utilisation des engrais dans la zone.

·        L’organisation des circuits de commercialisation par l’amélioration des techniques de stockage à la ferme et la sensibilisation des agriculteurs à s’organiser autour de la filière céréalière en vue de débattre leur intérêt économique.

A noter aussi que la zone concernée par le programme traverse le territoire de la Province du Nord-Ouest au Sud-Est. Elle touche la majorité des Communes Rurales totalement ou partiellement, à l’exception des CR se trouvant au sud de la Province caractérisées par des conditions agro climatiques vulnérables à la céréaliculture. La zone ciblée est plus ou moins groupée au niveau de la partie  médiane de la Province et certaines poches diffuses dans le reste de la province (.Cf. ASSOL OPT ZII : voir carte de zones homogènes ci jointe)

 

II Plan d'action de vulgarisation

 

Pour atteindre l'objectif spécifique au développement de la filière céréalière, le programme d'action s'articule autour des principaux axes suivants :

 

·        l'adoption par les agriculteurs d'itinéraires techniques appropriés ;

·        l'amélioration de l'environnement économique de la filière céréalière ;

 

II.1.Amélioration de l'itinéraire technique :

 

II.1.1.Axes d'intervention :

 

a.                 Assolement / Rotation :

 

L'assolement pratiqué actuellement est à prédominance céréalière avec une rotation à 70% en monoculture céréales sur céréales. Pour rationaliser l'assolement céréalier, il est nécessaire de mener une action de production au niveau d'autres spéculations telles que les fourrages et les légumineuses alimentaires (fève, pois), couplées à la jachère travaillée (engrais vert et effet de la multiplication de la microfaune). L'assolement optimal serait comme suit :

 

 

Situation actuelle

Objectif

Assolement/Rotation

Prédominance

Céréales/Céréales à 70%

65% céréales, 35% Fourrages, Légumineuses ou jachère

 

 

 

 

 

 

b.     Préparation du sol :

 

La préparation du sol est réalisée en général par la combinaison d'outils à disques et à dents. Il ressort des statistiques durant les cinq dernières années que le mode de labour est le suivant :

Les objectifs fixés dans le cadre de ce projet viseront à:

·                                Encourager les travaux précoces du sol dès le mois d’Avril - Mai pour la jachère et Août - Septembre pour les chaumes en vue d’atteindre 10% de la superficie travaillée.

·                                Améliorer les labours moyens, dont chisel, de 48 % à 54 %.

·                    Promouvoir les coopératives et les entreprises de travaux du sol ; l'installation et l'intervention  de jeunes promoteurs sont à encourager dans ce domaine.

 

Travail du sol

Situation actuelle

Objectif

Travaux du sol précoces

Labour moyen

Cover crop

Traction animale

2 %

42 %

48 %

10 %

10 %

44 %

54 %

2 %

 

c. Semis :
c.1.Période de semis :

 

Les semis des céréales sont généralement réalisés tardivement (84% de la superficie est semée au delà du mois de Novembre comme le montre le tableau suivant :

 

Echelonnement des semis en % de la superficie emblavée

 

Campagne agricole

Novembre

Décembre

Janvier

Février

94/95

95/96

96/97

97/98

98/99

14

6

10

49

1

66

92

63

49

80

11

2

17

2

19

9

-

4

-

-

Moyenne

16

71

10

3

 

Cette situation est aussi valable pour le cas des travaux du sol est la conséquence d’une attitude commune à la majorité  des agriculteurs et qui est caractérisée par un attentisme induit par l’incertitude et la prudence développées vis-à-vis des conditions climatiques. La réalisation des semis et des travaux du sol est généralement déclenchée par l’avènement des premières pluies avec une certaine importance ; 35 à 45 mm suffisent pour déclencher ces opérations. Ce retard a des répercussions négatives sur le déroulement normal du cycle végétatif de la culture surtout au niveau des stades de fin de cycle.

L'objectif visé par le programme est d'encourager les semis précoces de façon à atteindre la situation suivante :

 

 

 

Situation actuelle

Objectif

16 % avant fin Novembre

tributaire des pluies

40% avant fin Novembre, même en conditions de pluviométrie moins favorable

 
C 2 Utilisation des semences adaptées

 

L'utilisation des semences certifiées des variétés à haut potentiel est faible. Elle est en moyenne de 8% (le taux de couverture recommandé est de 30 %). Ceci est dû essentiellement à :

·                                L'insuffisance des moyens financiers des agriculteurs.

·                                La méconnaissance des performances de certaines variétés par les agriculteurs.

·                                Insuffisance de profils variétaux offert par la SONACOS, notamment ceux de l’orge et les ruptures répétées de stocks observées lors de la période de semis.

Le programme des céréales nécessite l'utilisation des semences certifiées ou pour le moindre traitées. Ainsi, l'objectif fixé en termes de taux de couverture en semences certifiées et semences traitées se présente comme suit :

 

 

Situation actuelle

Objectif

Quantité

13.000 Qx

35.000 qx

Taux de couverture

8 %

20 %

 
C.3. Utilisation du semoir

 

Le parc provincial du matériel agricole ne compte qu’un nombre limité de semoirs (53 unités). L’utilisation de cet outil n’est pas très répandue et il y a lieu de déployer des efforts pour développer son utilisation via i)- Le rééquipement des CT en matériel agricole est une des voies possibles pour la diffusion de l’utilisation de cet outil ii)- La prime à l’investissement offre également une possibilité pour l’équipement des exploitations en semoirs.

Des sessions de formation sur l’utilisation du matériel (réglage) pour améliorer son efficience, seront les actions d’accompagnement à préconiser.

 

d. Fertilisation minérale

 L'utilisation des engrais reste faible (5% de la superficie annuellement consacrée aux céréales) et les formules utilisées ne sont pas toujours adaptées aux besoins des cultures pratiquées (14-28-14 utilisé par 80 % des agriculteurs).

La DPA de Khouribga a entamé depuis six années un programme d'analyse du sol dans la zone d’action de la DPA qui a permis le prélèvement et l'interprétation de prés de 2.500 échantillons. Les résultats à diffuser sont comme suit :

L’objectif à atteindre en terme de fertilisation azotée est comme suit :

 

 

Situation actuelle

Objectif

Superficie

15.000 Ha

30.000 Ha

Taux de couverture Nombre d'échantillons du sol

30 %

60 %

Taux de couverture par de nouvelles formules adaptées : DAP 18-46-0 et

MAP 11-55-0

20

50 %

Fertilisation azotée

30

70 %

 
e. Contrôle des mauvaises herbes.

Actuellement, les superficies désherbées chimiquement contre les dicotylédones ne dépassent  pas les 3 % de la superficie semée alors que le désherbage chimique contre les monocotylédones est absent. Ceci est dû essentiellement à l’effet répétitif des années de sécheresse, et que la stratégie adoptée par les agriculteurs dans ce contexte d’incertitude ; serait d’opter pour le non traitement des champs pour pouvoir réserver la biomasse végétale si jamais la campagne céréalière s’annonce non prometteuse. Car, on est dans une zone où le système d’élevage prédomine et la principale source de revenus pour les éleveurs et de ce fait la biomasse végétale est la plus recherchée.

Les objectifs fixés en matière de lutte contre les mauvaises herbes sont comme suit :

 

 

Situation actuelle

Objectif

Monocotylédones

0 %

5 %

Dicotylédones

3 %

20%

 

f. Récolte et stockage

 

Des pertes importantes sont enregistrées lors de la récolte à cause du mauvais réglage des moissonneuses batteuses. Ainsi, il est prévu dans le cadre du programme d'œuvrer pour la diminution des pertes à la récolte par des contrôles des moissonneuses batteuses par des techniciens désignés à cet effet et par l’organisation de journées de formation au profit des machinistes en matière de réglage de ces engins.

Le stockage est une opération à mener avec beaucoup de soin pour réduire les pertes dues essentiellement à des ravageurs (Charançons principalement) et préserver la qualité de la production contre tout risque de détérioration par un mauvais stockage. Des actions de sensibilisation et de démonstration au profit des agriculteurs sur les soins à apporter à cette activité seront entreprises au moment opportun.
a.                 Encadrement des agriculteurs

Pour réaliser les objectifs fixés en matière d'amélioration des itinéraires techniques pratiqués par les agriculteurs, la DPA de Khouribga envisage certaines actions, à savoir :

·                    La promotion de l’investissement (modernisation)

·                    La mise en œuvre de campagnes intenses de sensibilisation

·                    La formation des techniciens, agriculteurs et fils d'agriculteurs.

·                    L’élaboration d'un programme de visite et d’encadrement de proximité.

·                    La réalisation de plates formes de démonstration, organisation de concours culturaux et voyages d’études.

·                    La conception et la diffusion de dépliants et des affiches techniques..

·                    La nécessité de renforcer les CT en moyens matériels, à même de leur permettre de s’acquitter de leur mission.

 
B. Encadrement

C'est un encadrement ciblé et rapproché des agriculteurs tout le long du cycle des cultures. Cet encadrement portera sur l'application de l'itinéraire technique consigné dans une fiche technique élaborée à cet effet.

L'effectif total des agriculteurs qui seront encadrés est de 6.800 et 100 promoteurs et OPA.

  Essais de démonstration et concours culturaux :

Le programme des essais prévus concerne l'utilisation de variétés à haut potentiel, la lutte contre les mauvaises herbes et la fertilisation au niveau de plates-formes bien localisées. Les concours culturaux concerneront essentiellement les meilleurs rendements.

Les actions prévues sont consignées dans le tableau suivant :

 

Nature de l'action

Volume de l'action

Thèmes

Parcelles de démonstration

15 essais/ an

- Utilisation de variétés performantes d’orge

- Lutte contre les mauvaises herbes

- Fertilisation.

 

II.1.2 Amélioration de l'environnement économique:

L'adoption des itinéraires techniques proposés et conditionnée par la création d'un environnement économique favorable notamment dans les domaines suivants :

·        L'approvisionnement en facteurs de production.

·        Le développement de la mécanisation.

·        L'écoulement de la production.

·        L'organisation de la profession.

·        Le financement.

II.1.3- Approvisionnement en intrants.

a. Semences certifiées.

 

Le réseau de distribution des semences est composé de huit (8)  points de vente. Deux ou trois points de vente supplémentaires peuvent être créés.

Les sociétés distributrices seront, comme à l’accoutumée, invitées à approvisionner la zone d'action de la DPA de Khouribga en priorité en semences certifiées à haut potentiel. Des locaux d'entreposage de ces semences et le personnel nécessaire seront mis à leur disposition au niveau des Centres de Travaux.

Les besoins en semences certifiées à haut potentiel par espèce pour les trois campagnes prochaines sera comme suit :

 

Variétés

 

Blé dur

5.000 qx

Blé tendre

10.000 qx

Orge

20.000 qx

Total

35.000 qx

 

b. Engrais :

Le réseau de distribution des engrais au niveau de la zone d'action de la DPA de Khouribga est constitué des points de vente FERTIMA et les revendeurs privés.

Les actions à entreprendre seront axées sur ce qui suit :

·        la prorogation du programme d'analyse du sol ;

·        la diffusion de formules moyennes plus appropriées au niveau local;

·        œuvrer pour la création de deux ou trois points de vente supplémentaires ;

·        l’encouragement des organisations professionnelles (CMA et autres coopératives) à intervenir dans l’approvisionnement ;

·        L’organisation de l’approvisionnement groupé.

Ce programme sera réalisé en collaboration avec l'INRA de Settat et FERTIMA.

 

II.1.4. Le développement de la mécanisation :

Identification des principales contraintes

 

Les principales contraintes à la mécanisation agricole au niveau de la zone d’action de la DPA de Khouribga sont :

·              Le parc des tracteurs au niveau de la zone d'action de la DPA de Khouribga est insuffisant. En effet si le besoin en tracteurs au niveau de la zone est estimé à 1645 unités, le parc actuel n'est que de 800 unités soit un déficit de plus de 45 %. De plus, 25 % de ces tracteurs dépassent l’âge de 10 ans.

·              La mécanisation des labours n’est pas suffisante pour la réalisation d’un travail de sol adéquat, encore faut-il utiliser un matériel approprié permettant une bonne préparation des lits de semences et la conservation de l’eau emmagasinée dans les sols. Pour cela, il est recommandé d’effectuer un labour à l’aide de la Charrue ou du Chisel, plutôt qu’une utilisation exclusive du Cover-Crop.

·              En raison des difficultés financières des agriculteurs, suite aux années de sécheresse, les subventions et primes ne les ont pas assez incité pour un achat accru de matériel de labour et de semis mécanique.

·              Enfin, On peut considérer que le problème de la mécanisation ne se pose pas véritablement en termes de disponibilité du matériel de labour, mais plutôt en terme de qualité des travaux effectués et des prix de location du matériel.

Propositions de mesures concrètes

·  Les mesures suggérées pour pallier aux contraintes soulevées peuvent être résumées comme suit :

·  Renforcer les campagnes d'information des agriculteurs sur la prime à l'investissement (tracteurs) et les subventions en vigueur (tracteurs et matériel d’accompagnement) ;

·  Pour le renforcement du parc des tracteurs et l'amélioration de la qualité des travaux, il faut soutenir l'utilisation en commun du matériel agricole et mener des études techniques pour l'implantation d'entreprises de jeunes promoteurs de travaux agricoles avec l'apport de l'aide nécessaire à toute initiative en la matière ;

·  Amélioration de technologies adaptées aux spécificités de la région, notamment le chisel et la technologie du semis direct. En effet, l’adoption du système du semis direct permet à long terme une conservation du sol, de l’eau et une réduction des charges tout en aboutissant à des rendements importants et stables. Les rendements des essais conduits en semis direct, dans le cadre de la convention n°13/INRA/CT relative à la promotion et la diffusion des technologies de l’Aridoculture, durant la campagne agricole 2001/2002, ont dépassés ceux des parcelles conduites en conventionnel.

·  Organisation de sessions de formation au profit des techniciens et conducteurs d’engins agricoles ayant trait aux thèmes suivants :

- Choix du matériel

- Réglage des outils

- Conditions optimales pour les travaux en fonction du type de sol

- Intérêts économiques.

 

II.2. Commercialisation

Les actions à entreprendre dans ce sens s'articulent autour des axes suivants :

·                    Renforcer les campagnes d'information des agriculteurs sur les nouvelles mesures prises à l'échelle nationale.

·                    Elargir l'adhésion des agriculteurs à la CAM d'Oued Zem dans l'objectif d'atteindre 20 % des producteurs céréaliers (5.400 adhérents contre 1300 adhérents en 2002-2003).

 

II.3. Financement

 

Le secteur de la céréaliculture est caractérisé par un sous financement apparent et les efforts consentis par le Ministère de l’agriculture et Le crédit agricole pour relever son niveau demeure louable. L’objectif, dans le cadre de ce programme, est d’atteindre le financement d’au moins 30% de la superficie céréalière.

Subvention du matériel agricole

En ce qui concerne la mécanisation des travaux, en raison des difficultés financières des agriculteurs, suite aux années de sécheresse, les subventions et primes ne les ont pas assez incité pour un achat accru de matériel de labour et de semis mécanique.

 

Campagne agricole

1999-2000

2000-2001

2001-2002

Nbre de dossiers

Montants (DH)

Nbre de dossiers

Montants (DH)

Nbre de dossiers

Montants (DH)

Prime à l’investissement

13

235.250

6

105.000

4

80.000

Subventions

99

2.161.500

14

145.637

19

175.900

 

Ce recul s’explique principalement par la succession des années de sécheresse ayant eu des répercussions négatives sur la trésorerie des agriculteurs ce qui ne les aurait pas encouragé à engager ce genre de dépenses.

Pour le renforcement du parc des tracteurs et l’amélioration de la qualité des travaux, il faudra à l'avenir encourager davantage l’installation de jeunes promoteurs. Le Ministère devra, par ailleurs, poursuivre ses efforts pour la réduction du prix du gasoil destiné à l’agriculture, afin de rendre les prix de location du matériel agricole abordable par les exploitants agricoles.

Revoir la nouvelle stratégie du crédit agricole pour adapter le financement aux spécificités de la zone (vocation élevage) pour augmenter le financement des céréales et en particulier la culture d’orge.

 

II.2.5. Organisation professionnelle

 

 Les organisations professionnelles présentées au niveau de la zone d’action concernée par le programme de sécurisation de la production céréalière seront approchées et sollicitées pour apporter leur contribution dans la réalisation des objectifs du projet. Elles sont constituées essentiellement de coopératives entreprenant diverses activités en liaison avec le domaine agricole.

Pour ce qui est du cas particulier de la CAM, cette dernière sera appelée à œuvrer pour l’amélioration de l’environnement de la céréaliculture dans la zone et ce à travers :

F                L’élargissement de son champ d’intervention pour intégrer l’approvisionnement en intrants, les prestations de services, et l’encadrement ;

F                L’encouragement de la collecte du blé dur et de l’orge à l’instar du blé tendre ;

F                Le rapprochement des points de collecte relevant de la CAM d’Oued Zem pour toucher les principales zones céréalières.

 

III Suivi évaluation :

 

Deux types d'actions seront entreprises :

·        Suivi des actions à entreprendre (sensibilisation, formation, encadrement)

·        Indicateurs globaux des actions prévues dans le cadre du programme


Nature de l'action

Indicateurs de suivi

Fréquence

Période

Préparation du sol

Période de semis

Semences certifiées

Fertilisation minérale

Contrôle des mauvaises herbes

Sup. travaillée

Date de semis

Quantité distribuée

Quantités distribuées

Superficies traitées

Hebdomadaire

"

"

"

"

Sep-Dec.

Nov- Dec.

Oct Dec.

Sep-.Mars.

Janv-. Mars.

 

NB : L’équipe pluridisciplinaire devra être toujours opérationnelle et sera constituée par des membres désignés. Cette équipe devra également comprendre tous les profils souhaités.

 

Filières de production animale

Introduction

 

L’ensemble des études effectuées dans la province de Khouribga ; que ce soit thématique, stratégique ou socio économique a montré que l’élevage, est la principale source de revenus des exploitants. La pratique de l’élevage est le système de production le plus résistant. Il a pu perdurer, même avec des changements climatiques et des sécheresses que la zone a connus d’une manière répétitive depuis 1981. Certes, l’analyse de la pluviométrie sur les 20 dernières années a marqué que deux années sur dix ; sont  déclarées favorables.

 

Le système de production dans cette zone est basé essentiellement sur  l’élevage des petits ruminants; notamment les ovins sur les plaines et les caprins dans les zones accidentées ou dans les  versants des grands affluents des oueds Bourgreg ( Zamrayn, Od Grou…) et Oum Rabia (Boubagra, Sid El Hafian, Boulajraf…); alors que l’élevage des bovins que ce soit laitier ou  à production mixte est pratiqué dans les zones à PMH et à bour favorable (zone N° : II telle est identifiée dans le document :  Réflexion sur les assolements dans les zones pluviales – bour- DPA de Khouribga Mars 2005). L’effectif traduit en terme d’unité petit ruminant est de  821500 UPR dont 20% sont représentés par les bovins.

 

L’exploitation dans la province de Khouribga de point de vue gestion mène des activités diversifiées en parallèle, pour sécuriser la trésorerie de l’exploitation. Le choix de ces activités dépendent plus de la conjoncture du marché, de l’enclavement, de l’intégration des systèmes de culture – élevage, et surtout  du climat : principal facteur qui détermine le sort de l’exploitation. Cette stratégie menée par les agriculteurs de la province, n’est qu’une forme de sécurisation de leur  trésorerie fragile et d’adoption des techniques appropriées à une agriculture à caractère pluviale et conjoncturelle.

 

Cette situation, démontre que la gestion des stocks des aliments (grossier/fourrages verts et du concentrés) du cheptel ne se fait pas par catégorie d’animaux ni par espèces, et que la gestion des stocks et de l’approvisionnement reste aussi conjoncturelle. Le bilan alimentaire est obtenu à partir de la confrontation entre la part des contributions des unités fourragères issues des  différents sources d’aliments produits ou approvisionnées (les parcours, la forêt, les aliments concentrés, les fourrages verts, la paille et les sous produits de l’agro industrie) et les besoins du cheptel traduit en UZ petit ruminant. Ainsi, en année normale; le bilan enregistre un déficit estimé à environ 48 millions UF, soit 27% des besoins globaux du cheptel. Ce déficit peut atteindre 70 % dans les années déclarées sinistrées.

L’analyse des apports en unités fourragères montre que la moitié de la production d’orge et la paille issue de la sole céréalière ( 170 000 Ha) contribuent ensemble à hauteur de 50% des apports, 13% d’origine des parcours et de la forêt, 10% est couverte par la jachère et l’inculte. Alors que les cultures fourragères ne représentent que 2.3% des apports.

 

L’alimentation, est le facteur présentant le plus; de poids dans le coût de la production, et pourtant les éleveurs de la zone ne réservent pour la production de la biomasse végétale qu’une superficie de 2 554 Ha, soit 1.19 % de la SAU.  Les recommandations dans la réflexion de l’assolement optimisée dans les zones pluviales, sont à prendre en considération  en vue d’étudier les possibilités d’introduction les cultures fourragères dans les sites où l’intensité de pâturage est accentuée. De même, la sole de l’orge déprimée est à conseiller surtout comme source de fourrage qui sera réservée pour les mères ayant mis bas et les produits des premières naissances (déc-janv)

Tableau des apports des aliments :

 

Aliments

UF

%

Orge

48.100.000

30.9

Paille d’origine des céréales

39.700.000

22.4

Cultures fourragères

3.900.000

2.3

Jachère

7.900.000

4.4

Inculte

3.700.000

2

Forêt

14.500.000

8.1

Parcours

5.400.000

3

Aliments de sup. (marché)

48.100.000

26.9

Total

178 300 000

100

 

La filière production viande rouge :

Effectif

L’effectif des ovins, des caprins et des bovins allaitants est respectivement de : 552000, 45700 et 91000 têtes. La taille de UZ respective est de 1.95, 1.97 et de 1.93. De même, la structure de l’unité zootechnique montre quelque soit l’espèce : les ventes  s’effectuent aux âges suivants : 8-10 mois, de 18-24 mois et  des animaux de reproductions réformés. La productivité par UZ dans les élevages encadrés marque une différence nette comparativement à ceux non encadrés. Cette différence est distinguée chez les éleveurs de l’ANOC, ainsi la productivité oscille entre 18-22 chez les éleveurs encadrés, contre 13-15Kg PV/UZO chez le reste des éleveurs. Celles des caprins et des bovins allaitant sont respectivement de 9-10 et 110-120  Kg PV/UZ.

 

Le calendrier

Le  droit de pâturage et la nature des parcours déterminent les types de calendrier alimentaire par zone agro écologique. D’une manière générale, trois zones sont identifiées celle du Nord, du sud et du centre. En effet, la forêt (83 900 Ha) en zone nord, est le principal fournisseur des unités fourragères. Alors qu’en sud, ce sont les parcours collectifs d’une superficie de 83332ha. Quant au centre, l’élevage est intégré dans un système céréalier. Le calendrier schématisé ci-dessous indique les tendances alimentaires pratiquées dans la province :

 

Tableau 1. Calendrier fourrager

 

 

Sep

Oct

No

Déc

Ja

M

Avri

Mai

Juin

Juill

Août

Espèces

Concernées

1) Parcours collectif

________________................

O+C+b

2) Parcours forestier

________________.................

O+C+b

3) Chaumes  + Paille

 

_________________________________________

O+C+b

4) Inculte

                  ______________

O+C+B

5) Jachère

                  ______________

O+c+B

6) Orge

________________............................................................

O+c+B

7) Aliments Concentrés

________________............................................................

O+c+B

8) Cultures fourragères

______________                                   ______________

O+c+B

 

_____                                                          _________________________________

B Laitier

                                                      

                                                       La lettre Majuscule indique la dominance

                                                       La lettre minuscule indique une faible représentation

                                                       Conditions d'année normale  ______________________

                                                       Conditions d'année sèche      _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _     

                                                       B = b : Bovins

                                                       C = c : Caprins

                                                       O = o : Ovins                                        

 

Les paramètres de production :

Le mode de reproduction détermine  le mode des naissances dans les trois systèmes de production de la zone (système pastoral, sylvo pastoral et céréalier). Les géniteurs sont en permanence avec le troupeau, le ratio reste  inférieur  (1/50) contre (1/40). Les éleveurs choisissent leur géniteur en se basant sur les critères de conformation et de reproduction, mais leur disponibilité à des prix encourageants auprès des élevages encadrés par l’ANOC à l’échelle nationale, n’est pas à la portée des éleveurs. Les géniteurs retenus par la commission de sélection, soit classés super,  premier ou deuxième catégorie n’arrivent pas à couvrir les demandes formulées à l’avance. La répartition des races ovines sur le territoire de la zone n’explique que le prolongement  des zones des élevages de ces dernières. Ainsi, la race sardi est développée dans la partie sud  (Od abdoun, Fokra, Od azzouz et Od Brahim), la race timahdit est élevée dans la partie nord : zone accidentée de la province ; et la race jaune de Beejaad, comme son nom l’indique elle n’est développée au Maroc que dans son berceau, bien matérialisé et délimité. Le centre de la province est le lieu de rencontre des trois races où on y retrouve tous les types de croisements possibles.

Les naissances sont étalées sur toute l’année, on distingue trois types de naissances ; celui de Déc-Janv (Bakri), Févr-Mars (Ouasti) et celui de Juin – Juillet (El Mazzouzi). Le pic des naissances est compris entre 75-85%; correspondant à la lutte de la période de Juillet – Août, ce taux varie entre 15 à 20% pour les naissances de la période de Mars – Avril. Alors que les naissances qui coïncident avec la période de moisson, sont compris entre 5 -10 %. Les naissances du mois de Déc-Janv sont exposées au froid et à la pénurie alimentaire, certains éleveurs préparent des fourrages pour cette période, notamment l’orge déprimée pour les réserver aux mères ayant mis bas.

Quant au caprin, le pic de naissances est enregistré en mois de d’Avril - Mars, la conduite des troupeaux est dans sa majorité des cas traditionnelle, les troupeaux pâturent dans la parcours forestiers et le long des versants des principaux oueds qui sillonnent le Nord de la province. Le taux de mortalité chez les produits est de 13% contre 7% chez les ovins. 

Les paramètres de production du cheptel  caractérisant l’élevage de la province demeure ceux des systèmes agropastoraux et sylvo pastoraux. La conception des bâtiments et le niveau de technicité en matière de rationnement et de la santé animale affectent significativement la productivité numérique et pondérale. Le modèle qu’il faut adopter serait celui des éleveurs de l’ANOC. Ce modèle permet aux éleveurs groupés d’organiser la filière et de défendre les intérêts des éleveurs grâce aux efforts déployés et aux résultats de sélection obtenus et aux transferts de technologie aux éleveurs de proximité. Surtout en matière d’encadrement, du progrès génétique et de l’organisation des approvisionnements et des ventes.

 

La commercialisation

La production des viandes rouges est assurée principalement par les ovins, suivi des bovins et en troisième lieu le caprin. Ce dernier commence à gagner les habitudes alimentaires, son goût devient de en plus apprécié ceci est lié à la nature du régime diversifié alimentaire  (parcours forestier). Les principaux acteurs identifiés dans la province de Khouribga dans la chaîne de commercialisation sont : les éleveurs, les intermédiaires,  les bouchers et les consommateurs.  Les bouchers s’approvisionnent directement des éleveurs naisseurs/engraisseurs ou par le biais des intermédiaires, Le prix de la viande chez les détaillants est fixé par les autorités locales. Quant au prix au niveau des souks est déterminé en fonction de la loi de l’offre et la demande instantanée, car la plupart des cas, on assiste à une variation des prix selon la conjoncture journalière. La négociation des prix est fonction de la circulation de l’information d’une manière informelle, recoupée et triangulée sur place avec les éleveurs dans les lieux de commercialisation. L’estimation des rendements et des poids des animaux achetés se fait en dehors des bascules en se basant sur le savoir faire. Les animaux sont achetés à l’unité, pour les bovins, à l’unité ou en lot pour les petits ruminants. Les intermédiaires effectuent des transactions immédiates par l’opération achat-vente sur place ou font jouer le rôle des courtiers moyennant des commissions auprès des acheteurs.

Les principaux souks hebdomadaires d’approvisionnement sont celui de Khouribga, Lagfaf, Oued Zem et Beejad.

 

Aménagement des parcours

 

Compte tenu de l’étendue des espaces pastoraux et de leur état de dégradation avancé, la DPA entreprend depuis deux décennies un programme visant la restauration de ces espaces par la plantation d’arbustes fourragers, l’aménagement et création de points d’eau et l’organisation des usagers pour une gestion rationnelle des périmètres améliorés. La superficie améliorée jusqu’en 2006 a atteint 6000 Ha dans les parcours de Béni Zemmour, Smaâla et Ouled Abdoune. Le programme prévisionnel jusau’en 2010 s’élève à 2800 Ha, dont le détail est présenté dans le tableau ci-après :


 

Nature de l’opération

Localisation

Sup.

(ha)

Echancier physique et financier

Total

2006

2007

2008

2009

2010

Phys

Fina

Phys

Fina

Phy

Fina

Phys

Fina

Phys

Fina

Phys

Fina

Plantation des arbustes fourragers

Périmètre pastoral Gaada Lakbira CR Ouled Abdoune, Cercle de Khouribga

100

100

500.000

-

-

-

-

-

-

-

-

100

500.000

Périmètre Gouâara CR Chougrane, Cercle de Bejaad

200

200

1.000.000

-

-

-

-

-

-

-

-

200

1.000.000

Périmètre Sidi Naffati, CR Tachrafet, Cercle de Bejaad

600

-

-

200

1.000.000

200

1.000.000

200

1.000.000

-

-

600

3.000.000

Périmètre sylvo-pastoral Aouid Alma

800

100

500.000

200

1.000.000

200

1.000.000

200

1.000.000

100

500.000

800

4.000.000

Périmètre Blad Lahlassa, CR Fokra, Cercle de Khouribga

600

-

-

100

500.000

200

1.000.000

200

1.000.000

100

500.000

600

3.000.000

Terrains melk, Province de Khouribga, CR de Od Abdoune, Od Fennane, Chougrane, Beni Batao,Rouached

500

100

500.000

100

500.000

100

500.000

100

500.000

100

500.000

500

2.500.000

Total

-

2.800

500

2.500.000

600

3.000.000

700

3.500.000

700

3.500.000

300

1.500.000

2.800

14.000.000

 

 

 

 


La filière laitière

Historique du secteur laitier dans la province

Dans la zone de Khouribga, l’étude de la filière laitière a débuté à partir des importations d’un effectif  estimé à 1200 vaches laitières importées, réparti en deux arrivages. Cette opération a commencé en 1995/96 suite à une campagne de sensibilisation des éleveurs du cercle de Beejad puis étendue sur le reste de la province (journée de sensibilisation, des voyages des acteurs pilotes à la zone de Kalâa Sraghna) ces campagnes ont été réalisées par des intermédiaires revendeurs.  A partir de cette date et pour pouvoir bénéficier des vaches laitières avec des facilités de paiement, les éleveurs doivent s’organiser en coopérative. Ainsi, les premières coopératives qui ont été créées, sont la coopérative de Kaicher et de  Od Gouaouch  en 1996, cette dernière sera dissoute et donnera naissance à la coopérative laitière ouled Mâamer (CR Béni Zrantel) et celle de Ennahda (CR de Béni Batao) en 1998. Car, la plupart des membres de ces coopératives; sont ceux de la coopérative mère.  Dans le cercle de Od Zem, les coopératives Fénnania, Dakhla, Moustakbal et Ismalia sont de la même génération. Quant au cercle de Khouribga, à cette époque une seule coopérative qui représente le cercle; c’est celle de la commune rurale de Béni Ikhlef – Al Omaria –

Les éleveurs au début de cette expérience, ont rencontré certaines difficultés de conduite ; notamment liées au rationnement, d’hygiène et de reproduction (difficulté de vêlage, saillie fécondante/ nombre de saillies …). L’ignorance des éleveurs de l’exigence de cet atelier d’une  technicité professionnelle, de la conception des bâtiments, de moyen et le remboursement des échéances ont contribué à une part importante d’éleveurs ;  d’abandonner à mi parcours l’élevage laitier, ce explique la dissolution de certaines coopératives cas de la coopérative de Ouled Gouaouch.

L’ensemble des coopératives laitières sont nées dans les zones à PMH (Kaicher-Omaria-Ibrahimia) ou dans les zones à bour favorables (cas des coopératives installées sur l’axe Od Zem- Rabat) ou les zones de la proximité du périmètre d’irrigation de Fquih Ben Salah (Cas d’Ouled Azzouz).

 

Composition et production du cheptel

Durant la période 1995-2000, la production laitière par coopérative oscille entre les 600 et 1100 litre/jour/coopérative. Durant cette période le nombre des coopératives était limité, la production laitière livrée est passée d’environ d’un million  en 2001 à plus de 8 millions de litres/an en 2006. Cette augmentation est due à la multiplication des coopératives, notamment à la Commune rurale de Ouled Azzouz et le renforcement du réseau de collecte de lait. On recense actuellement 24 centres de collecte de lait répartis dans les zones potentielles de production laitière de la province.

 

De même, cette évolution de la production laitière peut être expliquée d’une part par l’importance du croisement d’absorption du cheptel local à partir du cheptel laitier importé ou acquis auprès des pépiniériste du Fquih Ben Salah, zone limitrophe à la province et d’autres part, le passage d’une conduite traditionnelle à une conduite semi intensive. Approximativement, la composition du  cheptel est améliorée à 30 %, alors que les 70% du cheptel sont nés et élevés dans les conditions locales  à travers le croisement par absorption depuis 1995. La productivité est de 2 980 litres par lactation et un veau de poids vifs estimé à 280 Kg.

 

 

 

Effectif du cheptel :

L’effectif des vaches laitières recensé auprès des coopératives laitières opérationnelles dans la province de Khouribga est estimé à 22000 vaches reproductrices. La composition du cheptel laitier est présentée dans le tableau ci-dessous. La taille moyenne des vaches laitières par éleveur est de 2 à 3 têtes, avec une production moyenne par lactation de 1800 à 2500 litres, cette production reste en dessous du potentiel de la race ; mais pour des raisons de l’effet environnement et les conditions d’élevage dans des zones semi arides telle est le cas de la province de khouribga, ce résultat demeure dans les normes.

 

Amélioration génétique

Après la réouverture des frontières à l’importation de génisses pleines, les éleveurs ont acquis depuis 2005 242 génisses de races pures. Egalement, l’année 2006 a connu l’introduction de l’insémination artificielle et la création d’une association de producteurs des viandes rouges et du lait qui a pris en charge la gestion de cette opération. Cette activité qui devra être consolidée et renforcée va contribuer certes à l’amélioration des performances du cheptel laitier. Néanmoins certaines difficultés d’ordre de maîtrise de contrôle de chaleurs pour réussir les saillies, et des techniques de vêlage et d’hygiène  (la délivrances, les techniques de prévention).

 

Alimentation :

La vache laitière dans la province de Khouribga est conduite selon deux  modes de productions différents : dans les zones à petites et moyennes hydrauliques, l’alimentation de base est composée de fourrage vert (luzerne, orge déprimée, paille). La complémentation est couverte par l’orge produit localement, alors que les autres aliments concentrés sont approvisionnés du marché. La même conduite est distinguée dans les zones bours favorables, sauf l’alimentation de base, elle est assurée par la jachère, les foins de luzerne achetés et la paille ou les foins issus des terrains mis en jachère (à base de crucifères).   

 

Santé animale :

La santé animale est suivie par le service vétérinaire surtout les maladies réputées légalement contagieuses et les à grande incidence économique. L’intervention sur le terrain est assurée par  les vétérinaires privés installés dans la province de khouribga, sous forme de  consultation ou par convention établie entre la coopérative et le médecin vétérinaire. Les principales maladies communément rencontrées dans le secteur laitier sont d’ordre d’hygiène, de reproduction et de dysfonctionnement du métabolisme alimentaire lors des  changements des régimes alimentaires suites a des pénuries ou à des formulations non raisonnées.

 

L

La filière oléicole

L’arboriculture fruitière couvre environ 8100 ha, soit  3,8% de la SAU avec une dominance de l’olivier (96% des plantations fruitières) qui est à son tour dominé à plus que 99% par la variété population Picholine marocaine.

 

Variété

Superficie

En Ha

%

-  Picholine marocaine

-      Ménara

-      Haouzia

-      Dahbia

 

7763

0.5

0.5

20

99.73

0.01

0.01

0.26

Total

7784

100.00

 

 Les plantations fruitières notamment celles de l’olivier ont connu un accroissement considérable suite à l’intervention du ministère en matière de distributions gratuites des plants  fruitiers (depuis 1987-88), l’instauration de la prime à l’investissement pour la création de nouvelles plantations d’olivier (depuis  juin 1999) et le programme de défense et restauration des sols reposé sur la confection de banquettes plantées par l’olivier. De même la région de Chaouia Ouardigha a distribué 33.000 plants d’oliviers au profit des agriculteurs de la province de Khouribga.

 

Les plantations oléicoles sont localisées principalement dans environ 58 sites aussi bien en irriguée dans le périmètre à PMH  le long des oueds et à pompage individuel (soit 52% de la sole oléicole) qu’en bour dans la zone DRS et les vallées (soit 48% de la sole oléicole). Aussi ces plantations sont installées avec des cultures intercalaires surtout dans le premier mode de conduite (irrigué) où les agriculteurs accordent plus d’intérêt aux cultures intercalaires et s’intéressent peu à la pratique  des techniques culturales de l’olivier. En effet, ces techniques se limitent à la confection des cuvettes pour l’irrigation, l’apport du fumier dans certains vergers, les traitements phytosanitaires très réduites,  la taille est rudimentaire et la récolte s’effectue principalement d’une manière traditionnel.

 

Actuellement les oliveraies en pleine production représentent 52% de la superficie oléicole alors que les jeunes et les vieilles plantations sont respectivement de l’ordre de 45,9% et 1,1% de la superficie oléicole. Leur production annuelle est en augmentation d’une année à une autre suite à l’extension des plantations mais elle connaît une importante diminution saisonnière due au phénomène de l’alternance caractérisant l’olivier.

 

 En effet, les rendements moyens des plantations en pleine production ne représentent que 42,5 % en bour et 38,7 % en irrigué des rendements théoriques obtenus au niveau des stations expérimentales (voir tableau ci-dessous). Les résultats montrent que le secteur oléicole dans la province mérite plus d’efforts en matière d’encadrement et de suivi pour l’améliorer

En ce qui concerne la destination de la production oléicole, une grande partie (soit 80%) est transformée en huile au niveau de 46 maâsra traditionnels et 2 unités modernes de trituration qui assurent la trituration de 7000T d’olives par an. Cependant, le reste de production est destinée à l’autoconsommation et la conserverie à part égale. En plus de la production locale ces unités de trituration s’approvisionnent aussi des régions de Fquih Ben Saleh, Beni Mellal et de khénifra. La qualité des huiles produites est très hétérogène et varie selon les conditions de récolte, de stockage et de trituration des olives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Superficie et production oléicole jusqu’à fin décembre 2006

Mode de conduite

Bour

Irrigué

 

Pyramide des âges

Jeune plantation

Pleine

production

Vieille

plantation

Total

(1)

Jeune

Pleine

Vieille

Total

(2)

Total

(1)+(2)

 

< à 7 ans

7-50 ans

> à 50 ans

< à 7 ans

7- 50 ans

>à 50 ans

Superficie en (ha)

1610

2100

35

3745

1964

2023

53

4040

7785

Nombre d’arbre

195620

257400

4340

457620

272900

261840

6360

508200

998520

Production (Tonne)

0

3580

17

3597

350

4700

25

5075

8670

Rendement (en T/Ha) A*

0,0

1,7

0,5

1,0

0,2

2,3

0,5

1,3

1,2

Rendement théorique (en T/Ha) B*

-

4,0

-

 

-

6,0

-

 

-

A* / B* (%)

-

42,5

-

-

-

38,7

-

-

-

 

En fait, le marché international des matières grasses est sous une triple influence, celle du passé (tradition), celle du présent (dimension économique) et celle de l’avenir (qualité de vie, valeur « santé »). D’ailleurs l’oléiculteur doit comprendre que ce qu’il produit aujourd’hui est en placement de « santé » pour  demain.

La situation de la filière oléicole au niveau national et international parait porteuse ainsi qu’au niveau de la province de Khouribga mais il existe les défaillances suivantes:

 

-         La plus part des sols de la province, sont squelettiques et en pente alors que les zones à sols profonds se trouvent sur un couloir à risque climatique pour l’olivier (grêle, gelée et chergui).

-         Faible maîtrise des itinéraires techniques ce qui se traduit par un faible niveau de rendement.

-         Manque d’organisation des producteurs notamment les oléiculteurs ce qui ne permet  pas de tirer le maximum de profit en matière de valorisation et de commercialisation de la production.

 

Les actions à entreprendre pour relancer la filière oléicole seront axées sur :

 

Extension des plantations :

 

Suite à l’étude « réflexion sur l’assolement optimisé dans la province de Khouribga » effectuée en mars 2005, la filière oléicole pourrait s’étendre sur une superficie de 17500 has à travers les trois zones homogènes suivantes :

 

Zone sylvo-pastorale (Zone (1)   )

 

Sur une superficie de 11 000 Has dans la zone du DRS fruitière : Au niveau de dépressions qui contournent des sols plus profonds résultés de l’érosion (cas des CR B.Batao, Rouached et Chougrane), des versants nord où le départ des sols favorise une désertification menaçante et où l’accidentellement du terrain expose les sols à l’érosion hydrique dont la gravité dépend de la pente et des cultures pratiquées (cas des CR qui coiffent la province du côté nord ouest au sud )

 

Zone de céréaliculture (Zone (2)   )

 

Sur une superficie  de 4000 Ha, dans les zones les plus favorables dites de blés surtout chez les agriculteurs qui peuvent apporter des irrigations d’appoint tout en tenant compte du couloir exposé aux risques  climatiques (gelée, grêle et vent chergui)  et de la profondeur du sol (cas des CR situées au centre de la province du côté ouest)

 

Zone agro-pastorale (Zone (3)   )

 Sur une superficie de 2500 Ha, cette extension concernera  principalement les CR situées au sud de la province dans des vallées plus au moins rétrécies et se localisent entre les collines. Les sols sont formés à partir des alluvions et des colluvions déposées par l’érosion hydrique. On y trouve les principaux PMH de la Province (Oued Grou, Takhzryet,  Bougouroum, Tachrafet, Kaicher et Boubagra).

 

Intensification des vergers existants

 

Cet axe ne peut se faire qu’en partenariat avec le secteur organisé et dans des sites pilotes. Il vise l’encadrement de proximité et par conséquent  une amélioration de la productivité notamment pour les techniques d’irrigation et de conduite.

 

Valorisation de la production et organisation de la profession

 

Pour une meilleure intégration de la filière oléicole l’organisation de la profession s’avère indispensable afin d’améliorer le système de collecte des olives, mais aussi la mise à niveau des unités industrielles et traditionnelles de transformation.

 

Développement de la filière oléicole et sa mise en œuvre

 

Après avoir analysé la situation actuelle de la filière oléicole, un programme prévisionnel oléicole à moyen terme a été élaboré et vise à optimiser l’assolement et améliorer la production oléicole quantitativement et qualitativement dans un cadre de partenariat avec les oléiculteurs et les industriels du secteur oléicole (voir tableau ci-dessous). Dans ce sens le programme prévoit :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2006-2007

2007-2008

2008-2009

2009-2010

Total

CT

Bour

irrigué

Bour

irrigué

Bour

irrigué

Bour

irrigué

Bour

irrigué

17 01

40

70

40

90

40

100

50

130

170

390

17 02

75

175

175

175

200

200

200

300

650

850

17 03

450

100

500

100

550

100

650

100

2150

400

Total

565

345

715

365

790

400

900

530

2970

1640

Total A*+B*

910

1 080

1 190

1 430

4 610

 

 

·        L’extension des plantations oléicole sur superficie de 4610 Has en 4 ans

·        L’intensification des vergers existants par l’encadrement de proximité afin d’atteindre un rendement de 4T/Ha en bour et 6T/Ha en irrigué.

·        La valorisation de la production oléicole par à travers la mise en œuvre des actions et mesures suivantes :

o       Le respect des techniques adéquates de cueillette

o       La sensibilisation des agriculteurs et des industriels  pour établir des relations contractuelles, en matière de récolte, de collecte et d’approvisionnement en olives, entre producteurs et industriels en vue d’arrêter les modalités pratiques pour permettre une intégration de la filière.

o       La modernisation des Mâasras.